- Lorsque l'on parle de bois dans un jardin, beaucoup imaginent qu'un bois en vaut un autre. Pourtant, il existe des centaines d'essences utilisées dans le monde, chacune possédant ses propres caractéristiques. Certaines résistent naturellement à l'humidité, d'autres sont très solides mais sensibles aux champignons, certaines vieillissent en prenant une belle patine grise tandis que d'autres nécessitent un entretien régulier pour conserver leur couleur d'origine.
- Mais nous ferons avant cela, un petit retour nostalgique, un regard en arrière sur les bois d’autrefois, le bois dans les jardins d’antan avant de parler du bois dans nos jardins contemporains.
- Et si, maintenant, ont parlé du bois dans nos aménagements paysagers. Du bois, pas de moi…comme j’ai un petit problème d’asthme… donc la sphère ORL quelque peu encombré, le B peuvent s’entendre M ou P… Je vous laisse traduire mes propos quelques peu déformés par mes problèmes respiratoires… Donc parlons de bois, du bois dans les aménagements paysagers ou plutôt, des bois, car, les forestiers distinguent généralement trois grandes familles de bois : les résineux, les feuillus et les bois exotiques qui peuvent être résineux ou feuillus. Cette classification n'a rien à voir avec la dureté du matériau, contrairement à une idée largement répandue. Un feuillu n'est pas forcément plus dur qu'un résineux, et certains bois tropicaux sont tellement denses qu'ils coulent dans l'eau, comme le Gaïac qui remplace la jambe des corsaire, la jambe de bois, le bois le plus dense au monde, mais ils peuvent aussi être extrêmement léger comme le Balsa qui sert entre autres aux maquettes d’aéronefs.
Faisons le tour des arbres : Résineux et feuillus.
- Aussi, je vous propose une petite promenade en forêt, nous allons faire le tour de ces arbres remarquables à plus d’un titre.
Les résineux : les champions de la construction.
- Les résineux proviennent des arbres que l'on appelle aussi les conifères. Leur feuillage est généralement composé d'aiguilles ou d'écailles, et la plupart conservent leurs aguilles, toute l'année. Ils produisent souvent de la résine, véritable système de défense naturel contre les blessures, les insectes et certains champignons.
- Grâce à leur croissance relativement rapide, les résineux représentent aujourd'hui la principale source de bois d'œuvre en Europe. Ils sont abondants, renouvelables et souvent plus abordables que les feuillus.
Dans les aménagements paysagers, plusieurs espèces dominent largement le marché.
- Le Pin maritime, Pin maritime omniprésent dans les Landes, est particulièrement apprécié pour son excellent rapport qualité-prix. Facile à travailler, il est très utilisé pour les terrasses, les pergolas, les clôtures, les jeux d'enfants et les aménagements extérieurs. En revanche, sa durabilité naturelle reste limitée. Pour les usages exposés aux intempéries, il reçoit généralement un traitement autoclave afin d'améliorer sa résistance.
- Le Douglas, Douglas parfois appelé pin d'Oregon bien qu'il ne s'agisse pas d'un véritable pin, connaît un succès croissant en France. Son bois rosé possède une bonne résistance naturelle aux champignons lorsqu'il est utilisé hors contact permanent avec le sol. Sa stabilité et son esthétique en font un excellent choix pour les pergolas, les bardages ou certaines terrasses.
- Le Mélèze, Mélèze d'Europe est un cas particulier parmi les conifères puisqu'il perd ses aiguilles en hiver, mais ce n’est pas le seul conifère à perdent ses aiguilles l’hiver venu, juste pour info : il y a le Cyprès chauve, le bien nommé, le Métaséquoia, cousin du Séquoia, et plus surprenant, un feuillus qui est un conifère, l’arbre d’Hiroshima, le Ginkgo biloba appelé aussi, l’arbre aux quarante écus. Mais revenons au Mélèze, son bois est naturellement plus durable que celui de nombreux autres résineux. Il supporte bien les climats rigoureux et offre une belle teinte brun doré qui évolue progressivement vers un gris argenté.
- L’Épicéa commun, davantage destinés à la charpente et aux constructions abritées. La faible résistance naturelle à l'humidité le rend moins adapté aux ouvrages extérieurs non protégés et aux climats plus humides, il préfère les climats secs et froids, c’est d’ailleurs pour cela que l’on le trouve en altitude, c’est le rois des montagnes.
- Les résineux : Ils présentent plusieurs avantages majeurs : ils poussent rapidement, stockent efficacement le carbone, sont faciles à travailler et offrent des prix généralement accessibles. En contrepartie, leur durabilité naturelle est souvent plus faible que celle de certains feuillus, ce qui explique le recours fréquent aux traitements de préservation.
Les feuillus : la noblesse des bois européens.
- Les feuillus regroupent les arbres dont les feuilles sont généralement larges et qui, pour la plupart, les perdent en automne. Ils offrent une extraordinaire diversité de couleurs, de densités et de propriétés mécaniques.
- Le chêne : Le roi incontesté reste le Chêne, représenté principalement par le Chêne pédonculé et le Chêne sessile. Depuis des siècles, le chêne symbolise la solidité et la longévité. Son bois, riche en tanins, résiste naturellement aux champignons lorsqu'il est correctement utilisé. Il a servi à construire des cathédrales, des navires, des ponts, des charpentes et du mobilier d'exception. Dans le jardin, il trouve sa place dans les pergolas haut de gamme, les portails, les pontons ou encore certains mobiliers extérieurs, et pour ma part, j’aime l’utiliser pour les bordures de terrains de jeux, comme les terrains de pétanques ou bien comme bordures verticales déstructurés, des berlinoises de retenues de terres.
- Le Châtaignier : Il est souvent considéré comme l'un des meilleurs compromis pour les aménagements paysagers. Naturellement riche en tanins, il résiste très bien aux intempéries sans nécessiter de traitement chimique. Les piquets de clôture en châtaignier peuvent ainsi durer plusieurs décennies lorsqu'ils sont correctement installés. Bien que très résistant, il n’est pourtant pas très courant dans les enseignes spécialisés. C’est surement dû à sa plus grande difficulté de mise en œuvre par les bricoleurs amateurs du fait de sa « fissilité » c’est-à-dire qu’il à tendance à fendre dans le sens du fil si on ne pré-perce pas.
- Le Robinier faux-acacia, Robinia pseudoacacia ou le Carouge mérite une attention particulière. Malgré son nom courant, il ne s'agit pas d'un véritable acacia. C'est probablement l'un des bois européens les plus durables naturellement. Sa résistance est telle qu'il rivalise avec certains bois tropicaux. Très utilisé pour les jeux d'enfants, les piquets, les passerelles, les terrasses ou les ouvrages en contact avec le sol, il représente une excellente alternative locale aux essences exotiques.
- Le Frêne, dit Frêne élevé ou Fraxinus Exelsior, est apprécié pour sa souplesse et sa résistance aux chocs. On le retrouve davantage dans les manches d'outils ou certains mobiliers, plus rarement dans les aménagements extérieurs directement exposés. Et si vous vous posez la question « Pourquoi l’appelle-t-on le Frêne élevé… ? » Je pense que dans élevé vous avez la réponse, c’est un des plus hauts arbres d’Europe, 30 à 40 mètres, d’où « Elevé ».
- Le Hêtre commun : Il possède un bois homogène et élégant, mais sa faible durabilité naturelle limite son utilisation en extérieur sans traitement spécifique. Donc, on l’oublie, du moins pour les aménagements extérieurs. On oublie le Hêtre, ou ne pas être…Désolé je n’ai pas pu m’en empêcher !
Résineux VS Feuillus :
Pour faire un rapide résumé entre résineux et feuillus ; on constate que les feuillus poussent généralement plus lentement que les résineux. Cette croissance plus longue explique souvent leur densité supérieure, mais également leur coût plus élevé.
Et on en arrive au voyage de cette émission avec : Le bois exotiques.
Les bois exotiques :
performances remarquables … Mais ! vigilance environnementale.
- Depuis plusieurs décennies, les bois tropicaux se sont imposés dans les aménagements extérieurs grâce à leurs qualités exceptionnelles.
- L'Ipé : Originaire d'Amérique du Sud, est souvent considéré comme l'une des références pour les terrasses haut de gamme. Sa densité est telle qu'il peut parfois couler dans l'eau. Extrêmement durable, il résiste naturellement aux insectes, aux champignons et aux intempéries. Il résiste aussi, parfois, aux portefeuilles des clients !
- Le Cumaru, Cumaru offre des performances presque comparables, avec une belle couleur brun doré et une excellente stabilité et un tarif quelque peu… peu plus accessible.
- Le Teck : Il est mondialement connu pour sa richesse en huiles naturelles. Depuis des siècles, il est utilisé dans la construction navale et le mobilier extérieur grâce à son exceptionnelle résistance à l'humidité. Là encore, il est quand même réservé aux terrasses ou constructions haut de gammes.
- D'autres essences, sans faire un inventaire à la Prévert, comme le Padouk d'Afrique, le Bangkirai, le Massaranduba ou l'Azobé sont également très recherchées pour leurs remarquables qualités mécaniques.
Leur impact environnemental.
Cependant, ces performances soulèvent une question essentielle :
- Importer une terrasse depuis l'autre bout du monde représente un coût carbone lié au transport. Plus préoccupant encore, certaines régions tropicales souffrent encore aujourd'hui d'exploitation forestière illégale, de déforestation et de trafics de bois. Heureusement, de nombreuses filières responsables existent désormais. Les certifications de gestion durable permettent d'orienter les consommateurs vers des bois issus de forêts exploitées de manière plus respectueuse de l'environnement et des populations locales.
Mais, à retenir, même avec la meilleure des essences, le bois n'est jamais parfait.
- On cherche souvent à savoir quel est le meilleur bois. En réalité, cette question n'a pas de réponse universelle. Le meilleur bois est avant tout celui qui correspond à son usage.
- Une terrasse soumise aux embruns marins n'aura pas les mêmes exigences qu'une pergola installée à l'abri d'un patio. Un ponton traversant une zone humide ne sera pas conçu avec les mêmes essences qu'un simple carré potager.
Alors, comment choisir le bois qui me convient au jardin ?
- Le coût, l'entretien, la durabilité, l'esthétique, l'origine géographique, le bilan carbone, la disponibilité locale et même la facilité de remplacement sont autant de critères qui doivent être pris en compte.
- En tant que paysagiste, je préfère toujours parler du bon bois au bon endroit, plutôt que du meilleur bois tout court.
- Cette réflexion conduit naturellement à une autre question fondamentale. Pourquoi certains bois résistent-ils naturellement pendant plusieurs décennies alors que d'autres doivent être protégés par des traitements spécifiques ? C'est justement pour répondre à cette problématique qu'ont été définies les classes d'emploi du bois, un système de classification qui guide aujourd'hui tous les professionnels dans le choix des essences et de leurs traitements selon les conditions d'utilisation. C'est ce que nous découvrirons dans un prochain chapitre. Mais j’aimerai vous parler avant de classer le bois dans des catégories bien définis, j’aimerais vous parler de jardins d’autrefois. Comme les dires de nos anciens, les jardins d’antan ont aussi utilisé le bois. Et pas qu’un peu !
Le bois dans les jardins d'autrefois.
- Il existe des jardins qui racontent une histoire avant même que l'on y entre. Il suffit parfois d'une vieille barrière en chêne, d'un banc usé par les années ou d'une tonnelle recouverte de vigne pour sentir que le temps s'est arrêté. Les jardins d'autrefois possédaient une âme particulière, non pas parce qu'ils étaient plus beaux que ceux d'aujourd'hui, mais parce qu'ils étaient profondément liés à leur territoire et aux ressources offertes par la nature. La proximité était le maître mot ! Aujourd’hui, d’un clic on importe directement dans son jardin. Avant fallait porter le bois sur son dos… De nos jours on ne force plus, mais le mal de dos et le mal du siècle… mais ça, c’est une autre histoire…
- Pendant des siècles, le bois fut le matériau roi des jardins. La pierre était souvent réservée aux constructions les plus importantes, le métal demeurait coûteux, le béton n'existait pas encore sous sa forme moderne, même s’il existait depuis les Romains, mais sous une autre forme. Quant aux matières plastiques, elles appartenaient encore au domaine de l'imagination. Le jardinier travaillait avec ce qu'il trouvait autour de lui : les arbres de la forêt voisine, les haies du bocage, les taillis entretenus par les paysans ou les branches issues des tailles hivernales.
Chaque arbre avait sa fonction.
- Le châtaignier fournissait les piquets de clôture et les échalas destinés aux vignes. Le chêne devenait poutres, portails ou bancs. Le noisetier servait de tuteur aux haricots et aux pois ou aux arcs des enfants. Les jeunes branches de saule étaient tressées pour fabriquer des bordures, des paniers, des fascines qui servaient soit à combler des fossés ou réparer des routes en mauvaises états, des sortes de fagots de bois qui limiter l’érosion des sols ou de véritables clôtures vivantes qui reviennent quelque peu à la mode, et oui, le jardin répond aussi à la ronde de la mode…. Rien n'était perdu. Chaque essence trouvait naturellement sa place dans le jardin.
Le bois était également omniprésent dans le jardin nourricier.
- Les fruitiers étaient eux aussi accompagnés par le bois. Les espaliers étaient maintenus par des piquets reliés entre eux par des traverses ou des fils métalliques On appelle cela également des culture palissés, idéale pour les petits jardins ou le long d’un mur. Les treilles permettaient de guider la vigne au-dessus des chemins, créant des tunnels de verdure qui offraient une ombre bienvenue durant les journées d'été. Dans de nombreuses fermes du Sud-Ouest, la treille constituait une véritable pièce de vie extérieure où l'on partageait les repas à l'abri du soleil.
- Les ruches traditionnelles étaient parfois fabriquées dans des troncs évidés ou à partir de planches assemblées à la main. Les composts étaient contenus dans des caisses de bois. Les réserves d'eau prenaient souvent la forme de tonneaux récupérés des domaines viticoles et ici, entre Tursan, Jurançon et vignoble Bordelais, le tonneau est roi ! les outils eux-mêmes associaient le métal et le bois : manches de bêche, de houe, de râteau, de faux ou de serpe. Le contact du bois dans la main faisait partie du geste quotidien du jardinier.
- Dans les campagnes, il existait une véritable économie circulaire avant l'heure. Les branches issues des tailles étaient réutilisées comme bois de chauffage, transformées en fagots, utilisées pour fabriquer des fascines destinées à retenir les terres ou simplement broyées pour enrichir les sols. Aujourd'hui, nous parlerions de recyclage ou de valorisation des déchets verts de BRF, que de mots compliqués pour dire ce que nos anciens disaient. Simplement du bon sens, le bon sens paysans. J’ai l’impression que des fois, on complique un peu tout de nos jours…
- Et le bois n’est pas exclusivement au service de l’homme. Le bois servait également à accueillir la vie sauvage. En même temps, la vie sauvage rend bien service à l’homme…
- Les haies sèches, constituées de branchages empilés entre deux rangées de piquets, offraient un refuge à une multitude d'insectes, d'oiseaux, de hérissons et de petits mammifères. Les vieux troncs conservés dans un coin du jardin devenaient des hôtels naturels pour les coléoptères et les champignons. Sans le savoir, les jardiniers favorisaient déjà une biodiversité que nous cherchons aujourd'hui à retrouver après avoir durant des années rendu nos jardins stériles.
Le bois dans les Landes et au Pays Basque.
- Dans les Landes comme au Pays Basque, les clôtures en piquets de châtaignier, les portails en bois massif et les cabanes construites avec les matériaux locaux faisaient partie intégrante du paysage. Les bergers landais entretenaient leurs cabanes avec les ressources de la forêt. Les pêcheurs et les ostréiculteurs construisaient leurs pontons et leurs cabanes en utilisant les bois disponibles à proximité. Chaque métier développait son propre savoir-faire, transmis de génération en génération. Les cabanes de pécheurs ont d’ailleurs donné une inspiration aux architectes pour construire à partir d’un modeste cabanon, de somptueuses villas aux charmes d’autrefois.
- Les jardins d'autrefois étaient aussi des lieux où le temps s'exprimait autrement. Le bois grisait sous l'action du soleil et de la pluie. Il se couvrait parfois de mousses ou de lichens. Loin d'être considéré comme un défaut, ce vieillissement était souvent accepté, voire recherché. Le jardin évoluait avec les saisons et les matériaux racontaient le passage des années.
Le rôle du paysagiste face au bois.
- Aujourd'hui, nous cherchons souvent à conserver au bois l'aspect qu'il avait le jour de son installation. Nous appliquons des saturateurs, des huiles ou des lasures pour préserver sa couleur d'origine. Nos ancêtres, eux, savaient que le bois était vivant et qu'il changerait naturellement d'apparence. Ils l'entretenaient lorsque cela était nécessaire, mais ils acceptaient aussi qu'il vieillisse avec élégance.
- La majorité de mes clients ne veulent pas que le bois grise… Pour ce faire ils se tournent vers le bois composite en matière plastique avec « un peu » de sciure de bois pour se donner bonne conscience… Paradoxe, c’est un produit manufacturé, plus chaud, voire très chaud aux pies nus. Certes il ne grise pas, mais 95% du colorie choisie est gris ! Donc, à moi et aux paysagistes de les conseiller et de leurs rappeler que les ouvrages doivent être construits pour être réparés comme dans les jardins d’autrefois. Une planche abîmée était remplacée sans démonter l'ensemble de la structure. Un piquet fatigué était changé. Une traverse était retaillée dans une bille de bois conservée à la ferme. Cette approche de la réparation, aujourd'hui remise à l'honneur, faisait partie de la vie quotidienne.
- Ce qui me touche particulièrement dans ces jardins anciens, c'est leur extraordinaire sobriété. Ils n'avaient pas besoin de matériaux venus de l'autre bout du monde pour être harmonieux. Ils étaient le reflet du paysage qui les entourait. Les arbres de la forêt devenaient les clôtures du jardin. Les haies fournissaient les tuteurs. Les tailles alimentaient le feu ou enrichissaient le compost. Tout formait un cycle où chaque ressource trouvait naturellement sa place.
- En tant que paysagiste, je pense que nous avons beaucoup à apprendre de ces jardins. Non pas pour les reproduire à l'identique, car notre manière de vivre a changé, mais pour retrouver cette logique qui consistait à construire avec intelligence, à privilégier les ressources locales, à réparer plutôt qu'à remplacer et à accepter que les matériaux naturels évoluent avec le temps.
- Au fond, les jardins d'autrefois nous rappellent une chose essentielle : le bois n'était pas considéré comme un simple produit de consommation. Il était un héritage de la forêt, un matériau précieux que l'on respectait parce que l'on connaissait le temps nécessaire à sa croissance. Entre la graine plantée par un forestier et la poutre installée dans un jardin, il s'écoulait parfois plusieurs générations. Cette patience force encore aujourd'hui mon admiration.
- Et c'est peut-être là la plus belle leçon que nous lèguent ces jardins anciens : avant d'être un matériau, le bois est d'abord une histoire. Une histoire de forêts, de femmes et d'hommes, de savoir-faire et de transmission. Une histoire qui continue de s'écrire dans chacun de nos jardins.
- Si ce chapitre est empreint de nostalgie, de tradition et de savoir-faire ancestral. La suite de notre émission de Jardins d’ici, nous montre que le bois n'a pas disparu : il s'est réinventé. C'est une belle transition entre l'héritage de nos anciens et les innovations d'aujourd'hui. Le bois est probablement le plus ancien matériau... mais aussi l'un des plus modernes.
Les questions fréquente sur le bois au jardin "et les réponses ;-).
1. Pourquoi le bois est-il autant utilisé dans les aménagements paysagers ?
- Le bois s'intègre naturellement au jardin parce qu'il crée une transition douce entre l'architecture de la maison et le végétal. Terrasses, clôtures, pergolas, claustras, bordures ou mobilier peuvent ainsi participer à une même composition paysagère. C'est également un matériau renouvelable lorsqu'il provient de forêts gérées durablement et, correctement choisi et mis en œuvre, il peut offrir une très bonne longévité.
2. Un bois feuillu est-il toujours plus dur qu'un résineux ?
- Non. La distinction entre feuillus et résineux est botanique et ne permet pas, à elle seule, de déterminer la dureté du bois. Certains feuillus sont relativement tendres tandis que certains résineux possèdent de bonnes caractéristiques mécaniques. Pour un aménagement extérieur, il faut donc s'intéresser à l'essence, à sa densité, à sa durabilité et surtout à son aptitude à l'usage auquel on la destine.
- 3. Pourquoi certains bois flottent-ils et d'autres coulent-ils dans l'eau ?
- Cela dépend principalement de leur densité. La plupart des bois ont une densité inférieure à celle de l'eau et flottent. Mais certaines essences particulièrement denses peuvent couler. À l'opposé, le balsa est extrêmement léger. Le monde du bois réserve donc quelques surprises : un bois feuillu n'est pas nécessairement lourd et un bois très dense peut parfaitement finir au fond de l'eau !
4. Quel bois choisir pour réaliser une terrasse de jardin ?
- Le choix dépend de l'exposition, du système constructif, du contact éventuel avec l'humidité, de l'entretien souhaité, du budget et de l'esthétique recherchée. Douglas, mélèze, pin traité, bois thermiquement modifiés ou certaines essences naturellement durables peuvent être utilisés selon les situations. Une terrasse durable dépend toutefois autant de la conception et de la ventilation de l'ouvrage que de l'essence choisie.
5. Quelle différence existe-t-il entre la classe d'emploi d'un bois et sa durabilité ?
- Ce sont deux notions qu'il ne faut pas confondre. La classe d'emploi correspond aux conditions dans lesquelles le bois va être utilisé et notamment à son exposition à l'humidité. La durabilité caractérise quant à elle la résistance du bois, notamment face aux agents biologiques susceptibles de le dégrader. Choisir un bois extérieur consiste donc à mettre ses caractéristiques en adéquation avec les contraintes réelles de l'ouvrage.
6. Faut-il obligatoirement traiter le bois utilisé au jardin ?
- Non. Certaines essences possèdent naturellement une durabilité suffisante pour certains usages extérieurs. D'autres nécessitent un traitement permettant d'améliorer leur résistance dans les conditions prévues. Il faut également distinguer les traitements de préservation des produits de finition destinés principalement à modifier ou conserver l'aspect esthétique du bois.
7. Pourquoi une terrasse ou une clôture en bois devient-elle grise avec le temps ?
- Sous l'action des rayons ultraviolets, de la pluie et des intempéries, la surface du bois évolue progressivement vers une teinte grise ou argentée. Ce grisaillement est avant tout un phénomène superficiel et esthétique : il ne signifie pas automatiquement que le bois est en train de pourrir. On peut accepter cette patine naturelle ou utiliser des produits adaptés pour conserver plus longtemps sa teinte d'origine.
8. Quelle est la principale cause de dégradation du bois dans un jardin ?
- L'un de ses principaux ennemis est l'humidité lorsqu'elle persiste. Un bois constamment humide et mal ventilé devient plus vulnérable aux champignons lignivores et autres organismes de dégradation. Une bonne conception doit donc favoriser l'écoulement de l'eau, éviter les pièges à humidité et permettre au bois de sécher. Au jardin, la longévité commence souvent sur la planche à dessin.
9. Peut-on mettre n'importe quel bois directement en contact avec le sol ?
- Non. Le contact avec le sol représente une situation particulièrement contraignante en raison de l'humidité et des organismes présents dans celui-ci. Le bois choisi doit être adapté à cette classe d'emploi, naturellement ou après un traitement approprié. Poteaux, retenues de terre, bordures ou éléments structurels demandent donc une attention particulière.
10. Comment prolonger la durée de vie d'un aménagement paysager en bois ?
- Il faut commencer par choisir une essence et une classe d'emploi adaptées, mais la conception de l'ouvrage est tout aussi importante. Il convient d'éviter la stagnation de l'eau, de favoriser la ventilation, de protéger les zones sensibles et de contrôler régulièrement les assemblages. Un bois bien choisi mais mal posé vieillira parfois beaucoup plus vite qu'un bois correctement sélectionné et intelligemment mis en œuvre.

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