- Avec les arbres, notre désir de forêt.
- Les arbres et le jardin en couleurs automnales.
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- Après avoir parlé de la forêt comme écosystème, puis de ce qu’elle représente pour nous, et du bois que l’on extrait de ces forêts, je vous propose aujourd’hui d’entrer dans la forêt, mais de la quitter en même temps, je m’explique… on fait abstraction des arbres qui nous entoure et on se concentre sur un arbre pour regarder l’individu, l’arbre qui, au milieu de ses semblables, finit par devenir un véritable monument vivant. Et, si possible un arbre remarquable. Et, c’est justement le sujet de cette émission, mais attention, un arbre remarquable n’est pas forcément un arbre très vieux, ni forcément un arbre gigantesque. C’est justement ce que nous allons voir dans Jardins d’ici.
C'est quoi un arbre, un arbre remarquable et c'est quoi A.R.B.R.E.S ?
- On pourrait commencer par une question presque naïve : « On sait tous reconnaître un arbre… mais sait-on vraiment ce qu’est un arbre ? » Botaniquement, l'arbre n'est d'ailleurs pas une catégorie parfaitement définie comme peut l'être une famille botanique. C'est une plante ligneuse vivace, généralement dotée d'un tronc et d'une ramification qui forme un houppier.
- Et surtout, contrairement à une idée très répandue, la taille ne suffit pas à définir un arbre, même si dans la pratique on considère souvent qu’un arbre est plus grand qu’un arbuste. On parle d’arbuste jusqu’à sept mètres de hauteur, au-dessus c’est les arbres, mais, un petit olivier tortueux peut être un arbre, alors qu'un bambou de plusieurs mètres de haut reste botaniquement une graminée, une herbe géante.
- Un arbre, ce n'est pas seulement un végétal qui pousse vers le ciel. C'est un être vivant qui construit son histoire dans le temps. Et justement… certains ont une histoire tellement particulière qu'on les qualifie de remarquables.
Et c’est quoi, un arbre remarquable ?
C'est là que le sujet devient vraiment passionnant.
- L'association A.R.B.R.E.S. la bien nommée, définit les arbres remarquables comme des êtres vivants présentant des caractères extraordinaires, soit par leur âge, leurs dimensions, leur esthétique, leurs particularités, leur situation, leur histoire ou encore leur légende. Ils constituent ainsi un patrimoine à la fois naturel et culturel.
- Donc : Un arbre remarquable n'est pas nécessairement le plus gros ou le plus vieux. Il peut être remarquable parce que : il est exceptionnellement vieux ; il possède des dimensions extraordinaires ; sa forme est étonnante ; il est rare dans son environnement ; il possède une histoire particulière ; il est associé à une légende ou à une tradition ; il constitue un élément majeur d'un paysage et plus étrange encore, il présente une particularité biologique ; et là se pose la question, car si on sait ce qu’est une légendes, qu'est-ce qu'une particularité biologique chez un arbre remarquable ? J’essaierai de développer ce point un peu plus loin. Quoi qu’il en soit, « Un arbre remarquable, ce n’est pas forcément un arbre qui bat un record. C’est un arbre qui raconte ou qui montre quelque chose que les autres ne racontent ou ne montrent pas. »
Mais avant de se lancer dans cette histoire des arbres remarquables, savez-vous qui a eu l’idée des arbres remarquables ?
Est-ce qu’un beau matin quelqu'un qui levé en disant : "Et si on inventait les arbres remarquables ?" 😄
- Les inventaires d'arbres exceptionnels existaient déjà localement, mais en France, une étape importante est franchie avec la création en 1994 de l'association A.R.B.R.E.S. — On à vue plus ou moins ce qu’était un arbre, mais que veut dire A.R.B.R.E.S, hé oui, c’est un sigle ! Arbres Remarquables : Bilan, Recherche, Études et Sauvegarde.
- L'association est notamment portée par Georges Feterman, professeur agrégé de SVT, naturaliste et passionné par les arbres. Son objectif est alors d'inventorier ces arbres, de faire connaître leur histoire et surtout de contribuer à leur sauvegarde. Puis arrive une étape importante : 2000 : création du label « Arbre remarquable de France »
- À partir de l'opération « 200 arbres pour retrouver nos racines », l'association commence à attribuer ce label. Et en 2012, un deuxième label apparaît : « Ensemble arboré remarquable ». Parce qu'un groupe d'arbres peut être exceptionnel alors qu'aucun arbre, pris individuellement, ne justifierait nécessairement le label.
- Et si l’envie de vous plonger dans l’univers des arbres remarquables de France, Si vous avez envie de partir à la recherche de ces monuments vivants… voici quelques livres que je vous conseil. »
Parmi les ouvrages sur les arbres remarquables :
- Guide des Arbres Remarquables de France, de Frédéric Cousseran et Georges Feterman, publié chez Edisud en 2009. Il présente les découvertes de l'association département par département.
- Arbres extraordinaires de France, de Georges Feterman, aux éditions Dakota. L'ouvrage présente plus de 130 arbres remarquables, avec notamment leur histoire et des informations permettant de les retrouver.
- Et Georges Feterman est également l'auteur de : Les 500 plus beaux arbres de France, La France des arbres remarquables, Les arbres extraordinaires de France, mais aussi Arbres de mémoire et Forêts remarquables de France. Tous ces ouvrages, permettent, quand on commence à chercher les arbres remarquables, on découvre quelque chose d'assez extraordinaire : on ne découvre pas seulement des arbres, on découvre aussi l'histoire des lieux où ils vivent. »
Comment détecter un arbre remarquable ?
- Il faut déjà, apprendre ou avoir la curiosité de regarder autrement les arbres que vous croisés lors de vos promenades, en forêt, en campagne, en ville… Bien sûr en plus de votre regard aiguisé, quelques indices doivent vous guider :
Premier indice : les dimensions.
- On observe : la hauteur ; la circonférence du tronc ; l'envergure du houppier ; éventuellement la surface occupée par l'arbre. Mais attention : on compare toujours l'arbre à ce qui est normal pour son espèce et son environnement. Un chêne de 30 mètres n'a pas la même signification qu'un arbre d'une espèce naturellement beaucoup plus petite. Il faut donc comparer ce qui est comparable !
⏳ Deuxième indice : l'âge.
- Un arbre ancien peut être remarquable. Mais déterminer précisément son âge est souvent difficile sans disposer d'archives ou d'éléments historiques. On peut l'estimer à partir de ses dimensions, de son architecture et de son contexte, mais une grosse circonférence ne donne pas automatiquement un âge précis. Donc, quelques recherches peuvent être utiles.
🌳 Troisième indice : la forme.
- Et là, ça devient passionnant pour un paysagiste. Un arbre peut avoir : Un tronc complètement tortueux ; creux, des branches soudées ; plusieurs troncs ; un port extraordinaire ; une architecture façonnée par le vent ; une croissance particulière ; une forme liée à une ancienne conduite en têtard.
📜 Quatrième indice : l'histoire.
- C'est parfois ce qui transforme un « bel arbre » en arbre remarquable. Un arbre peut être lié : à un personnage historique ; à un événement ; à une ancienne propriété ; à une tradition ; à un lieu de rassemblement ; à une légende.
- Les critères retenus par l'association comprennent justement l'âge, les dimensions, l'esthétique, la situation, mais aussi l'histoire et les légendes et même, les particularités biologiques tel que l'anastomose, je vous expliquerai l'anastomose un peu plus loin dans cette émission.
Comment déclarer un arbre que l'on pense remarquable ?
- Maintenant que vous savez ce qu’est un arbre, et comment détecter un arbre remarquable, nous allons aborder la déclaration d’un arbre que l’on pense être remarquable. Fort de vos descriptions, dimensions, âge même approximatif, la forme de l’élu et son histoire vous pouvez vous lancer dans la déclaration de votre découverte. Mais, petite précision qui à son importance, il n'est pas nécessaire d'être propriétaire ou spécialiste des arbres pour signaler un arbre. L'association A.R.B.R.E.S. indique que le signalement peut être effectué par les propriétaires, les collectivités, mais aussi par le public en général.
- Pour proposer un arbre à la labellisation, il faut constituer un dossier avec notamment : une fiche de description ; des photographies ; les informations permettant de situer et d'identifier l'arbre ; les éléments qui expliquent pourquoi vous le considéré comme remarquable. Le dossier est ensuite étudié par le comité de labellisation et les correspondants concernés.
- Alors, la prochaine fois que vous passez devant un arbre qui vous intrigue, ne vous contentez pas de vous dire qu'il est magnifique. Regardez-le, mesurez-le, cherchez son histoire… il est peut-être remarquable… Et vous serrez à votre tour, remarqué et remarquable !
Que se passe-t-il lorsqu'un arbre est déclaré remarquable ?
- Là aussi, une précision s’impose, car il existe une confusion possible : Le label « Arbre remarquable de France » n'est pas exactement la même chose qu'un classement juridique de l'arbre au titre des monuments historiques ou des sites remarquables. Le label est attribué par l'association A.R.B.R.E.S. aux arbres qui répondent à ses critères. Depuis plusieurs années, le label est reconnu par le ministère chargé de l'Écologie.
- Le propriétaire — particulier, commune, collectivité, établissement public… — signe alors une convention de partenariat et s'engage à entretenir, sauvegarder et mettre en valeur l'arbre considéré comme un élément du patrimoine naturel et culturel. Un panneau peut également être installé pour signaler l'arbre au public. Mais surtout, et c'est important : Le label ne signifie pas que l'arbre devient intouchable par magie. Il apporte une reconnaissance patrimoniale et engage le propriétaire dans une démarche de préservation. La protection juridique proprement dite peut relever d'autres dispositifs.
- « Finalement, reconnaître un arbre remarquable, ce n'est pas simplement lui donner un titre. C'est reconnaître qu'un arbre peut être un morceau de notre patrimoine. Un patrimoine qui pousse, qui respire, qui vieillit… et qui, contrairement à un monument de pierre, continue de vivre. »
- Bon, ça c’est bien dit, c’est bien beau, mais dans notre région, ou trouver, ou voir un ou des arbres remarquables. N’ayez pas peur, je vous emmène dans les récits d’arbres, des récits, légendes d’un autre temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître… On prend quelques minutes pour découvrir quelques arbres remarquables de notre région. Suivez mois on va essayer de ne pas se perdre…
Les arbres remarquables de notre région.
Arbres remarquable : Le chêne de Cantaure.
- Il serait daté du 14éme siècle, un véritable livre d’histoire, dont les feuilles nous racontent le passé, des histoires d’autre fois. Il semble imposer son temps au milieu d’une clairière qui aurait pu être son cimetière si un intervenant convaincu sont propriétaire de le sauver de la hache. Ce même propriétaire, surement tombé sous le charme du chêne, j’aurais pu dire le Carpinus du Quercus, puisqu’en latin, le charme se dit Carpinus et le chêne Quercus, mais il s’agit dans cette phrase de charme, pas de l’arbre mais de cette attraction comparable à un sortilège, sortilège qui semble s’être abattue sur ce propriétaire, puisqu’il léga à la commune cette parcelle.
- Sous ses feuilles, le moyen âge vous contemple et avec lui, nombre de légendes, contes et croyance. Vous observerez surement quelques formes angulaires sur cet arbre, des formes en Y s’symbolisant le « bivium », la croisée des chemins, le choix que doit faire chaque adepte pour entrer dans la secte et suivre ses commandements, censés faire de lui un homme divin. Vous trouverez ce chêne sur la commune de Luë, communes des grands lacs, située à l’ouest de Labouheyre.
Arbre remarquable : Le chêne de Saint Vincent de Paul, Lou biel cassou :
- Cet arbre se trouve tout près de la maison de naissance de Vincent, devenu ensuite St Vincent de Paul, il est tout près de sa maison natale, la ferme Ranquine situé elle sur la commune de Pouy, elle-même rebaptisée Saint Vincent de Paul en son honneur en 1828. Pour info, Vincent est né en 1581et DCD en 1660 à Paris.
- Ce Chêne pédonculé d’un diamètre de 13 mètres à subit nombres d’évènements climatiques qui lui a laissé quelques traces. Les essais de fortifications réalisés à l’époque en béton, aurait pu le fragiliser, mais cet arbre remarquable est toujours là, malgré une cavité creusée dans son tronc pour y déposer une statue de la vierge Marie. Bref, il a quand même été pas mal malmené et ne mesure aujourd’hui plus que quatre mètres de hauteur. Il est même dépassé par son rejeton qui lui, a été mis en terre en 1868 sur le même site.
Lou Biel Cassou veut dire le vieux chêne, le chêne se disant Cassou en occitan et Quercus en Latin.
Arbre remarquable : L’orme de Biscarosse.
- Aujourd’hui cet orme, Ulmus en Latin est mort en juillet 2010, déjà 16 ans, cette Orme, qui fût le plus ancien de France n’est plus. Mais ne pleuraient pas tout de suite, la science est là et, des prélèvements de cellules souches ont été réalisés par l’ONF et l’INRA, et, deux nouveaux prétendants pourraient prendre la place du ce fossile.
- Mais reste à jamais la légende liée à cet arbre remarquable fut-il défunt et abattu en 2012 : La légende de la bergère nue, et je m’en vais vous la conter : Vers 1450, une jeune bergère, Adeline, fut injustement accusée d’avoir trompé son fiancé Pierre avec un officier anglais dont elle avait repoussé les avances. Pour ménager l’occupant, le conseil des anciens la condamna à être exposée nue, pendant une journée, sous l’arbre de la justice. Au coucher du soleil, elle mourut de honte et de chagrin. Le lendemain, on vit fleurir, sur le tronc de l’orme, à l’endroit où la malheureuse avait la tête, une couronne de fleurs blanches semblable à celle des jeunes mariées. Depuis, tous les ans au printemps, une couronne blanche fleurit au même endroit.
Arbres remarquables Pays basque.
- Mais le Pays Basque n’est pas en reste avec ces très très vieux arbres têtards ou trognes que l’on peut apercevoir dans nombre de forêt. Une étrange silhouette pour un arbre. Un gros tronc, bas sur patte, les coupes successives servaient à la production de bois en tout genre, chauffage, outils, clôture, et ceci sans toucher aux troncs, ce qui leurs value la grosse tête. De nos jours, ils ne sont plus trop exploités, ce qui donne cette apparence bizarre, un gros tronc, une grosse tête et de longues banches menant au ciel. Une drôle de coiffure.
- Cette pratique ancestrale à pratiquement disparue, ces arbres têtards sont aujourd’hui en danger. Ils sont pourtant un foyer important de biodiversité, ils accueillent une vie spécialisée de petits auxiliaires et de plus grosses bêtes.
- Et me vient naturellement en mémoire un arbre remarquable, l’arbre de Gernika, vestige des bombardements destructeur de 1937 par la légion Condor des Nazies Allemand. Il est depuis, le symbole de la résistance de ce peuple.
- Bien sûr, ce n’est pas l’arbre originel, puisque quatre arbres sont connus : l’arbre du père du 14éme siècle à 1742, le Vieil arbre de 1742 à 1860, puis l’arbre fils successeur, c’est celui qui supporta le bombardement de la ville et il fut lui-même remplacé en 2005 par un de ses rejet. Il existe dans le monde, nombre d’arbre de Gernika, issue de ces rejets et disséminé dans de nombreux pays par la diaspora Basque. Un vieil arbre au symbole très fort sous lequel, comme autrefois, les Lehendakariak (présidents) de la communauté Basque continuaient à prêter serments jusqu’en 2009 : debout sur la terre basque, sous l'arbre de Gernika, devant vous, représentants la citoyenneté Basque, en souvenir des ancêtres, je jure d'accomplir fidèlement ma mission" Tel était le serment !
- Finalement, si la forêt occupe une place si particulière dans notre imaginaire, c'est peut-être parce qu'elle nous ressemble. Comme nous, elle naît, grandit, traverse les épreuves, vieillit, se renouvelle et transmet aux générations suivantes son ADN. Derrière chaque arbre se cache une histoire. Derrière chaque sentier, une mémoire. Et lorsque nous pénétrons dans une forêt, nous ne marchons pas seulement parmi des troncs et des feuillages. Nous avançons au milieu des traces laissées par des milliers d'années de nature, de travail humain, de croyances, de légendes et de vie. La forêt est un immense livre ouvert. Il suffit de prendre le temps d'apprendre à le lire.
Les arbres remarquable : Conclusion.
- On à fait un petit tour des arbres remarquable, et pour faire un rapide rappel de l’essentiel sur ces arbres remarquables, « Est-ce qu'un arbre remarquable doit forcément être vieux ? » Et la réponse est : Non. Un jeune arbre peut exceptionnellement présenter une forme, une rareté, une histoire ou une particularité qui le rend remarquable. À l'inverse, un arbre très vieux n'est pas automatiquement remarquable.
- C'est finalement une excellente façon de faire comprendre ce concept à votre entourage : L'âge peut rendre un arbre remarquable. La taille peut le rendre remarquable. La beauté peut le rendre remarquable. L'histoire peut le rendre remarquable. Mais parfois, c'est simplement ce qu'il représente qui le rend remarquable. Certains arbres sont devenus remarquables précisément parce que des générations de personnes les ont regardés, entretenus, protégés ou simplement racontés.
Les platanes de nos bords de routes serait plantés par Napoléon : Info ou Intox ?
- Et puisque l’on parle d’histoire pour ces arbres remarquables, j’aimerais ici tordre le coup à une idée largement rependue au sujet d’arbres non moins remarquables, les platanes centenaires qui bordes nos routes. Est-ce bien Napoléon qui les auraient fait planter pour ombrager le déplacement de ses Grognards et autres cavaliers ?
- On raconte que Napoléon fit planter des platanes le long des routes pour offrir de l'ombre à ses soldats. L'histoire est séduisante… mais elle est probablement plus légendaire que véritablement démontrée. En revanche, une chose est certaine : c'est au XIXᵉ siècle que le platane va conquérir les routes françaises.
- En réalité, les plantations d'arbres d'alignement le long des routes sont bien antérieures à Napoléon. Dès le XVIIIᵉ siècle, les grands chemins sont plantés d'arbres, notamment des ormes, des châtaigniers et des fruitiers… Hé oui, des fruitiers, les arbres plantés le long des chemins pouvaient produire des fruits accessibles aux passants, mais cela ne signifie pas nécessairement que les autorités avaient prévu ces plantations pour ravitailler les voyageurs. Il faut aussi se rappeler que les déplacements étaient beaucoup plus lents. Un voyageur à pied, à cheval ou en voiture hippomobile pouvait passer des heures, voire des journées, sur les routes. Un fruit cueilli en chemin pouvait donc représenter un complément appréciable. Et surtout, certains fruits se transportaient et se conservaient relativement bien : pommes, poires, prunes, etc. Les usages alimentaires des fruits étaient multiples : consommation fraîche, séchage, conservation, transformation… certains de ces arbres ont finalement survécu à ceux qui les avaient plantés et sont devenus les témoins vivants d'une époque où l'on ne regardait pas encore l'arbre uniquement comme un élément de décor.
Aujourd’hui, pourquoi le platane plutôt qu'un autre arbre ?
- Parce qu'il était presque taillé sur mesure pour devenir l'arbre des routes. Il pousse vite, supporte relativement bien les conditions urbaines et routières, possède un feuillage abondant, peut être conduit en alignement et produit cette fameuse voûte végétale.
- Le phénomène est particulièrement spectaculaire sur le canal du Midi. Les premiers arbres y sont plantés dès 1694, mais les platanes n'apparaissent qu'ensuite et leur généralisation est surtout liée au XIXᵉ siècle, les platanes du canal du Midi ne sont donc pas tous « napoléoniens » !
- Mais cette monoculture atteint ses limites puisque ces platanes sont aujourd’hui en grands danger face au chancre coloré, maladie dû à un champignon microscopique, à priori incurable.
- Les plantations ont évolué pendant des siècles, avec des saules, mûriers, peupliers, ormes, frênes puis platanes, gageons que nous reviendrons aux anciennes pratiques… La roue tourne toujours…
🌳 10 questions-réponses sur les arbres remarquables.
1. Un arbre doit-il obligatoirement être très vieux pour être considéré comme remarquable ?
- Non. L’âge est un critère important, mais ce n’est pas le seul. Un arbre peut être remarquable par ses dimensions, sa forme, sa rareté, une particularité biologique, sa place dans le paysage ou encore son histoire et les légendes qui lui sont associées.
2. Un arbre remarquable est-il forcément un arbre gigantesque ?
- Non plus ! Tout dépend notamment de l’espèce. Un arbre aux dimensions modestes peut être exceptionnellement grand ou gros pour son espèce. On doit donc comparer ce qui est comparable : un vieux buis remarquable ne rivalisera évidemment jamais avec un séquoia géant.
3. Comment estime-t-on l’âge d’un arbre remarquable sans l’abattre ?
- On peut utiliser des documents historiques, des photographies anciennes, des plans, des témoignages ou connaître sa date de plantation. On peut aussi estimer son âge à partir de sa circonférence et de la vitesse de croissance habituelle de l’espèce, mais cela reste une approximation. Le diamètre d’un tronc n’est pas une horloge : deux arbres du même âge peuvent avoir des dimensions très différentes selon le sol, le climat et leurs conditions de croissance.
4. Qui peut signaler un arbre que l’on pense remarquable ?
- Tout le monde peut attirer l’attention sur un arbre exceptionnel : son propriétaire, une commune, une association, mais également un simple particulier qui l’a découvert. Pour le label national « Arbre remarquable de France », c’est l’association A.R.B.R.E.S. qui instruit les propositions et attribue le label. Association A.R.B.R.E.S.
5. Lorsqu’un arbre reçoit le label « Arbre remarquable de France », devient-il automatiquement juridiquement intouchable ?
- Non, et c’est une distinction importante. Le label constitue une reconnaissance patrimoniale, mais ce n’est pas à lui seul un classement juridique rendant tout abattage impossible. Un arbre peut toutefois bénéficier parallèlement d'autres protections : document d’urbanisme, site classé, espace boisé classé, protection des alignements, etc.
6. Une particularité biologique peut-elle rendre un arbre remarquable ?
- Oui. Cela peut être une croissance ou une architecture exceptionnelle, plusieurs troncs, des branches ou des racines qui se soudent — ce que l’on appelle une anastomose —, une capacité de régénération étonnante ou d’autres caractéristiques inhabituelles. Mais il faut distinguer une véritable particularité biologique d’une forme simplement provoquée par le vent, une taille ancienne ou un accident.
7. Un arbre complètement creux peut-il encore être vivant ?
- Absolument ! C’est même l’une des choses les plus étonnantes chez les vieux arbres. Le bois situé au centre du tronc peut se décomposer tandis que les tissus vivants périphériques continuent d’assurer les fonctions indispensables. Un arbre creux n’est donc pas nécessairement un arbre mort — et sa cavité peut devenir un formidable habitat pour les insectes, oiseaux, chauves-souris et autres organismes.
8. Un arbre remarquable peut-il se trouver dans un jardin privé ?
- Oui. Il n’a absolument pas besoin d'être dans une forêt ou un parc public. Un arbre situé dans le jardin d'un particulier peut parfaitement présenter un intérêt exceptionnel par son âge, ses dimensions, son histoire ou sa rareté. En revanche, remarquable ne veut pas dire accessible au public : la propriété privée reste une propriété privée.
9. Les alignements de vieux platanes qui bordent certaines routes françaises sont-ils des arbres remarquables ?
- Certains peuvent l’être individuellement, et l’alignement lui-même peut présenter un intérêt patrimonial remarquable. Mais tous les vieux platanes routiers ne deviennent pas automatiquement des « arbres remarquables ». En revanche, les allées et alignements bordant les voies ouvertes à la circulation publique bénéficient en France d’une protection spécifique prévue par l’article L.350-3 du Code de l’environnement. Article L.350-3 du Code de l’environnement – Légifrance
10. Quelle est finalement la meilleure façon de reconnaître un arbre remarquable ?
- Peut-être simplement commencer par prendre le temps de le regarder. Mesurer son tronc, observer son architecture, identifier son espèce, rechercher son âge, interroger les habitants, consulter de vieilles photographies et essayer de comprendre son histoire. Car ce qui rend un arbre remarquable n’est pas toujours immédiatement visible.

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