Paysagiste Pays Basque Paysagiste Landes › Blog Jardin › Plantes star > Thuja occidentalis ‘Pyramidalis Compacta.
un conifère persistant pour petits jardins et jardinières. Plantation, dimensions, entretien et conseils au Pays Basque et dans les Landes.
📅 Publié le : 15/10/2026 🔄 Mis à jour le : 15/10/2026
" Le Thuja occidentalis Pyramidalis Compacta."
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✍️ Article rédigé par Loïc BANCE, Paysagiste conseil au Pays Basque et dans les Landes.
Un soir d’été, une pyramide verte donne le rythme au jardin.
Peut-on planter ce thuya dans un jardin au Pays Basque ? Je vous dit tout sur cette plante !
Imaginez une fin d’après-midi dans un jardin abrité. Les fleurs des hortensias retiennent les derniers reflets du soleil, les graminées accompagnent le vent et, près du chemin, une silhouette verte semble monter la garde. Elle n’a ni grandes fleurs ni couleurs tapageuses. Pourtant, le regard revient vers elle. Sa présence donne une échelle au massif, un point d’appui à la promenade, une profondeur aux floraisons, un écran à la farniente ! Ce personnage discret pourrait bien être le thuya ‘Pyramidalis Compacta’.
J’aime regarder les végétaux pour ce qu’ils apportent à une composition. Un jardin a besoin de mouvements, mais aussi de repères. Ce thuya peut remplir ce rôle sans réclamer l’espace des grands conifères de haie. Son développement relativement modeste en fait un allié intéressant des petits jardins et des terrasses plantées. Avant de lui confier un angle de terrasse ou une jardinière, prenons le temps de faire connaissance.
Quel est le véritable nom du thuya Pyramidalis Compacta ?
Son nom botanique s’écrit Thuja occidentalis ‘Pyramidalis Compacta’. Le genre et l’espèce précèdent le nom du cultivar, placé entre guillemets simples. En français, on parle de thuya occidental ou de thuya du Canada. Il appartient aux Cupressacées, la famille des cyprès. Attention aux étiquettes raccourcies : un « thuya pyramidal » ne désigne pas forcément ce cultivar précis.
Un arbre nord-américain devenu familier des jardins.
L’espèce Thuja occidentalis est originaire de l’est de l’Amérique du Nord. Son histoire européenne remonte au XVIe siècle : les récits botaniques évoquent notamment un sujet rapporté des environs du Saint-Laurent par Jacques Cartier, probablement en 1536, puis cultivé à Fontainebleau. Cette circulation ancienne explique sa place durable dans les collections et les jardins européens.
Le nom Thuja vient d’un ancien nom grec associé à des bois aromatiques. Occidentalis signifie « occidental », en référence à une origine située à l’ouest de l’Europe. L’appellation « arbre de vie », ou arborvitae, appartient également à son histoire. Elle ne doit jamais être interprétée comme une garantie d’innocuité ou une invitation à préparer des remèdes maison.
Une sélection horticole ancienne, sans inventer son obtenteur.
‘Pyramidalis’ évoque la silhouette en pyramide ; ‘Compacta’, la densité de la végétation. La pépinière Minier indique une obtention antérieure à 1904. Je retiens cette ancienneté, sans attribuer à un créateur précis une sélection dont l’origine détaillée n’est pas clairement établie par les références consultées. Il s’agit d’un cultivar horticole : ses caractères ont été retenus et conservés par multiplication végétative.
Port et dimensions : un thuya intéressant pour les petits jardins.
Le thuya ‘Pyramidalis Compacta’ développe une silhouette dressée, conique à pyramidale, garnie de ramifications rapprochées. Sa végétation dense crée un repère vertical sans demander systématiquement une taille de mise en forme. C’est précisément cette présence structurante, associée à un développement relativement modeste, qui m’intéresse dans les espaces réduits.
En pratique, je le destine principalement aux petits jardins et à la culture en jardinière. La fiche de Promesse de Fleurs donne environ 4 mètres de hauteur pour 1 mètre de largeur à maturité. Selon l’implantation et les ressources disponibles, son développement peut rester inférieur. Les indications des producteurs divergent toutefois : Minier annonce environ 4 mètres sur 2 mètres à dix ans. Je retiens donc les 4 mètres comme un repère de gabarit pour le choix de la plante, sans en faire un maximum garanti dans toutes les situations.
En jardinière, dans les situations que j’observe, les sujets dépassent rarement 2 à 3 mètres. Le volume de substrat disponible participe à la limitation de leur développement, avec l’arrosage, la nutrition et l’exposition. Cette observation de terrain décrit mon usage paysager ; elle ne constitue pas une limite biologique valable pour tous les contenants.
Reconnaître son feuillage : une botanique accessible.
Des feuilles en écailles, disposées par paires.
Regardez une extrémité de rameau : le feuillage adulte ne porte pas les longues aiguilles d’un pin. Il se compose de minuscules feuilles en écailles, longues de quelques millimètres, étroitement appliquées contre les petites tiges. Elles sont opposées par paires ; chaque paire est tournée d’un quart de tour par rapport à la précédente. Cette disposition est dite « opposée décussée ».
Les écailles se chevauchent comme de petites tuiles. Les feuilles des faces et celles des côtés n’ont pas exactement le même aspect : les latérales enveloppent davantage le rameau. L’ensemble se déploie en petits éventails aplatis. Ce sont ces rameaux garnis de nombreuses feuilles qui donnent l’impression de rubans ou de plumes vertes.
Limbe, pétiole et nervures : que peut-on réellement observer ?
Le limbe, partie élargie de la feuille, est ici réduit à une écaille. Aucun pétiole allongé comparable à celui d’un cerisier n’est visible : la feuille est sessile, attachée directement au rameau, avec une base appliquée et prolongée sur celui-ci. Les nervures existent anatomiquement, mais ne dessinent pas à l’œil nu un réseau ramifié comme sur une feuille d’hortensia.
Une loupe aide à observer la forme des écailles et leurs petites glandes. La face supérieure paraît généralement plus verte, le dessous plus pâle.
Le froissement du feuillage libère une odeur aromatique caractéristique. Pour découvrir cette particularité, je préfère froisser moi-même un petit rameau et inviter les enfants à en percevoir l’odeur sans le porter au visage. L’observation peut ensuite se poursuivre à la loupe : les minuscules feuilles en écailles et leur agencement offrent déjà beaucoup à découvrir. Cette précaution ne signifie pas qu’un simple contact avec le thuya provoque une intoxication : il s’agit surtout d’éviter les frottements répétés, susceptibles d’irriter les peaux sensibles, ainsi que le passage des mains aux yeux ou à la bouche. Avec les plus jeunes, j’explique simplement que cette plante se regarde, mais ne se goûte pas : ni le feuillage ni les petits cônes ne doivent être mâchonnés ou utilisés pour préparer une « soupe » de jardin. Après les manipulations, un lavage des mains complète ces bonnes habitudes.
Un feuillage persistant qui se renouvelle.
Ce thuya garde son feuillage en hiver. Persistant ne signifie cependant pas éternel : des rameaux feuillés anciens vieillissent, brunissent à l’intérieur puis tombent. Un renouvellement limité au cœur du sujet, souvent remarqué en automne, peut être normal. Une décoloration légère en hiver ne doit pas non plus être confondue automatiquement avec une maladie.
Le thuya est un conifère, donc une gymnosperme. Il ne produit pas de fleurs à pétales ni de fruits au sens botanique. Ce que certaines fiches appellent « floraison » correspond à des organes reproducteurs très discrets. Le même arbre porte de petits cônes mâles, producteurs de pollen, et des cônes femelles : il est monoïque (Du grec mono « un » et oikos « maison », soit « une seule maison » pour les deux sexes.. Le vent transporte le pollen.
La période reproductive se situe au printemps. Dans un jardin doux du Sud-Ouest, on peut surveiller les rameaux vers mars-avril, sans en faire un calendrier fixe : la météo et le lieu décalent les observations. Les données nord-américaines mentionnent aussi des émissions de pollen plus tardives. Il n’y a pas de floraison décorative à attendre pour illuminer un massif.
Les cônes femelles deviennent de petits cônes allongés, d’environ un centimètre, munis d’écailles. D’abord verdâtres, ils brunissent en mûrissant et libèrent des graines ailées. Ces cônes ne sont pas comestibles. Dans la nature, la reproduction passe par les graines ; un marcottage naturel peut également se produire lorsque des branches basses s’enracinent. Un semis ne reproduit pas fidèlement les caractères de ‘Pyramidalis Compacta’.
Je privilégie une exposition au soleil ou à mi-ombre lumineuse. Une ombre dense compromet la qualité de l’écran végétal. L’emplacement doit surtout permettre un enracinement dans un sol suffisamment frais. Le terme « frais » désigne une humidité disponible et régulière, avec de l’air dans la terre ; il ne signifie pas que les racines doivent baigner dans l’eau.
C'est une terre profonde, structurée, conservant l’humidité tout en évacuant les excès. Elle constitue une bonne base. L’espèce accepte différents sols, notamment argileux lorsqu’ils restent correctement aérés. Elle n’est pas une plante de terre de bruyère : les sols proches de la neutralité à calcaires lui conviennent. Un terrain légèrement acide peut être utilisable, mais je ne promets pas une réussite identique dans un sable très acide et pauvre.
Plantation : préparer sa place pour les années à venir.
Dans notre climat, je privilégie généralement l’automne lorsque la terre reste praticable, ou la fin d’hiver et le début du printemps. J’évite le sol gelé, détrempé et les périodes chaudes. Avant d’acheter, je vérifie l’état de la motte, la fraîcheur du feuillage et l’absence de fortes zones sèches. Un sujet de taille raisonnable et bien enraciné peut être plus pertinent qu’un grand arbre difficile à reprendre.
J’humidifie la motte avant la plantation, ouvre un trou plus large que celle-ci et ameublis les bords. Le collet reste au niveau du terrain fini. Une motte enterrée trop profondément souffre ; une poche de gravier au fond d’une terre imperméable ne règle pas le drainage. Si l’eau stagne, il faut revoir l’implantation ou la préparation du terrain dans son ensemble. Pour une haie, préférez une tranché naturellement drainante à des trous individuels.
Je rebouche avec la terre du site si correct, éventuellement accompagnée d’un apport modéré de compost mûr adapté au sol. Un arrosage de mise en place assure le contact entre terre et racines. Je termine par un paillage d’environ 5 à 8 centimètres, sans contact avec le tronc. L’accès pour arroser et entretenir doit être prévu dès le départ, doc, si possible une cuvette, sans oublier le tuteurage si possible Bipode suivant la hauteur du sujet..
Racines, voirie et réseaux : mon retour d’expérience.
Un cultivar que j’emploie aussi dans les espaces contraints.
Destiné aux petits jardins, ce thuya peut se retrouver à proximité de réseaux souterrains. Dans les implantations que j’ai pu observer, je n’ai jamais constaté d’invasion racinaire de ces réseaux par ‘Pyramidalis Compacta’. Ce retour d’expérience mérite d’être distingué des descriptions générales de l’espèce Thuja occidentalis, dont les dimensions et l’enracinement varient selon les formes et les conditions de croissance.
Le système racinaire de l’espèce est généralement ramifié et étalé, avec une profondeur variable selon le terrain. Pour ce cultivar, je ne dispose pas de mesures permettant de fixer une profondeur ou une extension maximale des racines. Je raisonne donc à partir du sujet, du sol et de l’ouvrage voisin. Près d’une allée, je conserve un espace de plantation adapté et l’accès nécessaire à l’entretien.
Quand les réseaux sont signalés : une protection antiracines spécifique.
Lorsque des réseaux sont signalés, je prévois une protection adaptée, sous forme de géotextile spécifiquement conçu contre la pénétration des racines ou de barrière antiracines, selon la situation. Un géotextile ordinaire de séparation ou une toile de paillage ne présentent pas nécessairement cette fonction : le produit doit être choisi pour cet usage précis et posé conformément à sa notice.
La continuité de la protection, ses raccords, sa profondeur et sa position comptent autant que le matériau. Je préserve également un volume de terre suffisant pour la plante et le fonctionnement du drainage. La protection complète une implantation réfléchie ; elle ne répare pas une canalisation défectueuse et ne garantit pas, à elle seule, l’absence de tout conflit.
Une canalisation étanche, une conduite ancienne fissurée et un drain perforé ne présentent pas les mêmes contraintes. Je vérifie les plans, l’état connu des ouvrages et l’accès pour les réparations. En jardinière à fond fermé, l’enracinement est contenu tant que les racines ne s’échappent pas par les évacuations. Un bac sans fond posé sur la terre permet, lui, une colonisation du sol sous-jacent.
Fosse, microstation et épandage : un cas à traiter séparément.
Mon retour d’expérience favorable près des réseaux ne justifie pas une plantation sur un épandage ou un filtre d’assainissement. Je garde les ouvrages, conduites et regards accessibles et respecte les prescriptions du dispositif. La notice, l’installateur et le SPANC permettent de définir l’implantation ; une barrière antiracines ne remplace pas leurs préconisations.
Le thuya Pyramidalis Compacta en jardinière : mon utilisation privilégiée.
Sur une terrasse ou dans une petite cour, sa silhouette permet de créer un écran ponctuel, de souligner une entrée ou de rythmer une composition. Je peux l’utiliser seul dans un bac ou dans un ensemble de jardinières, avec des végétaux plus bas. Le choix du contenant fait partie du dessin : sa largeur, sa profondeur et sa stabilité doivent accompagner le sujet au fil des années.
Le développement dépend à la fois du volume disponible pour les racines et de la qualité du substrat. Une jardinière généreuse offre davantage de ressources qu’un petit pot. À l’inverse, je ne cherche pas à freiner la plante par la soif ou la faim : un contenant trop exigu entraîne une dégradation de son état, plutôt qu’une maîtrise satisfaisante du gabarit.
Je choisis un substrat pour arbustes en bac, capable de conserver l’humidité tout en restant aéré, et un contenant muni d’évacuations fonctionnelles. L’eau ne doit pas stagner au niveau des racines. Sur une terrasse exposée, je vérifie la stabilité au vent et, lorsque cela s’applique, la charge admissible du support avec le poids du bac, de la terre humide et du végétal. en général entre 035kg à450Kgr par m², mais il faut se renseigner sur ce point auprès de l'architecte ou du constructeur.
Le suivi porte sur l’arrosage, les apports nutritifs modérés et le renouvellement du substrat. Lorsque les racines occupent tout le volume, un rempotage ou une intervention adaptée devient nécessaire tel qu'un surfaçage. Une jardinière demande ainsi une observation régulière, même sous le climat humide du Pays Basque. Je contrôle aussi que les racines ne gagnent pas le sol ou un drain par les trous d’évacuation.
Les premières saisons, je contrôle l’humidité de la motte et du sol voisin. Des apports espacés et suffisamment copieux sont préférables à un petit mouillage quotidien de surface. Leur fréquence dépend des pluies, du vent, de la chaleur et de la texture du terrain. Même sous un climat réputé pluvieux, la motte peut sécher. En pot, la surveillance devient plus fréquente.
Tailler légèrement, en conservant du feuillage vert.
En sujet libre, une taille systématique n’est pas nécessaire. Pour une haie, des interventions modérées et régulières évitent de devoir corriger brutalement le volume. Je conserve du vert sur les parties taillées : le vieux bois dénudé regarnit mal, et une coupe sévère peut laisser un trou durable. Pour conserver une pyramide naturelle, je préserve aussi la flèche.
Minier mentionne une taille possible en avril ou en août-septembre. Sur le terrain, j’adapte ces périodes à la chaleur, à la vigueur et aux conditions locales, en évitant canicule, sécheresse, gel et taille tardive. Avant toute intervention, je vérifie la présence de nids occupés et reporte les travaux si nécessaire. Une haie légèrement plus large à la base reçoit mieux la lumière jusque dans ses parties basses.
Thuya qui brunit : chercher la cause avant de traiter.
Une taille trop profonde, un manque d’eau ou un excès d’humidité peuvent produire des symptômes voisins. Des maladies racinaires comme les phytophthoras sont favorisées par des conditions défavorables ; des dépérissements de rameaux, des acariens ou d’autres ravageurs peuvent aussi intervenir. La couleur brune ne permet pas de choisir un traitement à elle seule.
Je regarde où commence le problème, sa vitesse, l’état du sol et les travaux récents. Je vérifie aussi l’arrosage réel. En cas de dépérissement progressif, un diagnostic précis évite les pulvérisations répétées sans résultat. Une partie totalement morte ne reverdira pas ; il faut évaluer la possibilité de récupération avant de promettre de sauver une haie entière.
Toxicité : quelles précautions avec les enfants et les animaux ?.
Le thuya n’est pas une plante alimentaire. Son feuillage contient notamment de la thuyone ; l’ingestion et les préparations concentrées exposent à des risques toxiques. Son huile essentielle demande une prudence particulière. Je déconseille toute infusion, dégustation ou utilisation domestique improvisée, même si l’histoire du végétal évoque des usages anciens.
Dans un jardin familial, j’évite que les petits rameaux deviennent des ingrédients de « cuisine » pour enfants. Les cônes ne doivent pas être goûtés. Pour la taille, des gants et des manches longues limitent les contacts irritants chez les personnes sensibles. Je ramasse les déchets et ne les donne jamais à manger aux animaux, notamment aux chevaux.
En cas d’ingestion suspectée, je recommande de contacter rapidement un centre antipoison en gardant une photo de la plante ; il ne faut pas faire vomir. Pour un animal, il faut joindre un vétérinaire. La présence du thuya au jardin demande des précautions adaptées à l’usage des lieux.
Comment multiplier Thuja occidentalis ‘Pyramidalis Compacta’ ?
Pour conserver les caractères du cultivar, le bouturage est la voie habituelle. On peut essayer des boutures de rameaux semi-aoûtés en fin d’été, avec un petit talon, dans un substrat propre, aéré et drainant. La base est débarrassée de son feuillage ; l’atmosphère reste humide sans détremper le support. Une lumière douce et une protection contre le soleil direct limitent le dessèchement.
L’enracinement peut prendre plusieurs mois et la réussite n’est pas garantie. Je ne tire pas sur les rameaux pour vérifier les racines. Après reprise, les jeunes plants sont progressivement acclimatés. Le semis présente un intérêt d’observation botanique, mais les descendants ne doivent pas être étiquetés automatiquement ‘Pyramidalis Compacta’ : ils peuvent différer du pied mère.
Comment j’utilise cette plante dans mes compositions paysagères au Pays Basque et dans les Landes.
Au Pays Basque : donner un repère aux massifs.
Dans les petits jardins d’Anglet, de Bayonne ou de l’intérieur du Pays Basque, j’utilise ce thuya comme un accent vertical. En jardinière, il peut protéger une terrasse d’une vue précise, accompagner une entrée ou former un fond persistant pour des plantations saisonnières. J’aime associer sa silhouette régulière à des feuillages souples, graminées ou Gauras, en préservant l’espace et les ressources nécessaires à chacun.
Dans les Landes : tenir compte du sable et du vent.
À Ondres, Labenne, Capbreton ou Hossegor, je m’intéresse particulièrement à la réserve en eau du sol. Sur un sable pauvre et filtrant, installer ce thuya implique une préparation cohérente et un suivi des arrosages. Dans un projet sobre en eau, un autre végétal peut mieux répondre au besoin. Face aux embruns directs, ce thuya n’est pas mon choix prioritaire ; un jardin côtier abrité offre une situation différente. Sur une parcelle humide en hiver, je vérifie aussi l’aération du terrain.
Une présence structurante dans une palette diversifiée.
Pour préserver une intimité, je peux envisager un écran ponctuel plutôt qu’une longue haie uniforme. J’associe les fonctions : un conifère pour la structure, d’autres arbustes pour les floraisons, les saisons et l’accueil de la faune. Le thuya peut offrir un abri, mais il ne remplace pas à lui seul la diversité d’une haie composée.
Comme paysagiste conseil auprès des particuliers au Pays Basque et dans les Landes, mon rôle consiste à faire correspondre la plante au terrain, à l’usage et à l’entretien accepté. Le meilleur emplacement est celui où le jardinier pourra encore apprécier son thuya lorsqu’il aura grandi.
Nom :Thuja occidentalis ‘Pyramidalis Compacta’, Cupressacées ; cultivar ancien signalé avant 1904.
Port : pyramidal, dense et dressé ; intéressant pour les petits jardins et les jardinières.
Dimensions : repère d’environ 4 m en pleine terre, avec des différences entre catalogues ; dans mon expérience, rarement plus de 2 à 3 m en jardinière, selon le volume et les conditions de culture.
Feuillage : persistant, en petites écailles opposées décussées, sur des rameaux aplatis.
Reproduction : cônes discrets au printemps, pollinisation par le vent ; cônes bruns à graines, non comestibles.
Exposition et sol : soleil ou mi-ombre ; terre fraîche, aérée, correctement drainée ; pas d’exigence de terre de bruyère.
Entretien : arrosage de reprise, paillage, taille légère dans le vert ; éviter le rabattage dans le vieux bois.
Racines : aucune invasion des réseaux constatée dans mes observations ; protection antiracines spécifique lorsque des réseaux sont signalés ; aucun thuya sur un épandage.
Précautions : aucune consommation ; déchets de taille hors de portée des enfants et des animaux.
Usage local : petits jardins, terrasses et jardinières en situation abritée ; prudence dans le sable sec et face aux embruns.
Questions fréquentes sur le thuya Pyramidalis Compacta.
1. Quelle hauteur atteint le thuya Pyramidalis Compacta ?
En pleine terre, environ 4 mètres constitue un repère horticole, avec des variations selon les producteurs et l’implantation. En jardinière, les sujets que j’observe dépassent rarement 2 à 3 mètres, selon le volume de substrat et les soins ; ce n’est pas un maximum garanti.
2. Le thuya Pyramidalis Compacta perd-il ses feuilles en hiver ?
Non, son feuillage est persistant. Il renouvelle toutefois progressivement ses vieux rameaux feuillés, notamment à l’intérieur. Un brunissement étendu ou rapide nécessite de rechercher une cause.
3. Quand fleurit ce thuya et ses fruits sont-ils comestibles ?
Ses organes reproducteurs apparaissent au printemps, avec une période variable selon le climat. Il ne produit pas de fleurs décoratives ni de vrais fruits, mais de petits cônes à graines. Ils ne sont pas comestibles.
4. Peut-on planter ce thuya dans un jardin au Pays Basque ?
Oui, dans un emplacement adapté : soleil ou mi-ombre, terre fraîche et aérée, espace suffisant. Une parcelle abritée d’Anglet ou de Bayonne se distingue d’un jardin directement exposé aux embruns. Mais à Saint Martin de seignanx aussi, ça tombe bien, c'est chez mois !
5. Peut-on cultiver ce thuya en jardinière sur une terrasse dans les Landes ?
Oui, c’est l’une de mes utilisations privilégiées, dans une jardinière stable, drainée et adaptée au sujet. Le volume de substrat participe à son développement. Il faut suivre l’arrosage et la nutrition et privilégier une situation abritée des embruns directs.
6. Peut-on planter ce thuya près des réseaux souterrains ?
Je n’ai pas constaté d’invasion racinaire dans les situations que j’ai observées. Lorsque des réseaux sont signalés, je prévois une protection antiracines spécifique, après vérification des ouvrages et de leurs accès. Ce retour d’expérience ne garantit pas toutes les implantations.
7. Peut-on l’utiliser pour cacher une fosse ou une microstation ?
Un écran peut être envisagé à un emplacement compatible, mais jamais sur les ouvrages ou l’épandage. Il faut respecter la notice du dispositif, préserver l’accès et valider l’implantation auprès de l’installateur ou du SPANC.
8. Ce thuya est-il toxique pour les enfants et les animaux ?
Il ne doit pas être consommé : son feuillage contient notamment de la thuyone. Les préparations concentrées sont particulièrement préoccupantes. Gardez les déchets hors de portée et demandez conseil à un centre antipoison ou à un vétérinaire en cas d’ingestion.
9. Comment tailler un thuya Pyramidalis Compacta devenu trop large ?
Une réduction légère reste possible en conservant du feuillage vert. Une coupe profonde dans le vieux bois risque de laisser des zones dénudées. Si l’arbre dépasse largement l’espace disponible, un diagnostic est préférable à un rabattage brutal.
Par multiplication végétative, généralement par bouturage. Des rameaux semi-aoûtés peuvent être prélevés en fin d’été. Un semis ne garantit pas la conservation des caractères du cultivar.
📍 Intervention sur les secteurs : Pays Basque : Bayonne – Anglet – Biarritz et autres – Landes : Capbreton – Hossegor – Dax - Seignosse et autres. Expert en aménagements paysagers au Pays Basque et dans les Landes.
Les données propres au cultivar sont distinguées des caractéristiques générales de l’espèce. Les conseils de composition locale et les observations en jardinière ou près des réseaux reflètent mon expérience de paysagiste ; ils restent à adapter à chaque terrain.
Dans le cadre de la semaine de la transformation écologique, le Groupement Hospitalier de territoire Navarre/Côte Basque, je vous propose une belle promenade commentée dans le jardin de cet HEPAD de Bayonne.
Loïc BANCE Concepteur de jardins › Blog Jardin › MENU : Radio Jardins d’ici > La 88 : Un EHPAD un Jardin..
📅 Publié le : 14/10/2026 🔄 Mis à jour le : 14/10/2026
Visite du jardin de l'Ehpad du Prissé Bayonne..
« Heureux celui qui s'appuie sur des années sagement remplies. »
Alexandra David-Néel .
Une série de reportage, sans texte pour une fois, seulement des enregistrement réalisé dans le cadre de la semaine de la transformation écologique du GHT Navarre-Côte Basque et ici plus précisément de l'Hôpital de Bayonne et plus localement de l'EHPAD du Prissé de Bayonne. Donc, rendez-vous directement dans le podcast !
📍 Intervention sur les secteurs : Landes : Capbreton – Seignosse -Hossegor – Dax - Mont de Marsan et autres. Pays Basque : Bayonne – Anglet – Biarritz et autres Expert en aménagements paysagers au Pays Basque et dans les Landes.
Octobre : préparer demain sans cesser de profiter d’aujourd’hui.
Bonjour à toutes et à tous, et bienvenue dans Jardins d’ici, votre rendez-vous consacré au jardin, aux plantes, aux paysages et à tous ceux qui aiment mettre les mains dans la terre… ou simplement regarder pousser ce que d’autres ont planté ! Nous voilà en octobre, et octobre est un mois assez étrange au jardin.
Loïc BANCE Concepteur de jardins › Blog Jardin › MENU : Radio Jardins d’ici > La 87 : Octobre au jardin.
📅 Publié le : 01/10/2026 🔄 Mis à jour le : 07/10/2026
Octobre au jardin. Les travaux.
« L’automne est un deuxième printemps où chaque feuille est une fleur. »
Albert Camus .
Il suffit parfois de quelques heures pour avoir l’impression de changer de saison. Le matin, on enfile une veste. À midi, on la retire. À quinze heures, on se demande si finalement l’été n’est pas revenu. Et le soir, on cherche à nouveau la petite laine.
Au Pays basque et dans le Sud des Landes, octobre sait particulièrement bien jouer à ce petit jeu. Il peut nous offrir des journées magnifiques, presque estivales, puis une période de pluie, du vent venu de l’océan, des nuits beaucoup plus fraîches… avant que le soleil ne revienne.
Et le jardin, lui, s’adapte. Les couleurs changent, les jours raccourcissent, les premières feuilles tombent. Les graminées prennent des teintes dorées. Certaines floraisons estivales s’essoufflent alors que d’autres plantes semblent justement avoir attendu l’automne pour entrer en scène, je pense tout naturellement à l’anémone September charm.
📍 Intervention sur les secteurs : Landes : Capbreton – Seignosse -Hossegor – Dax - Mont de Marsan et autres. Pays Basque : Bayonne – Anglet – Biarritz et autres Expert en aménagements paysagers au Pays Basque et dans les Landes.
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Parce que le jardin n’est pas uniquement un endroit dans lequel on travaille. C’est aussi un endroit dans lequel on vit. Et sous prétexte que nous sommes en automne, il serait dommage d’abandonner brutalement la terrasse, les fauteuils, la table extérieure et tout ce qui fait le plaisir du jardin.
Agenda : Fête de la courge au Jardin partagé participatif Montauby Grand Jean de Saint martin de Seignanx samedi 10-10-26 : 87 Rue Artemis, 40390 Saint-Martin-de-Seignanx.
OCTOBRE : COMMENÇONS PAR REGARDER LE JARDIN.
Avant de sortir le sécateur, la tondeuse, la bêche et tout l’arsenal du parfait jardinier, je voudrais commencer par un conseil extrêmement simple : regardez votre jardin. Oui, regardez-le, parce qu’après l’été, octobre est un excellent mois pour faire un bilan. Bilan que l’on a en partie fait en septembre…
Je sais que vous êtes fatigué par les canicule successives, le jardinage sous de fortes chaleurs, mais restons concentré. Quand je découvre un jardin dans le cadre d’une étude paysagère, je ne regarde jamais seulement les plantes, je regarde les circulations, les expositions, les vents dominants, les zones humides, les zones sèches, les ombres, les vues, les usages…
Et octobre nous révèle énormément de choses.
Après l’été, certaines erreurs deviennent visibles, une plante installée au mauvais endroit vous le fait comprendre, une terrasse exposée plein ouest peut rappeler brutalement qu’elle manque d’ombrage. Une zone complètement grillée en été nous indique parfois que le végétal choisi n’était tout simplement pas adapté, et c’est important, parce que jardiner intelligemment ne consiste pas toujours à intervenir davantage. Parfois, il faut simplement mieux observer avant d’agir.
Le jardin à t-il souffert cet été.?
En octobre, certaines plantes portent encore les stigmates de l’été. Feuilles brûlées, rameaux desséchés, floraisons écourtées, pelouse clairsemée… Notre premier réflexe pourrait être de vouloir tout couper.
Attention : Une plante qui paraît triste n’est pas nécessairement morte, avant de condamner un arbuste, observez les rameaux. Grattez très légèrement l’écorce d’une petite branche avec l’ongle. Si le tissu situé dessous est encore vert, la branche est vivante. Et surtout, ne confondons pas nettoyage et acharnement, un jardin n’a pas besoin d’être passé au Kärcher végétal chaque automne !
Certaines parties sèches peuvent rester en place, les inflorescences fanées de nombreuses vivaces et graminées peuvent être magnifiques lorsqu’elles attrapent la rosée ou le givre, elles offrent aussi nourriture ou refuge à une petite faune.
Alors oui, on nettoie ce qui est malade, on retire ce qui risque de contaminer d’autres plantes, on enlève ce qui gêne réellement. Mais on peut aussi apprendre à accepter qu’un jardin d’automne ne ressemble pas à un jardin du mois de mai. Et heureusement !
S’il y a une phrase à retenir aujourd’hui, c’est peut-être celle-ci : octobre est un formidable mois pour planter. Octobre, avec aussi novembre sous nos latitudes, mais on y reviendra avec la Sainte Catherine.
Pourquoi octobre ?
Parce que le sol conserve encore une partie de la chaleur accumulée pendant l’été, tandis que les températures de l’air diminuent et que l’humidité revient généralement.
Autrement dit, les conditions deviennent très intéressantes pour le développement des racines. Lorsque nous plantons au printemps, la plante doit parfois accomplir plusieurs choses en même temps : développer ses racines, produire des feuilles, fleurir et, quelques semaines plus tard, affronter la chaleur du premier été ou d’un canicule printanière précoce.
En automne, la situation est différente.
La partie aérienne ralentit progressivement son activité, mais le sol peut rester suffisamment doux pour permettre aux racines de continuer leur installation. La plante prépare donc tranquillement son avenir. Elle travaille sous terre, et au printemps suivant, lorsque la végétation redémarrera, elle aura déjà pris possession d’une partie de son nouvel environnement. C’est pour cela qu’une plantation automnale bien conduite permet souvent une meilleure implantation et une meilleure résistance à la sécheresse l’été suivant. Je me répète, mais si une plante a pour principale ennemis, la chaleur de l’été, planter en début d’automne offre à la plante trois saisons pleines, automne, hiver et printemps, trois saisons pleines pour s’installer correctement avant la quatrième saison, l’été !
Attention toutefois à ne pas transformer cette règle en dogme. Planter en automne ne signifie pas planter n’importe quoi, n’importe où et dans n’importe quelles conditions. Dans une terre extrêmement lourde et gorgée d’eau en hiver, certaines plantes sensibles à l’humidité préféreront une plantation printanière, et une plante très frileuse installée juste avant l’hiver peut évidemment rencontrer quelques difficultés. Là encore le printemps sera pour elle la meilleure période pour profiter de trois saisons pleines, le printemps, l’été, l’automne avant d’affronter la quatrième, l’hiver ! C’est principalement vrai pour les plantes méditerranéennes ou exotiques.
Comme toujours au jardin : on observe le sol, l’exposition, le climat et la plante.
D’abord, préparez un trou suffisamment large, je préfère généralement un trou plus large que profond.
Pourquoi ?
Parce que les jeunes racines vont surtout avoir besoin de coloniser progressivement le sol autour de la motte. Si vous plantez une haie en terre lourde, préférez une tranchée à des trous individuels. Vos trous risque de devenir une cuvette pleine d’eau ou vos plantes vont stagnées. Une tranchée et certes plus de travail, mais elle sera naturellement drainante !
Ensuite, regardez les racines : Lorsqu’une plante est restée longtemps dans son conteneur, les racines peuvent avoir tourné en rond. C’est ce que l’on appelle parfois un chignon racinaire. Si vous plantez la motte telle quelle, les racines peuvent continuer à tourner, il faut donc délicatement les libérer.
Puis vient une étape trop souvent négligée : l’arrosage. Et là j’entends déjà quelqu’un me dire : « Mais Loïc, il pleut en automne ! » Oui. Parfois. Mais la pluie ne remplace pas nécessairement l’arrosage de plantation. Lorsque vous plantez un arbre ou un arbuste, un arrosage abondant permet notamment de mettre correctement la terre en contact avec les racines et de supprimer certaines poches d’air. Donc même si le ciel menace de vous tomber sur la tête dans l’heure qui suit, arrosez votre plantation.
Enfin, pensez au paillage.
Et justement, en octobre, la nature commence à nous fournir gratuitement l’un des meilleurs matériaux possibles. Les feuilles mortes. Nous allons y revenir.
PLANTER UN ARBRE, C’EST AUSSI PENSER À SA TAILLE ADULTE.
Octobre donne souvent envie de planter.
Et c’est très bien. Mais lorsque vous achetez un petit arbre d’un mètre cinquante dans une pépinière, essayez d’imaginer ce qu’il deviendra dans dix, vingt ou trente ans. C’est probablement l’une des erreurs les plus fréquentes dans les jardins.
On plante pour aujourd’hui, alors qu’un arbre se plante pour demain.
Avant de choisir son emplacement, posez-vous quelques questions : Quelle sera sa hauteur adulte ? Quelle sera la largeur de son houppier ? Comment ses racines vont-elles se développer ? Est-il adapté au sol ? Va-t-il supporter le vent ? Son feuillage est-il persistant ou caduc ? Va-t-il créer de l’ombre sur une terrasse ? Et cette ombre sera-t-elle bienvenue en juillet… mais gênante en janvier ?
Voilà pourquoi la conception d’un jardin est passionnante, on travaille avec le temps. Un paysagiste ne dessine pas seulement ce que sera le jardin au moment de sa livraison, il imagine ce qu’il deviendra.
LES BULBES : PLANTER AUJOURD’HUI DES FLEURS QUE L’ON A PRESQUE OUBLIÉES .
Octobre, c’est aussi le grand moment des bulbes de printemps.
Tulipes, narcisses, crocus, muscaris, jacinthes, alliums… C’est un geste que j’aime beaucoup parce qu’il demande un peu de confiance, on creuse un trou, on place quelque chose qui ressemble parfois davantage à un petit oignon qu’à une future fleur, on rebouche, et ensuite… plus rien, pendant des semaines, puis l’hiver passe, et un matin de février ou de mars, on aperçoit une petite pointe verte.
Et là, on se souvient : « Ah oui ! J’avais planté ça ! » Mais c’est quoi au juste ?
Je vous conseille donc de garder les étiquettes et de les installer au jardin sur un piquet afin de vous rappeler ce que vous avez mis en terre… ou un croquis, ça marche aussi ! Et quand la plantes sort le bout de son nez, c’est presque un cadeau que l’on s’est fait plusieurs mois auparavant.
Pour obtenir un effet naturel, évitez parfois les alignements trop stricts. Vous pouvez lancer doucement quelques bulbes sur le sol et les planter là où ils sont tombés, le résultat sera souvent plus spontané. On peut aussi installer les bulbes entre des vivaces ou sous certains arbres caducs, au printemps, ils profiteront de la lumière avant que les arbres n’aient complètement retrouvé leur feuillage. Et l’avantage avec les vivaces, c’est qu’un fois fanées, vos bulbes seront recouverts par les vivaces, et la matière pourra redescendre complétement dans le bulbe sans que vous ayez la vision d’une tulipe fanée au jardin, et de plus, le fait de laisser la matière redescendre complétement dans le bulbes permettra à ce dernier de refleurir l’année prochaine et de durer des années.
Octobre est également très intéressant pour installer de nombreuses vivaces rustiques. Et si vous souhaitez donner du mouvement au jardin, pensez aux graminées, a cette période de l’année, elles prennent tout leur sens.
Les Miscanthus, Pennisetum, Calamagrostis et beaucoup d’autres offrent des silhouettes extraordinaires. Le soleil d’octobre est plus bas sur l’horizon, il traverse les inflorescences, et soudain, une plante qui paraissait presque ordinaire au mois de juin devient lumineuse.
C’est aussi cela, concevoir un jardin, ne pas seulement réfléchir aux fleurs, mais réfléchir à la lumière, aux transparences, aux mouvements, aux textures. Un jardin réussi en octobre n’est pas forcément un jardin couvert de fleurs, il peut être beau simplement grâce à une graminée qui bouge dans le vent devant une lumière rasante. Et pour vous aider, je vous mets également le lien de toutes ces graminées sur mon blog, loicbance.canalblog.com, tapez « graminées » dans la barre de recherche en haut à droite et faite votre choix !
LES FEUILLES MORTES : ARRÊTONS DE JETER DE L’OR BRUN.
Voilà probablement l’un de mes sujets préférés en automne.
Les feuilles mortes. Chaque année, la nature nous livre gratuitement des tonnes de matière organique. Et que faisons-nous parfois ? Nous les mettons dans des sacs pour les faire partir. C’est assez extraordinaire quand on y pense. Nous achetons du compost, du terreau et du paillage…tout en évacuant une matière capable de participer à la fabrication de l’humus de notre propre jardin. Alors évidemment, toutes les feuilles ne doivent pas nécessairement rester exactement là où elles tombent, sur une terrasse, elles peuvent devenir glissantes, dans une allée, elles peuvent être gênantes, sur une pelouse, une couche épaisse et humide peut étouffer le gazon, dans un bassin, une accumulation importante peut dégrader la qualité de l’eau.
Donc oui, on ramasse, mais ramasser ne signifie pas jeter. Déplacez-les, sous les haies, dans les massifs, au pied de certains arbres et arbustes, dans le compost, ou fabriquez un terreau de feuilles.
Vous pouvez même passer la tondeuse sur les feuilles déposées sur la pelouse pour les broyer, elles se décomposeront beaucoup plus rapidement.
Les feuilles mortes peuvent protéger le sol contre les pluies battantes, limiter certaines adventices, conserver l’humidité et progressivement nourrir la vie du sol. Voilà un changement de regard intéressant : une feuille morte n’est pas un déchet, c’est une feuille qui commence sa deuxième vie.
Profitons justement des feuilles mortes pour parler du sol.
Nous regardons énormément les plantes, mais beaucoup moins ce qu’il y a dessous. Pourtant, sans sol vivant, difficile d’avoir durablement de belles plantes. Une poignée de terre n’est pas simplement un support dans lequel on plante quelque chose, c’est un milieu vivant. Bactéries, champignons, vers de terre et quantité de petits organismes participent à la transformation de la matière organique.
Alors en automne, plutôt que de laisser certaines terres complètement nues, protégez-les. Comment ? Avec du paillage, des feuilles, du broyat ou avec un engrais vert au potager. La nature laisse rarement longtemps un sol nu, et il y a une raison. Une terre couverte résiste mieux aux intempéries. Dans notre région, c’est particulièrement intéressant lorsque les pluies automnales deviennent fortes. Une goutte de pluie qui frappe directement une terre nue peut participer à la dégradation de sa structure superficielle, un couvert végétal ou un paillage amortit cet impact. Bref, couvrir son sol, c’est un peu lui mettre un manteau, sauf que ce manteau finit par se transformer en nourriture. Plutôt pratique !
Et puisque nous parlons de matière organique, allons faire un tour du côté du composteur. En octobre, il reçoit beaucoup de matière. Résidus du potager, feuilles, déchets de cuisine, petites tailles broyées… Attention toutefois à l’équilibre. Si vous remplissez uniquement votre composteur de feuilles sèches, la décomposition peut être lente. Si vous le remplissez uniquement de matières très humides, vous risquez d’obtenir quelque chose de compact et peu aéré.
Il faut mélanger des matières plutôt carbonées : feuilles sèches, petites brindilles broyées, carton brun non imprimé en morceaux… Et des matières plus riches en azote : déchets frais de cuisine, tontes en quantité raisonnable, résidus verts du potager…
Et surtout : de l’air. Un compost n’est pas une poubelle, c’est un milieu vivant. On a fait une émission sur ce sujet en novembre 2025, c’était la N°45 Le compostage de A à Z disponible sur le blog, tapez compost dans la barre de recherche du blog.
Après l’été, elle peut avoir fière allure… ou ressembler à une vieille moquette ayant traversé quelques déménagements. Pas de panique. Avec le retour de températures plus douces et de l’humidité, le gazon peut retrouver de la vigueur.
Octobre peut encore être propice au regarnissage lorsque les conditions restent favorables. Avant de semer, préparez correctement le sol : Griffez les zones dégarnies, retirez le feutre excessif si nécessaire, semez, un apport d’engrais organique peut être bénéfique à ce moment, ensuite, passez légèrement le râteau et tassez. Et maintenez suffisamment d’humidité pour permettre la germination.
Concernant la tonte, progressivement, on espace.
Et surtout, évitez de tondre trop court. Une pelouse rasée à quelques millimètres n’est pas nécessairement une pelouse en meilleure santé. En automne, laissez lui un peu de hauteur, même si on peut logiquement tondre un peu plus court qu’en été, à vous de trouver le juste milieu. Et lorsque les feuilles commencent à tomber en masse, évitez qu’elles restent en couche épaisse sur le gazon.
Ramassez-les… …et vous savez maintenant où les mettre ! Dans les massifs, sous les haies, ou au compost… La boucle est bouclée. Et pour vous aider, vous en avez maintenant l’habitude, tapez pelouse dans la barre de recherche du blog loicbance.canalblog.com.
AU POTAGER : L’ÉTÉ S’EN VA, MAIS LE POTAGER NE FERME PAS.
Passons au potager.
Les tomates commencent sérieusement à comprendre que la fête touche à sa fin, les courgettes sont moins enthousiastes, les haricots ralentissent, les courges, elles, commencent à prendre toute leur importance. Octobre est donc un mois de transition. On récolte encore : Carottes, betteraves, céleris-raves, courges et différents légumes racines selon ce que vous avez semé.
Les dernières tomates vertes peuvent être récoltées avant une période vraiment froide et terminer leur maturation à l’abri. Pour les courges destinées à la conservation, manipulez-les avec précaution, une blessure sur l’épiderme peut devenir une porte d’entrée pour les pourritures. Conservez-les dans un endroit sec, aéré et adapté. Mais surtout, ne pensez pas que le potager ferme ses portes. On peut encore cultiver : Mâche, épinards et différents légumes d’hiver peuvent prendre le relais selon les conditions et les variétés.
C’est une autre façon de jardiner plutôt destinée aux connaisseurs, on passe du potager de l’abondance estivale au potager de patience.
Que faire des pieds de tomates.
Voilà une question qui revient souvent. Que faire des vieux pieds de tomates ? S’ils sont parfaitement sains, ils peuvent rejoindre le compost, idéalement coupés en morceaux pour accélérer leur décomposition. En revanche, s’ils présentent des maladies importantes, notamment des symptômes suspects de maladies cryptogamiques, soyez prudent, l’objectif est d’éviter de conserver un inoculum qui pourrait poser problème plus tard. Et profitez du nettoyage pour regarder votre sol, ne le laissez pas forcément nu tout l’hiver. Un paillage ou un couvert végétal peut être beaucoup plus intéressant qu’une terre exposée aux pluies pendant plusieurs mois.
Les engrais verts.
Nous en parlons régulièrement, mais octobre est une bonne occasion de rappeler l’intérêt des engrais verts. Sur une parcelle libérée du potager, plutôt que de laisser le sol nu, on peut semer certaines plantes destinées non pas à être récoltées pour être mangées, mais à améliorer ou protéger le sol : Seigle, vesce, trèfle incarnat ou d’autres espèces selon la période, le terrain et la rotation choisie. Elles occupent le sol, leurs racines travaillent la terre, elles captent certains éléments nutritifs, et une fois fauchées, elles produisent de la matière organique.
Voilà encore une fois une philosophie intéressante : nourrir le sol avant de demander au sol de nous nourrir.
Pommes, poires, raisins, noix, noisettes… Selon les variétés et les situations, les récoltes se poursuivent. Ramassez également les fruits tombés au sol, un fruit pourri abandonné sous l’arbre peut devenir un réservoir intéressant pour certaines maladies ou certains ravageurs.
Et octobre est également un bon moment pour réfléchir aux futures plantations fruitières. Vous rêvez d’un pommier ? D’un poirier ? D’un figuier ? D’un kaki ? Avant d’acheter, ne choisissez pas uniquement une variété parce que la photographie de l’étiquette est jolie. Renseignez-vous sur son développement, son adaptation au terrain, ses besoins de pollinisation, hé oui, un arbre seul peut parfois rester stérile, il lui faut un ou une compagne ! et sa sensibilité, pas amoureuse, mais aux éventuelles maladies. Et, encore une fois, imaginez sa taille adulte, le petit fruitier que vous ramenez aujourd’hui dans le coffre de la voiture n’a pas nécessairement prévu de rester petit toute sa vie !
LES ROSIERS ET LES MASSIFS : NE TAILLONS PAS TOUT.
Dans les massifs, la tentation automnale est grande.
On veut que ce soit propre, alors on coupe, puis on recoupe, puis on découvre une branche un peu de travers… Et tant qu’à avoir le sécateur dans la main… Stop ! Octobre ne doit pas devenir le mois du grand massacre végétal.
Pour les rosiers, retirez les parties malades et les feuilles fortement atteintes qui risquent de conserver des problèmes sanitaires. Mais les cynorhodons ou églantine peuvent être intéressants. Ce sont les fruits des rosiers, ils sont décoratifs et peuvent aussi constituer une ressource pour la faune.
Même chose pour certaines vivaces, une tête sèche d’échinacée, par exemple, peut encore avoir un intérêt esthétique et écologique. Les graminées, surtout, gagnent souvent à rester en place pendant l’hiver, imaginez un Miscanthus couvert de givre un matin de janvier… Si vous l’avez coupé au ras du sol en octobre, le spectacle sera forcément moins impressionnant ! On aura largement le temps d’intervenir plus tard.
LE JARDIN ET LA BIODIVERSITÉ : LAISSEZ UN PEU DE DÉSORDRE.
Et cela nous amène à la biodiversité.
Nous avons longtemps voulu des jardins parfaitement propres, pas une feuille, pas une branche, pas une herbe qui dépasse. Mais pour une grande partie de la petite faune, notre notion humaine de « propre » ressemble surtout à une absence totale d’abris. Un tas de feuilles sous une haie, quelques branches dans un coin tranquille, des tiges creuses conservées, un espace un peu moins entretenu, tout cela peut devenir un refuge.
Le hérisson, notamment, recherche à l’automne des endroits protégés pour passer la mauvaise saison, donc si vous avez la possibilité de conserver un petit espace tranquille, faites-le. Et surtout, avant de déplacer brutalement un tas de feuilles ou de branches en plein hiver, vérifiez que personne n’y a élu domicile.
Un jardin vivant n’est pas un jardin sale, c’est un jardin dans lequel on accepte que nous ne soyons pas les seuls habitants.
LES PLANTES EN POT : ATTENTION À L’EAU PLUS QU’AU FROID.
Parlons maintenant des terrasses et des plantes en pot.
Nous pensons souvent immédiatement au gel, mais dans notre région, un autre problème peut devenir particulièrement important : l’excès d’eau. Une plante installée en pleine terre dispose d’un volume important pour ses racines, dans un pot, elle dépend complètement de ce petit univers que nous avons fabriqué.
Lorsque les pluies deviennent régulières, une soucoupe remplie d’eau peut maintenir le substrat constamment détrempé, et certaines plantes détestent cela. Pensez donc à vérifier le drainage, retirez éventuellement les soucoupes lorsque leur présence n’est plus utile, surélevez légèrement certains pots et protégez les plantes réellement frileuses avant les premiers épisodes froids : Agrumes, bougainvilliers, certaines plantes grasses ou plantes d’origine subtropicale demanderont une attention particulière selon leur situation.
Mais là encore : ne transformez pas systématiquement votre salon en serre tropicale dès le premier octobre ! Adaptez-vous aux températures réelles.
LES MOUSTIQUES : OCTOBRE NE SIGNIFIE PAS FORCÉMENT LA FIN.
Puisque nous parlons d’eau stagnante… Un petit rappel.
Avec la douceur automnale que nous pouvons connaître, octobre ne signifie pas nécessairement la disparition immédiate des moustiques. Alors continuez à surveiller les petites réserves d’eau inutiles : Soucoupes, seaux, bâches, Jouets d’enfants oubliés, arrosoirs, petits récipients et nettoyer correctement vos gouttières, ça sera également bénéfique pour évacuer correctement les pluies automnales.
Une petite quantité d’eau peut suffire au développement larvaire de certains moustiques, nous en avons déjà beaucoup parlé dans Jardins d’ici : le meilleur traitement commence souvent par la suppression des gîtes larvaires. Autrement dit, plutôt que d’essayer de tuer des centaines de moustiques adultes, empêchons déjà quelques centaines de larves de devenir adultes. Là encore, vous pouvez réécouter ou lire l’émission N°66 du 15 avril 2026 Les moustiques au jardin pour compléter votre information, tapez « moustiques » dans la barre de recherche du blog.
Si vous avez un bassin, retirez régulièrement une partie des feuilles qui tombent dans l’eau. Quelques feuilles ne vont évidemment pas provoquer l’apocalypse, mais une accumulation importante de matière organique au fond du bassin peut poser problème en se décomposant.
On peut installer temporairement un filet au-dessus d’un petit bassin lorsque la chute des feuilles devient vraiment importante.
Mais n’oublions jamais qu’un bassin est lui aussi un écosystème, l’objectif n’est donc pas de le transformer en baignoire stérile.
Avec le retour des pluies, nous avons tendance à oublier l’arrosage.
Pour les plantes installées depuis plusieurs années, c’est souvent logique, mais attention aux plantations récentes et au pots placer sous les avants toits. Un arbre planté en octobre devra être arrosé à la plantation et suivi ensuite en fonction des précipitations.
Et n’oubliez pas une chose : une petite pluie n’arrose pas nécessairement profondément le sol, parfois, les premiers centimètres sont humides et la terre reste sèche dessous. Plutôt que de vous fier uniquement à l’apparence du sol, vérifiez, enfoncez un doigt, grattez légèrement, Observez. Le jardinier possède des dizaines d’outils… mais l’un des plus efficaces reste encore son index !
Au Pays basque et dans le Sud des Landes, octobre peut aussi nous rappeler que nous habitons près de l’océan. Le vent revient, profitez-en pour vérifier les tuteurs des jeunes arbres. Un tuteur n’a pas vocation à immobiliser complètement un arbre, le tronc doit pouvoir bouger légèrement afin de se renforcer. Il vous faudra donc pouvoir l’élargir les premières années. En revanche, la motte ne doit pas être constamment déstabilisée par les coups de vent.
Vérifiez donc les attaches, assurez-vous qu’elles ne blessent pas l’écorce. Contrôlez également pergolas légères, voiles, parasols et mobilier. Le parasol oublié ouvert pendant un coup de vent d’automne possède une capacité étonnante à découvrir des endroits du jardin où vous ne l’aviez jamais installé.
Il y a du travail au jardin, mais on peu aussi en profiter !
Jardins d’ici – Moi, mon voisin et la loi au jardin. Aujourd'hui dans Jardins d'ici, nous allons parler d'un sujet qui peut faire pousser beaucoup plus vite les tensions que les plantes, mais si ça peut faire pousser, ça peut faire aussi tousser.
Loïc BANCE Concepteur de jardins › Blog Jardin › MENU : Radio Jardins d’ici > La 86 : La loi au jardin.
📅 Publié le : 30/09/2026 🔄 Mis à jour le : 30/09/2026
🏦Moi, mon voisin… et la loi au jardin !.
« Les bonnes clôtures font les bons voisins. »
Robert Frost dans Mending Wall (Réparer le mur). poète américai.
Imaginez. Vous plantez un petit arbre au fond du jardin, il est magnifique, votre voisin le trouve magnifique, Tout va bien. Dix ans passent, l'arbre mesure maintenant huit mètres, ses branches dépassent au-dessus de la clôture, ses feuilles tombent dans la piscine du voisin et ses racines commencent à soulever son dallage. Curieusement, votre voisin le trouve beaucoup moins magnifique, et un matin, vous entendez : « Ton arbre dépasse chez moi ! » Et vous répondez : « Oui, mais il était là avant toi ! » À cet instant précis, le jardinage vient de quitter le jardin, et le Code civil vient d'entrer par le portillon.
📍 Intervention sur les secteurs : Landes : Capbreton – Seignosse -Hossegor – Dax - Mont de Marsan et autres. Pays Basque : Bayonne – Anglet – Biarritz et autres Expert en aménagements paysagers au Pays Basque et dans les Landes.
Si la mitoyenneté était la seul problématique au jardin...
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Aujourd'hui, je vous propose donc une promenade un peu particulière, nous allons partir de votre maison, traverser votre jardin, longer la clôture du voisin, passer devant la route, suivre un petit ruisseau et terminer près d'une forêt en passant par les rails… Et à chaque étape, une question : au jardin, suis-je vraiment chez moi ?
La réponse va être assez amusante : Oui… mais pas complètement. Mais à notre petite phrase d’introduction, « Les bonnes clôtures font les bons voisins. » je lui ajouterais volontiers : Les bonnes plantations font aussi les bonnes clôtures.
Parce qu'un arbre mal placé aujourd'hui peut devenir un très beau conflit de voisinage dans vingt ans ou moins… Donc, un petit voyage dans votre jardin, ou plutôt votre jardin imaginaire, vous allez voire que cette propriété est quelque peu atypique, mais imaginons que c’est la vôtre ! on part pour, comme au tour de France, pour un voyage en plusieurs étapes.
Première étape : la clôture.
Nous sommes donc chez vous, devant nous, votre jardin, et au bout… vôtre « forcément » sympathique voisin. Commençons par la question probablement la plus célèbre. À quelle distance puis-je planter mon arbre ?
En l'absence de règles particulières ou d'usages locaux différents, le Code civil prévoit deux grandes distances. Bien sûr il existe nombre de distance en fonction de l’arbre à respecter suivant leurs emplacements au jardin, mais ce sont des distances de techniques paysagères. Ici nous parlons de règlement, de loi, de PLU ou de PLUi ou de règlement de copropriétés ou de lotissements.
Mais arrêtons-nous sur le cadre législatif national en vigueur.
Si ma plantation dépasse 2 mètres de hauteur, elle doit être située à au moins 2 mètres de la limite séparative. Si elle ne dépasse pas 2 mètres, elle peut être située à partir de 50 centimètres de cette limite.
Mais comme je suis un paysagiste avec quelque peu d’expérience, je vous vois déjà essayé de gruger… j’ai l’œil et même si nous sommes à la radio je vous vois, j’ai les noms de ceux qui se dise : Yes, je connais le moyen de contourner le problème ! je vous arrête tout de suite.
Ce n'est pas : « mon arbre fait actuellement 1,50 mètre, donc je peux le planter à 50 centimètres ». Nenni que dieu nenni…. Ce qui compte, c'est la hauteur à laquelle la plantation sera maintenue. Parce qu'un petit cyprès acheté en jardinerie n'a pas signé de contrat lui interdisant de grandir à plus de deux mètres.
Et comme un jardinier averti en vaut deux, petit cas pratique : Je plante une haie de lauriers palme à 80 centimètres de mon voisin.
Bon, déjà, ce n’est pas une bonne idée, le Laurier palme, aussi appelé Laurier cerise ou Laurier amande, ou laurier de Trébizonde ou encore laurelle donc, déjà pas mal de nom qui peuvent porter à confusion l’lorsque l’on parle de cet arbuste, je lui préfère donc son nom latin : Prunus laurocerasus. Les noms latins sont quelquefois un peu compliqués, mais au moins on parle tous de la même chose, de la même plante.
Donc déjà cette plante le Laurier palme, Prunus Laurocerasus devient une plante invasive. Je vous propose doc de changer de plante, prenons un Abélia Grandiflora, je préfère cette plante, je vous mets le lien de sa fiche technique sur le Blog dans cette émission : loicbance.canalblog.com Menu : Radio Jardin d’ici ou directement dans la barre de recherche en haut à droite tapez : Abélia. Et sélectionnez Abélia Grandiflora.
Donc, je plante ma haie d’Abélia Grandiflora, je peux la maintenir sous les deux mètres sans problèmes. Mais si quelques années plus tard elle atteint quatre mètres, le voisin pourra, sous réserve des situations particulières prévues par la loi, demander qu'elle soit ramenée à la hauteur autorisée.
D'où mon premier conseil de paysagiste : ne plantez jamais seulement pour aujourd'hui, regardez la taille adulte de la plante.
On à vue votre haie, mais quand est-il de mon arbre, mon magnifique arbre qui fait la fierté du jardin. Certes il à bien grandi, on l’a planté à la naissance du petit, on y tient donc. C’était un tout petit bout de bois, pas plus grand que notre enfant, mais il est vrai que maintenant c’est le plus grand du jardin. Tellement grand que mon « forcément » sympathique voisin commence à s’exciter quelque peur, trop d’ombre, trop de feuilles, bref, je vois bien que le conflit n’est pas loin… mais j’ai la réponse magique qui va tout régler : la phrase magique.
Phrase magique ou supposée magique. « Cet arbre est là depuis quarante ans. Personne ne peut me demander de le couper ! » Eh bien… ce n'est pas aussi simple. Il existe effectivement une prescription trentenaire dans le Code civil pour certaines situations concernant les distances et hauteurs des plantations. Mais ce n'est pas simplement l'âge de l'arbre qui décide de tout. Il faut notamment déterminer depuis quand existe la situation permettant au voisin d'agir. Et surtout, cette prescription ne règle absolument pas toutes les questions concernant cet arbre.
Parce que notre chêne de cinquante ans vient justement de passer une branche au-dessus de la clôture. Et on arrive après ma haie contre ma clôture.
Deuxième étape : la branche qui dépasse.
Question : Puis-je couper la branche cette branche qui dépasse sur mon terrain, ou mon voisin peut-il couper cette branche qui dépasse ?
Réponse : Non. Et celle-là surprend beaucoup de monde.
Le Code civil permet de demander au propriétaire de l'arbre de couper les branches qui avancent sur sa propriété. Mais je ne peux pas simplement prendre ma tronçonneuse et couper moi-même ses branches et mon voisin non plus. Et le droit de demander leur coupe est imprescriptible. « Un droit imprescriptible est un droit qui ne peut jamais s'éteindre, se perdre ou disparaître avec le temps, peu importe le nombre d'années qui passent ou le fait qu'on ne l'utilise pas. » Autrement dit, le fait que l'arbre soit là depuis cinquante ans ne suffit pas à faire disparaître ce droit.
Cas pratique : Le magnifique chêne de Jean dépasse de trois mètres chez Pierre.
Pierre dit : « La branche est chez moi, je la coupe. » Non. Il doit demander à Jean de la couper.
Mais attendez… Parce que sous terre, c'est différent. Et c’est le sujet de notre...
Les racines du même arbre passent maintenant sous la clôture. Décidément on n’en fini pas avec cet arbre… Et cette fois, le Code civil permet au voisin de couper lui-même les racines qui avancent sur son terrain, à la limite séparative. Nous avons donc cette situation assez étonnante :
La branche : je ne coupe pas moi-même.
La racine : je peux couper à la limite.
Mais là, je vais remettre ma casquette de paysagiste. Ce n'est pas parce que la loi autorise quelque chose que la biologie de l'arbre trouve l'idée excellente. Si vous sectionnez une grosse racine maîtresse d'un arbre adulte, vous pouvez fragiliser son ancrage et si six mois plus tard, pendant une tempête, l'arbre tombe… nous venons peut-être de transformer un petit conflit de racines en très gros problème. Pour un arbre important, mieux vaut donc faire intervenir un professionnel compétent. Cette loi est valable pour les brindilles et les ronces, là il y a moins de risques.
Et les bambous ? Cette herbe géante.
Ah… Les bambous. Une plante qui semble avoir une conception extrêmement personnelle de la propriété privée. Vous plantez trois bambous chez vous. Deux ans plus tard, vous en avez trente. Trois ans plus tard, votre voisin en a douze alors qu’il n'en avait planté aucun. Il faut croire que vous êtes partageur 😉
Les bambous traçants produisent des rhizomes capables de voyager sous la clôture. Et je remets une fois encore ma casquette de paysagiste, on vous propose aussi des bambous semi-traçant ou encore mieux, non traçants.
ATTENTION : Si le bambou manque d’eau, traçants ou pas, il ira à se recherche… donc, barrière anti-Rhizomes obligatoire, car, il n'existe pas une mystérieuse « loi du bambou ». La règle concernant les racines et le trouble anormal de voisinage peuvent entrer en jeu.
Donc, je récapépéte : Conseil du paysagiste, avec un bambou traçant ou nom, réfléchissez avant la plantation à la maîtrise des rhizomes.
Parce qu'une barrière anti-rhizomes correctement installée coûte généralement moins cher qu'un conciliateur, un expert et deux voisins qui ne se disent plus bonjour. Les disputes entre voisin pour une brindille sont aussi vielle que l’histoire de la pomme avec Adam et Ève.
Et puisque l’on parle d’Adam et Eve, parlons de pommes, parlons de fruits au jardin et de la loi. La loi étant représenté par une balance, mettons-y nos fruits, pesons-les et passons à notre...
Restons sous l’arbre. Une branche dépasse chez moi, une pomme tombe. À qui appartient-elle ? À moi. Les fruits tombés naturellement des branches qui avancent sur ma propriété m'appartiennent. Mais attention : je peux ramasser la pomme tombée. Je ne peux pas cueillir tranquillement celles encore accrochées à l'arbre.
J'aime beaucoup cette règle. Le Code civil nous dit finalement : vous pouvez manger la pomme… mais attendez qu'elle tombe. Ou alors, pas vue pas pris… Je dis ça je ne dis rien… Mais mon « forcément » Sympathique voisin ne devrait pas trop s’offusquer que je lui prenne quelques pommes sur mon terrain, de toutes façons, puis que l’on est fâché depuis l’histoire de la haie et de l’arbre, il ne pourra pas venir chez mois les cueillir… Mais, attention, le droit s’applique ! De plus, que les feuilles de votre arbre, on est en automne, tombe à foison dans sa piscine ! Ce qui nous emmène à la...
Et là, les relations se compliquent. « Votre arbre met des feuilles dans ma piscine ! » Oui. Mais posséder une piscine à côté d'arbres implique éventuellement… des feuilles. Tout désagrément n'est pas automatiquement un trouble anormal de voisinage. C'est justement le mot « anormal » qui compte.
Quelques feuilles, des fleurs, du pollen, quelques glands ou un peu d'ombre font partie de la vie ordinaire d'un jardin. Mais si une nuisance devient particulièrement importante, répétée et dommageable, son appréciation peut changer. Il n'existe donc pas une règle du genre : « Trois feuilles : normal. Quatre feuilles : tribunal. » En plus ça rime, c’est pas mal, j’aime bien !
Heureusement le contexte compte énormément. Il va falloir expliquer cela à votre « forcément » sympathique voisin. Mais que cela ne vous empêche pas de dormir ! Ce qui nous emmène à la sixième étape. Avec toutes ces étapes, j’ai l’impression de refaire te le tour de France.
Sixième étape : Il est dimanche. Il est 7 h 32. Vous dormez.
Et soudain… VRRROOOOOOM ! la tondeuse du dimanche matin.
Votre voisin vient apparemment de décider que sa pelouse avait besoin d'une intervention chirurgicale immédiate.
Alors : a-t-il le droit ?
La réponse dépend notamment de la réglementation locale. Il n'existe pas un horaire national unique de tonte applicable exactement de la même façon dans toutes les communes françaises. Des arrêtés préfectoraux ou municipaux peuvent encadrer les horaires des tondeuses, débroussailleuses, taille-haies, tronçonneuses, souffleurs et autres appareils bruyants. Il faut donc vérifier les règles de sa commune. Et même pendant une plage autorisée, une nuisance peut devenir problématique par sa répétition, sa durée ou son intensité.
Donc non : « J'ai le droit de tondre à cette heure-là » ne signifie pas « j'ai le droit de tondre pendant cinq heures sous la fenêtre du voisin ».
Bon, de toutes façons, maintenant que je suis réveillé, vengeance ! Ce qui nous emmène à la...
Même principe. Faire occasionnellement un barbecue dans son jardin fait partie de la vie normale. Mais imaginons maintenant que j'installe mon barbecue juste sous la fenêtre du voisin et que je l'utilise matin, midi et soir pendant tout l'été. À un moment, le problème n'est plus vraiment la saucisse contre mon « forcément » sympathique voisin qui et de plus végétarien… Ce n’est pas le problème qu’il soit végétarien et que je fasse griller quelques saucisses…C'est la répétition de la nuisance.
Encore une fois, le droit du voisinage fonctionne beaucoup avec cette idée de proportion. Bon, allé, je suis sympa avec mon voisin, ma fumée l’incommode, je peux le comprendre, je déplace mon barbecue, de toute façon j’avais fini mon repas. J’ai bien mangé, j’avais bien faim, il faut dire que j’ai taillé mes haies toute la matinée. Après ce gargantuesque repas, une petite sieste et je me remet au travail au jardin, j’ai plein de déchets verts à brûler ! Je vois déjà se profiler la huitième étape.
Après avoir taillé notre haie, nous avons maintenant un énorme tas de branches, alors pourquoi ne pas y mettre une allumette ? Parce que pour un particulier, le brûlage à l'air libre des déchets verts est en principe interdit, sauf situations ou dérogations particulières prévues par la réglementation. Et franchement, dans un jardin, nous pouvons souvent faire beaucoup mieux. Les feuilles peuvent devenir du compost. Les petites tailles peuvent être broyées et ce broyat peut devenir du paillage. Les tontes peuvent parfois être utilisées en mulching ou valorisées avec précaution du fait de leur forte teneur en azote. Le jardin produit lui-même une partie de ce dont il a besoin. Brûler de la matière végétale pour acheter ensuite des sacs de paillage… c'est tout de même une drôle d'économie circulaire. Et puis le feu dans un jardin peut être source d’incendie et de pollution de l’air… Pardon ! Vous aviez pris vos précautions avec des réserves d’eau en cas d’incendie… Pas valable devant la loi ! Mais parlons d’histoire d’ô dans notre neuvième étape.
C’est l’automne, voilà maintenant qu'il pleut. Jusqu’à là, rien d’anormal, Et l'eau de mon terrain descend naturellement chez mon « sympathique » voisin parce que son terrain est plus bas. J’étais le premier, j’ai pris le meilleur terrain. Je crois qu’après la haie, l’arbres, les pommes, les racines, les feuilles, le barbecue et le feu de déchets bien vert, il va passer à l’offensive ! Quoi ! Il veut construire un mur ! un mur pour tout me renvoyer ? Mais en a-t-il le droit ?
Pas nécessairement. Les fonds inférieurs doivent recevoir les eaux qui s'écoulent naturellement des terrains supérieurs dans les conditions prévues là encore par le Code civil. Mais moi, propriétaire du terrain supérieur, je ne peux pas aggraver artificiellement la situation.
Cas pratique : Avant, mon terrain était enherbé, puis je construis, une terrasse ; une grande allée imperméable ; un garage et je raccorde toutes les eaux vers un tuyau qui débouche juste contre la clôture. En même temps ça arrosera ma haie… Avant, l'eau s'infiltrait et descendait progressivement, maintenant, j'envoie une quantité importante d'eau au même endroit.
J'ai modifié le fonctionnement naturel. Et voilà pourquoi la gestion des eaux pluviales doit être réfléchie dès la conception d'un jardin et que certaines modifications sont sujettes à déclaration de travaux. Il va donc falloir que je modifie cela si je ne veux pas d’ennuis… Euréka, j’ai la solution, j’ai dans mon terrain un petit ruisseau, il est chez moi, donc à moi, donc j’en fais ce que je veux… Hé oui, vous vous en doutez, Dixième étape !
Continuons notre Nous arrivons au petit ruisseau, il traverse votre propriété, Donc il est chez vous. Donc je fais ce que je veux ? Non. Pour un cours d'eau non domanial, le propriétaire riverain possède une obligation d'entretien régulier. Il peut notamment être nécessaire d'enlever certains embâcles, débris ou végétaux et d'entretenir raisonnablement la végétation des berges.
Mais : entretenir un cours d'eau n'est pas le transformer, retirer une branche tombée dans l'eau est une chose, arriver avec une pelle mécanique, creuser le lit, supprimer toute la végétation, bétonner la berge ou construire une petite retenue en est une autre.
Certains travaux peuvent nécessiter une procédure administrative. Donc lorsqu'un cours d'eau traverse une propriété et que les travaux envisagés deviennent importants : on se renseigne avant de sortir la pelleteuse qui est arrivée comment dans le jardin ? Par la route ? Justement, parlons donc de la route et c’est d’ailleurs l’objet de notre onzième étape !
Onzième étape : On arrive maintenant devant la route.
Notre promenade quitte momentanément le jardin, la haie est toujours chez moi, ce n’est plus la haie mitoyenne avec mon voisin, mais mitoyenne avec le domaine public, et ma haie, comme me le fait remarquer mon « sympathique » voisin, dépasse de 70 centimètres sur le trottoir. Une poussette arrive, elle ne passe plus. Une personne en fauteuil roulant non plus, elle doit descendre sur la chaussée.
À cet instant, ma haie privée est devenue un problème public.
Selon la voie et la situation, l'autorité compétente peut demander sa taille et, dans certaines conditions après mise en demeure, faire procéder aux travaux aux frais du propriétaire. Je pense que cette histoire va me couter plus chère que si je le fait mois même… Courage, le taille haie en main et je rectifie le tir. Mais voilà que mon « forcément » sympathique voisin revient à la charge, une autre haie semble le gêner… voyons cela…
Et si ma haie masque un carrefour ?
Situation encore plus sérieuse. Une haie peut être parfaitement conforme vis-à-vis du voisin… et dangereuse vis-à-vis de la route. Des règles et servitudes de visibilité peuvent s'appliquer près des carrefours, virages et autres points dangereux.
Imaginez : Vous arrivez à un stop, à votre gauche, une magnifique haie de laurier, Ha, non, on avait dit pas de Lauriers palmes… Donc une haie de ce que vous voulez sauf des Lauriers palmes. De trois mètres du haut…et presque autant de large, hé oui, on se fait rapidement débordé par l’épaisseur de nos haies… Et au prix du m² de terrain, ça vaut le coup d’y réfléchir dès la conception de jardin, je dis ça, je ne dis rien… Donc, une haie qui oblige le conducteur, pour voir l’intersection, d'avancer le capot de la voiture bien au-delà du raisonnable ou de la bande blanche d’un stop.
Le problème n'est plus esthétique, c'est la visibilité.
Selon qu'il s'agit d'une voie communale, départementale ou nationale, le gestionnaire compétent n'est pas le même. Commune, Département ou gestionnaire du réseau national : il faut identifier la voie concernée, je vous mets le lien qui vous dirige sur mon site internet pour que vous sachiez qui contacter suivant le type de voies dans le texte de cette émission qui je vous le rappelle sera disponible dès 15h00 ce jour sur mon blog loicbance.canalblog.com Menu Radio Jardins d’ici, alors ne vous précipitez pas, attendez 15h00, l’heure c’est l’heure, avant l’heure ce n’est pas l’heure, après l’heure ce n’est plus l’heure, l’heure c’est l’heure… C’est comme à la SNCF l’horaire c’est précis…enfin presque…quelques fois… Tiens, puisque l’on parle de trains…
Décidément ce jardin coche toutes les cases…Notre jardin longe maintenant une voie ferrée. Un arbre penche vers les rails, là encore, être propriétaire de l'arbre ne signifie pas pouvoir ignorer le danger.
Le Code des transports prévoit des obligations concernant la végétation susceptible d'empiéter sur le domaine ferroviaire, de gêner la signalisation ou de compromettre la sécurité. Dans certaines situations, le propriétaire peut être obligé d'élaguer ou d'abattre, et lorsque la sécurité ferroviaire l'exige, des interventions d'office sont possibles dans les conditions prévues par la loi.
Entre une branche et un train lancé à grande vitesse… disons que le droit a choisi son camp. En règle générale, les jardins sont éloignés des rails, mais il arrive que d’anciens jardins soit très proche des voies de circulations des trains, donc on se renseigne si c’est votre cas… Une question… si j’habite près d’un Passage avion de ligne Aéroport ? Tu pousses le bouchon un peu trop loin Maurice…Toujours plus ! Je n’ai pas encore vue de jardins privatifs qui empiéter sur un aéroport…
Mais quoi qu’il en soit, quelque que soit le lieu que vous habitez, reste une règle dont je vous ai déjà parlé, « cent fois sur le métier tu remettras ton ouvrage » donc, je radote volontairement… Il vous faut savoir si vous êtes dans une zone dite OLD… Et on arrive avec cette OLD à notre dernière étape de notre tour des jardins.
Nous terminons notre promenade près d'un massif forestier. Il me tarde vraiment de visiter votre jardin, il semble interminable… Donc, une forêt, ou un espace boisé, et là, nous retrouvons un sujet que nous avons déjà abordé dans Jardins d'ici : Quésaquo une OLD… Je ramasse les copies dans trente seconde… : les obligations légales de débroussaillement, ou débroussaillage si vous préférez.
Dans certaines zones exposées au risque d'incendie, débroussailler n'est pas simplement une bonne pratique, c'est une obligation.
Autour de certaines constructions situées à moins de 200 mètres de bois et forêts, le Code forestier prévoit notamment une profondeur de débroussaillement de 50 mètres, dans les conditions prévues par la loi, le maire peut la porter à 100 mètres.
Et voici la question qui revient souvent : « Mais mes 50 mètres arrivent chez le voisin ! », c'est possible.
L'obligation peut dépasser la limite cadastrale, mais cela ne signifie évidemment pas que l'on saute la clôture avec la débroussailleuse. Une procédure encadre l'intervention lorsque le terrain appartient à quelqu'un d'autre.
Et si je ne débroussaille pas ?
Là, nous quittons franchement le petit conflit de voisinage, les sanctions peuvent être importantes. D’après les procédures prévues par le Code forestier, une amende administrative pouvant aller jusqu'à 50 euros par mètre carré soumis à l'obligation de débroussaillement peut notamment être prononcée.
Prenons 1 000 m² : 50 × 1 000 = 50 000 euros. A ce rythme, on va pouvoir faire le plein de canadairs !
Attention : il s'agit d'un plafond légal possible, pas d'une facture automatique de 50 000 euros.
Mais cela montre une chose : l'OLD n'est pas un conseil de jardinage, c'est une obligation de sécurité.
Alors, quel que soit les cas de figures évoqués précédemment, mon voisin refuse d’écouter ou de comprendre : qu'est-ce que je fais ? Nous arrivons au moment où beaucoup de gens commettent une erreur. Ils passent directement de : « Bonjour voisin » à : « Vous entendrez parler de mon avocat ! » Il existe quelques étapes entre les deux.
D'abord : parler du problème.
Votre voisin ne sait peut-être même pas que ses branches touchent votre toiture ; Expliquez le problème, pas l'ensemble des défauts que vous lui trouvez depuis 2007.
Ensuite : écrire.
Si rien ne se passe, une demande écrite permet de préciser la situation, puis, si nécessaire, une lettre recommandée avec accusé de réception permet de conserver une trace.
Ensuite : prouver.
Photographies, plans et bornages, courriers, témoignages, avis d'un arboriste, constat de commissaire de justice lorsque l'enjeu le justifie.
Parce que devant un juge, ce n'est pas : « Je vous assure, Monsieur le juge, sa haie est monstrueuse ! » qui fait le dossier, ce sont les faits.
Mais avant le tribunal : concilier.
Le conciliateur de justice peut permettre de trouver une solution sans procès. Et selon la nature du litige, une tentative préalable de règlement amiable peut être nécessaire avant de saisir la justice, c'est souvent beaucoup plus intelligent. Parce qu'après le procès… le voisin habite toujours à côté.
La loi donne-t-elle toujours une amende ?
Non. C'est une confusion fréquente. Si votre voisin refuse de couper une branche, il ne reçoit pas automatiquement une amende de quelques centaines d'euros, beaucoup de conflits de voisinage relèvent avant tout du droit civil. Le juge peut, selon la situation, ordonner : une taille ; un arrachage ; des travaux ; une remise en état ; la cessation d'une nuisance ; des dommages et intérêts ou éventuellement une astreinte destinée à faire exécuter sa décision.
Dans d'autres domaines : environnement, débroussaillement, domaine public, sécurité, des sanctions administratives ou pénales peuvent exister.
Donc retenons : une obligation, une responsabilité et une sanction pénale ne sont pas la même chose.
Que beaucoup de conflits pourraient être évités dès la conception du jardin. Quand je place un arbre sur un plan, je ne regarde pas seulement le petit végétal que l'on va planter. Je l’imagine « dans ma tête » adulte. Dans vingt ans, quelle hauteur fera-t-il ? Quelle largeur ? Où seront ses branches ? Où iront ses racines ? Quelle ombre projettera-t-il ? Sera-t-il près d'une toiture ? D'une piscine ? D'un mur ? D'une route ? De la propriété voisine ?
Parce qu'il existe une différence importante entre : la distance légale et la bonne distance paysagère. La loi peut parfois me permettre de planter à deux mètres, mais, mon expérience peut me dire : « surtout pas ! Mets-le à six mètres. » Et vingt ans plus tard, c'est probablement ce deuxième chiffre que les deux voisins apprécieront le plus. Et pour boucler ce sujet, je vais conclure. Oui, mais doucement, mois aussi je vais conclure !
Pour conclure, si on peut conclure un sujet aussi vaste…
Au jardin, suis-je vraiment chez moi ? Oui. Mais mon jardin vit au milieu d'autres jardins, de routes, de chemins, de cours d'eau, de forêts et d'espaces publics, et surtout… il pousse. Les racines passent sous les clôtures et les branches passent au-dessus, les feuilles voyagent avec le vent, l'eau descend la pente, les graines s'envolent, les bambous creusent des tunnels et les oiseaux continuent, avec un mépris assez spectaculaire pour le droit de propriété, à traverser toutes nos parcelles sans autorisation.
La loi est donc indispensable, elle protège, elle fixe des limites, elle permet de résoudre les conflits lorsque le dialogue ne suffit plus. Bref, elle sécurise, mais come dans toutes activités, la sécurité est parfois contraignante lorsqu’elle s’applique à nous…
Mais avant le Code civil… il reste quelque chose d'encore plus simple.
Parler à son voisin : Parce qu'une conversation au-dessus de la haie coûte généralement moins cher qu'un procès et contrairement à certaines haies… elle ne nécessite même pas une taille annuelle, mais plutôt un bon repas de quartier lors de la fête des voisins tous réunis dans le jardin.
À retenir : au jardin, la loi fixe les limites… mais une discussion avec son voisin reste souvent le meilleur outil pour éviter d'avoir à les faire appliquer.
Voila une fin qui sonne bien ! Ils vécurent heureux et eurent pleins d’enfants… La c’est un autre conflit qui commence !
Pour les lecteurs pressés, ce sujet en 10 questions / réponses.
1. À quelle distance de la propriété voisine puis-je planter un arbre ou une haie ?
En l'absence de règle locale ou d'usage particulier, une plantation destinée à dépasser **2 mètres de hauteur** doit se trouver à au moins **2 mètres de la limite séparative**. Si elle est maintenue à **2 mètres ou moins**, la distance minimale est de **50 centimètres**. Avant de planter, il reste prudent de vérifier les règles locales applicables.
2. Puis-je couper les branches de l'arbre de mon voisin qui dépassent chez moi ?
Non. Même si les branches avancent au-dessus de votre propriété, vous ne devez pas les couper vous-même. Vous pouvez en revanche demander à votre voisin de les couper. Ce droit, prévu par l'article 673 du Code civil, est **imprescriptible.
3. Puis-je couper les racines ou les ronces du voisin qui arrivent dans mon jardin ?
Oui. Contrairement aux branches, les racines, ronces et brindilles qui avancent sur votre propriété peuvent être coupées par vos soins à la limite séparative. Attention toutefois aux grosses racines d'un arbre : leur sectionnement peut compromettre sa santé ou sa stabilité.
4. Un arbre de plus de 30 ans est-il forcément protégé contre une demande de taille ou d'abattage ?
Non. La fameuse « règle des trente ans » est souvent mal comprise. La prescription trentenaire peut intervenir dans certaines situations concernant les distances ou la hauteur des plantations, mais elle ne rend pas automatiquement un vieil arbre intouchable. Par exemple, le droit d'exiger la coupe des branches avançant chez le voisin est imprescriptible.
5. À qui appartiennent les fruits de l'arbre du voisin qui tombent dans mon jardin ?
Les fruits tombés naturellement des branches avançant sur votre terrain vous appartiennent. En revanche, vous ne pouvez pas cueillir les fruits encore attachés aux branches simplement parce que celles-ci dépassent chez vous. En résumé : la pomme tombée, oui ; la pomme encore dans l'arbre, non !
6. Les feuilles, l'ombre ou les aiguilles de l'arbre voisin peuvent-elles constituer un trouble de voisinage ?
Pas automatiquement. Quelques feuilles, fleurs, fruits, aiguilles ou un peu d'ombre font partie des inconvénients ordinaires de la vie à proximité de végétaux. En revanche, une nuisance particulièrement importante, répétée ou dommageable peut, selon les circonstances, être considérée comme un **trouble anormal de voisinage.
7. Peut-on tondre, débroussailler ou utiliser une tronçonneuse à n'importe quelle heure ?
Non. Il n'existe pas un horaire national unique applicable partout en France. Les horaires d'utilisation des appareils bruyants peuvent être encadrés par des arrêtés préfectoraux ou municipaux. Il faut donc vérifier la réglementation applicable dans sa commune. Et même à une heure autorisée, un bruit excessif, répétitif ou prolongé peut poser problème.
8. Une haie privée peut-elle dépasser sur un trottoir ou masquer la visibilité d'une route ?
Non, si elle gêne ou compromet la circulation et la sécurité. Le propriétaire doit entretenir sa végétation afin qu'elle n'empiète pas dangereusement sur l'espace public. Des règles particulières peuvent également s'appliquer aux carrefours, virages et endroits où la visibilité doit être préservée. Selon la voie concernée, la commune, le Département ou un autre gestionnaire routier peut intervenir.
9. Puis-je modifier librement un ruisseau ou l'écoulement des eaux dans mon jardin ?
Non. Entretenir un cours d'eau ne signifie pas pouvoir modifier librement son lit, ses berges ou son écoulement. Certains travaux nécessitent une déclaration ou une autorisation. De même, un propriétaire ne doit pas aggraver artificiellement l'écoulement naturel des eaux vers le terrain voisin, par exemple en concentrant toutes ses eaux pluviales vers un même point.
10. Que faire si mon voisin refuse de tailler ses arbres, sa haie ou de faire cesser une nuisance ?
Commencez par le dialogue. Si cela ne suffit pas, formulez votre demande par écrit, puis éventuellement par lettre recommandée, et conservez les preuves utiles : photographies, plans, courriers ou constats. Une conciliation ou une médiation peut ensuite permettre de trouver un accord. En dernier recours, le tribunal judiciaire peut, selon le litige, ordonner des travaux, faire cesser une nuisance, imposer une remise en état ou accorder des dommages et intérêts.
Dans cet article, nous mettons en avant les raisons pour lesquelles l'automne est la saison privilégiée pour les plantations et les aménagements paysagers,
Loïc BANCE Concepteur de jardins › Blog Jardin › MENU : Radio Jardins d’ici > La 85 : L'automne.
📅 Publié le : 23/09/2026 🔄 Mis à jour le : 23/09/2026
🌿 L'automne.
Ce qu'il y a parfois de beau avec l'automne, c'est lorsque le matin se lève après une semaine de pluie, de vent et brouillard et que tout l'espace, brutalement, semble se gorger de soleil.
Victor-Lévy Beaulieu, né le 2 septembre 1945 à Saint-Paul-de-la-Croix et mort le 9 juin 2025 à Notre-Dame-des-Neiges, est un écrivain, dramaturge, polémiste et éditeur québécois.
🍂 Aujourd’hui, c’est l’automne !
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Jardins d’ici, votre émission consacrée au jardin, aux plantes, à ceux qui les cultivent… et aujourd’hui, à ceux qui parfois les mangent avant nous !
Nous sommes mercredi 23 septembre 2026. Et cette fois, ce n’est pas seulement une date sur le calendrier : aujourd’hui, c’est réellement l’automne !
L’équinoxe d’automne a eu lieu cette nuit, très précisément à 2 h 05, heure française.
Alors voilà : l’été a officiellement rendu son tablier.
Et quel été ! Nous allons y revenir, parler des conséquences et des remèdes au jardin après cet été caniculaire, mais nous allons aussi parler des insectes invasifs exotiques, des petits nouveaux dans une liste déjà bien fourni. Mais nous allons aussi parler des bienfait e l’automne puisque nous y sommes !
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🍁 L'AUTOMNE : UNE FIN QUI EST DÉJÀ UN COMMENCEMENT
📍 Intervention sur les secteurs : Landes : Capbreton – Seignosse -Hossegor – Dax - Mont de Marsan et autres. Pays Basque : Bayonne – Anglet – Biarritz et autres Expert en aménagements paysagers au Pays Basque et dans les Landes.
Vous pouvez lire cet article dans son intégralité ou utiliser le sommaire interactif pour aller directement à l’essentiel. Chaque section est pensée pour être claire, indépendante et accessible.
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C’est l’automne, mais avant l’automne, il y a eu un été, et quel été !
Un été dont nos jardins vont probablement garder les traces pendant encore plusieurs mois. Chaleur, sécheresse, végétaux grillés ou affaiblis, pelouses transformées en paillassons, arbres qui ont parfois perdu prématurément leurs feuilles… Mais également moustiques, frelons, chenilles processionnaires et toute une petite armée d'insectes, parasites ou ravageurs qui profitent eux aussi de l'évolution de nos conditions climatiques.
Et puis, à nos frontières ou déjà ponctuellement sur notre territoire, de nouveaux noms commencent à apparaître : Popillia japonica, le scarabée japonais. Solenopsis invicta, la fourmi de feu, et Wasmannia auropunctata la petite fourmi de feu, également appelée fourmi électrique. Des noms qui sonnent presque comme le casting d'un mauvais film de science-fiction... Sauf qu'ils existent réellement !
Alors aujourd'hui, dans Jardins d'ici, je vous propose quelque chose d'un peu différent.
Nous allons regarder dans le rétroviseur…pour mieux regarder devant nous. Parce que l'automne n'est pas seulement la saison où l'on ramasse les feuilles. C’est probablement l'une des meilleures périodes de l'année pour observer son jardin, comprendre ce qui n'a pas fonctionné cet été et préparer le suivant. Car au jardin, comme souvent ailleurs : Prévenir, c'est déjà traiter.
🍁 L'automne, une fin qui est déjà un commencement..
L'automne est souvent présenté comme la saison où le jardin s'endort. Je ne suis pas tout à fait d'accord. Il ne s'endort pas. Il change de rythme. Les jours raccourcissent, les températures commencent progressivement à baisser, la lumière change, les couleurs apparaissent, souvent magnifiques. Les arbres caducs vont récupérer une partie des éléments contenus dans leurs feuilles avant de les abandonner, et c’est là que les feuilles mortes se ramassent à la pelle !
Et pendant que nous avons l'impression que tout s'arrête en surface, quelque chose d'essentiel continue sous nos pieds. Les racines travaillent.
C'est précisément ce qui fait de l'automne une période extraordinaire pour planter, déplacer certains végétaux, amender les sols, pailler et préparer le jardin de l'année suivante. J'avais d'ailleurs consacré un article aux bienfaits de l'automne et à la préparation du jardin pour le printemps suivant, ainsi qu'un autre article sur les couleurs automnales dans le Pays Basque et les Landes.
L'automne n'est donc pas la salle d'attente de l'hiver. C'est déjà l'atelier du printemps.
☀️ Mais avant l'automne… QUEL ÉTÉ 2026 !
Il faut revenir quelques instants sur ce que nous venons de vivre. Parce que ce n'est pas une impression de jardinier. Les chiffres sont assez impressionnants. L'été 2026 est devenu l'été le plus chaud observé en France depuis le début des mesures en 1900. Nous avons connu trois vagues de chaleur successives, voire quatre… Une première du 17 au 30 juin. Une deuxième du 4 au 19 juillet, une troisième du 28 juillet au 19 août et une moins importante quoi que suivant les régions début septembre.
Au total : plus de 53 jours de vague de chaleur. Ajoutons à cela un déficit pluviométrique proche de 40 % à l'échelle nationale et une sécheresse des sols exceptionnelle. Dans le Sud-Ouest, certaines températures ont également été impressionnantes.
Le 29 juillet, par exemple, 42,7 °C ont été relevés à Bélis, dans les Landes au Nord de Mont de Marsan. Autrement dit : pendant une bonne partie de l'été, nos végétaux n'ont pas simplement eu chaud. Ils ont dû survivre pendant que nous cherchions quelques sources de fraîcheur… Et cela change complètement notre façon d'aborder les dégâts que nous observons aujourd'hui.
🌞Mon jardin en automne face à ces épisodes caniculaires.
🌳 Mon arbre à souffert, est-il mort ?
C'est probablement l'une des premières questions à se poser en ce début d'automne. Un arbuste a perdu ses feuilles. Un arbre présente des branches sèches. Un hortensia ressemble davantage à une botte de foin qu'à un hortensia. Une haie entière semble avoir brûlé.
Premier conseil : ne sortez pas immédiatement le sécateur ! Une plante qui paraît morte n'est pas nécessairement morte. La chute prématurée des feuilles peut être une stratégie de survie. Quand un arbre manque fortement d'eau, maintenir plusieurs milliers ou plusieurs dizaines de milliers de feuilles devient extrêmement coûteux. Chaque feuille transpire, et lorsque l'eau devient trop rare, l'arbre peut sacrifier une partie de son feuillage pour réduire ses pertes. Il faut donc observer : gratter très légèrement l'écorce d'un jeune rameau peut parfois permettre de vérifier si les tissus sont encore verts. Regarder les bourgeons. Observer la souplesse des petites branches. Et surtout : laisser du temps au végétal de reprendre gout à la fraîcheur automnale !
✂️ Ce qu'il ne faut surtout pas faire.
Face à un végétal qui a souffert de la chaleur, nous avons souvent envie de faire quelque chose immédiatement. Tailler, fertiliser, arroser énormément et parois trop rapidement remplacer. Mais parfois, le meilleur geste est précisément de ne pas en faire trop, ne pas effectuer une taille sévère sans raison. Une taille importante peut provoquer une nouvelle pousse alors que la plante doit justement reconstituer ses réserves. Bien sûr, retirez les parties manifestement mortes ou dangereuses peut-être nécessaire, mais pour le reste, observez avant d'intervenir.
Ne pas essayer de « réparer » le végétal avec de l'engrais, un végétal stressé n'a pas nécessairement faim, Il a parfois simplement… soif, mais, il a surtout besoin de retrouver un fonctionnement racinaire normal. Une forte fertilisation azotée à l'automne peut provoquer des pousses tendres qui seront ensuite plus sensibles au froid.
Ne pas noyer brutalement un sol desséché : Après plusieurs semaines de sécheresse, certains sols deviennent très difficiles à réhumidifier. L'eau peut ruisseler en surface ou emprunter quelques fissures sans réellement humidifier toute la motte. Et c’est particulièrement visible pour les plantes en pots. La coupelle se remplie, mais la surface reste sèche… Un bassinage s’impose si le pot le permet. Mieux vaut généralement un arrosage lent, profond et suffisamment espacé qu'une petite douche quotidienne. Et puisque l’on parle d’eau, on va parler d’histoire d’O.
Et voilà probablement l'une des grandes leçons de l'été 2026. Nous devons arrêter de réfléchir uniquement à la question : Comment arroser davantage ?
La vraie question devient : Comment conserver davantage l'eau qui tombe naturellement sur mon jardin ? Et là, le jardinier dispose de nombreuses solutions : Améliorer la structure du sol, apporter de la matière organique, pailler, pailler encore pailler toujours… Limiter les surfaces minérales inutilement imperméables, créer des zones d'infiltration, des noues, récupérer les eaux de toiture qui elle, ne sont pas soumissent aux restrictions d’arrosage contrairement aux eaux du réseau.
Petit aparté sur ce sujet ou l’on entend tout et son contraire : Une amende de 135euro en cas d’arrosage en période de restriction ?
Vous avez le droit de récupérer l’eau de pluie dans votre jardin. Ça déjà c’est un fait, le décret n°2008-652 du 2 juillet 2008, consolidé par le décret n°2025-239 du 14 mars 2025, vous le permet et vous autorise à utiliser cette eau pour arroser votre jardin. Seule restriction, si un arrêté préfectoral interdit cet usage.
Mais revenons aux solutions pour économiser l’eau au jardin.
Choisir des végétaux adaptés au sol et à l'exposition, créer de l'ombre, installer les jeunes plantations au bon moment, et surtout développer progressivement des systèmes racinaires capables d'aller chercher l'eau en profondeur.
Le jardin de demain ne sera pas nécessairement un jardin sans eau, ce sera surtout un jardin qui utilise intelligemment celle qu'il reçoit.
🌱 Faut t-il remplacer les plantes qui ont souffert ?
Pas immédiatement, l'automne permet justement de dresser un inventaire. Qu'est-ce qui a résisté ? Qu'est-ce qui a souffert ? À quel endroit ? Dans quel sol ? À quelle exposition ? Deux plantes identiques peuvent avoir réagi complètement différemment à seulement quelques mètres de distance. Pourquoi ? Parce que le jardin est fait de microclimats. Un mur exposé plein sud ou une terrasse qui restitue la chaleur durant la nuit. Une zone balayée par le vent, une dépression où l'humidité reste plus longtemps, l'ombre d'un grand arbre, la concurrence racinaire d'une haie, Tout cela compte. Et c'est justement maintenant qu'il faut prendre des notes, parce qu'en janvier, nous aurons oublié ce qui s'est passé au mois de juillet surtout après les réveillons de fin d’année ! j’anticipe un peu, d’ailleurs, je sais déjà que je vais être en retour pour mes cadeaux de noël… Là aussi ça s’anticipe, je dis ça, je ne dis rien !
Et ma pelouse, grillée ? Est-elle morte ?
Là encore, prudence, les dernières pluies on peut-être redonner un peu de vert à vos pelouses, mais comment savoir si les parties plus abimées sont morte ou vivantes ? Avant de tout retourner, peut-être que l’astuce du paysagiste va vous aider !
Le test de traction :
Prenez une belle poignée de votre herbe et exercer une traction franche vers le haut. Si vous n’avez dans votre main que quelques brindilles d’herbes, le système racinaire étant resté dans le sol, bingo ! votre pelouse n’est pas morte, elle à seulement fait redescendre dans ses racines, comme les arbres, toute l’eau dans son système vital. Elle devrait donc repartir d’elle-même.
Le test hydrique :
Choisissez un endroit sec de votre pelouse, pas bien grand, trente centimètres par trente, et arrosez régulièrement cette surface tous les jours, matin ou soir à vous de voir… Si dans un laps de temps d’une quinzaine de jours, votre carré test devient vert, bingo là encore, votre pelouse n’est pas morte. Dans le cas contraire, il vous faudra surement regarnir ou reprendre l’ensemble de votre gazon.
On pourrait penser qu'avec la sécheresse, nous aurions été tranquilles. Eh bien non, si ce n’est pendant les fortes chaleurs, le moustique est comme nous, il cherche aussi la fraîcheur !
Et de plus, le moustique, et notamment le moustique tigre, n'a pas besoin d'un étang olympique, quelques millimètres ou quelques centimètres d'eau peuvent suffire dans certains petits récipients. Et dans nos jardins, les maternités à moustiques sont parfois installées par nous-mêmes, une soucoupe sous un pot, un seau oublié derrière le cabanon, un pied de parasol, une bâche qui forme une poche, une gouttière mal nettoyer, bouchée, un récupérateur d'eau mal fermé, un jouet d'enfant, une brouette laissée dehors, un regard d'évacuation et parfois même certaines structures du mobilier de jardin.
J'ai consacré sur mon site une page entière à ce sujet : « En finir avec les moustiques au jardin », avec les différentes solutions que l'on peut intégrer dès la conception du jardin.
Mais justement… Pourquoi parler des moustiques le 23 septembre ? Parce que c'est maintenant qu'il faut préparer l'été prochain.
🦟 Le meilleur moustique est celui qui ne naît pas.
On pense souvent à lutter contre les moustiques lorsqu'ils commencent à nous piquer, c'est déjà trop tard. Le principe le plus efficace reste d'agir sur leurs lieux de reproduction. L'automne est donc une excellente période pour faire le tour du jardin, mais, pas avec une bombe insecticide, avec vos yeux.
Cherchez tout ce qui peut retenir de l'eau, nettoyez les gouttières, videz les récipients inutiles, retournez ceux qui peuvent l'être, fermez correctement les réserves d'eau, réfléchissez aux évacuations. Et profitez de l'hiver pour modifier les aménagements qui créent systématiquement de petites retenues d'eau. Parce qu'au printemps prochain, lorsque le moustique reviendra, il sera beaucoup plus difficile de courir derrière lui. Le moustique adulte, c'est le problème visible, l'eau stagnante, c'est souvent le problème réel.
Je prépare à ce sujet, une vidéo sur ce sujet, cette anticipation, car, mon jardin, a lui aussi à subit l’assaut des moustiques cet été.
Et de plus, je prépare également sur mon jardin, un show-room sur l’installation d’une barrière anti-moustiques par la mise en place d’une ceinture de piégeage avec différents systèmes et traitements, tous bio. Je vous en dirais plus, une fois tout cela installée, et surtout, je pourrais réellement comparer la saison moustiques 2026, à celle à venir ! 2027 au jardin sans moustique, ou du moins sans trop de moustiques, car je le rappelle, le moustique est un polinisateur, et une manne nourricière pour nombre d’insectes et oiseaux. Donc, on ne tue pas tout, mais on gère l’infestation.
🐦 Les alliés du jardinier.
Prévenir ne signifie pas transformer le jardin en forteresse chimique, bien au contraire.
Un jardin diversifié peut accueillir toute une série de prédateurs naturels, notamment contre les moustiques, encore eux… Oiseaux insectivores, chauves-souris, libellules, araignées, amphibiens lorsque le milieu s'y prête, et de nombreux insectes auxiliaires. Cela ne signifie évidemment pas qu'une mésange va régler à elle seule votre problème de moustiques ! Mais cela signifie qu'un jardin biologiquement vivant possède davantage de mécanismes de régulation qu'un espace totalement minéral ou constitué de quelques végétaux isolés. Créer un jardin résilient, c'est donc aussi créer de la biodiversité. Un point d’eau, correctement pensé, habité, peut être un super allié pour accueillir cette diversité et lutter contre les indésirables. On fera d’ailleurs une émission sur ce sujet, et vous verrez que : Pas besoin d’un grand jardin pour accueillir une petite zone humide qui fera toute la différence !
La processionnaire du pin est surtout connue lorsque les chenilles descendent en procession, une longue file indienne de chenilles qui descend du pin. Mais attendre la procession pour découvrir que l'arbre est infesté, c'est encore une fois intervenir tardivement.
Selon les situations et les stratégies choisies, l'automne permet notamment de préparer ou mettre en place certains dispositifs de lutte ou de surveillance avant les processions hivernales. Les éco pièges, par exemple, doivent être installés avant la période de descente. Et surtout : ne manipulez jamais les chenilles ou leurs nids sans protection adaptée.
Les poils urticants peuvent provoquer des réactions cutanées, oculaires ou respiratoires, et représentent également un véritable danger pour les animaux domestiques. Un chien qui renifle ou lèche une procession peut subir des lésions extrêmement graves.
La règle est donc simple : on observe, on sécurise, mais on ne joue pas à l'apprenti exterminateur.
🐝Les autres nuisibles : LE FRELON À PATTES JAUNES.
Autre habitué désormais de nos jardins : le frelon à pattes jaunes, que l'on appelle encore souvent frelon asiatique. À l'automne, les colonies atteignent leur activité maximale. C'est également la période où apparaissent les futures femelles reproductrices. Elles vont quitter le nid, s'accoupler puis chercher un endroit où passer l'hiver.
Les ouvrières, les mâles et l'ancienne reine disparaîtront avec la colonie, le nid, lui, ne sera normalement pas réutilisé l'année suivante, cela signifie quelque chose d'important.
Découvrir en plein hiver un énorme nid vide au sommet d'un arbre et vouloir absolument le détruire n'a pas forcément grand intérêt.
En revanche, repérer les nids actifs en automne est utile, notamment parce que c'est une période où ils peuvent être particulièrement populeux. Et attention aux tailles de haies ! Un nid secondaire peut être installé relativement bas et rester invisible derrière le feuillage.
Avant d'attaquer une haie dense au taille-haie, prenez quelques minutes pour observer les allées et venues d'insectes. Quelques secondes d'observation peuvent éviter une très mauvaise surprise.
🪲 Les nouveaux envahisseurs… LE SCARABÉE JAPONAIS.
Popillia japonica.
Son nom pourrait presque être sympathique. Popillia japonica. Un petit coléoptère d'environ un centimètre, avec des reflets métalliques verts et cuivrés. Mais derrière cette jolie carrosserie se cache un ravageur particulièrement préoccupant. Il peut s'attaquer à plus de 300 espèces végétales : vigne, arbres fruitiers, rosiers, plantes ornementales, cultures et gazons.
L'adulte dévore les feuilles, les larves vivent dans le sol et consomment notamment les racines des graminées. Et ce petit scarabée possède un talent assez extraordinaire : Il fait de l'auto-stop ! Il peut voyager dans les voitures, les camions ou les trains et parcourir ainsi de grandes distances. Des individus isolés ont été interceptés en France en 2025, et la surveillance s'est poursuivie en 2026, avec de nouvelles captures notamment dans le Doubs, à Strasbourg et dans les Alpes-Maritimes. Cela ne signifie pas que tous nos jardins sont envahis par le scarabée japonais, mais cela signifie que la vigilance est désormais nécessaire. Et en Nouvelle-Aquitaine, les services de surveillance phytosanitaire demandent justement de signaler toute observation suspecte.
Encore une fois : détecter tôt permet parfois d'éviter d'avoir à combattre pendant des décennies. Je vous mets la photo de cet insecte sur mon blog dans cette émission, vous pourrez ainsi facilement le reconnaître. Et si vous pensez l’avoir reconnu, une photo, et comme je fais partie du réseau sentinelle de FREDON nouvelle aquitaine, contactez-moi.
🐜Les nouveaux envahisseurs... 🔥LA FOURMI DE FEU et la LA FOURMI ÉLECTRIQUE ⚡.
Une autre voyageuse à surveiller.
Solenopsis invicta
Continuons notre petit catalogue des réjouissances. Voici Solenopsis invicta, la fourmi de feu. Retenez que le nom Invicta, signifie en latin, invincible, invaincu ou non vaincu, ce qui en dit long sur la lutte contre cette fourmi.
Originaire d'Amérique du Sud, elle est devenue invasive dans différentes régions du monde. Et en 2023, une population installée a été identifiée en Sicile. Les chercheurs y avaient identifié plusieurs dizaines de nids.
Pourquoi nous intéresse-t-elle ? Parce qu'elle est capable d’entraîner des conséquences importantes sur la biodiversité, l'agriculture mais également sur l'être humain. Sa piqûre est douloureuse et peut, chez certaines personnes, provoquer des réactions allergiques sévères.
Elle n'est donc pas aujourd'hui une habitante ordinaire de nos jardins français. Mais son installation en Europe change la donne. Le commerce, les transports et les déplacements de terre ou de végétaux constituent autant de possibilités de déplacement pour certaines espèces invasives.
⚡ Une fourmi encore plus petite : LA FOURMI ÉLECTRIQUE.
Wasmannia auropunctata
Elle mesure à peine un millimètre et demi, autant dire qu'on ne la voit presque pas. Son nom scientifique est Wasmannia auropunctata. On l'appelle petite fourmi de feu ou fourmi électrique, en raison de la sensation provoquée par sa piqûre. Auropunctata signifie à points dorés, fautes de points, cette fourmi semble bien dorée, donc petite, mais facilement reconnaissable.
Et contrairement à Solenopsis invicta, celle-ci a déjà été détectée en France métropolitaine, notamment à Toulon en 2022. Elle peut former des populations extrêmement importantes et perturber fortement les communautés d'insectes locales.
Et voilà qui nous ramène une nouvelle fois à notre sujet. Une espèce invasive est infiniment plus facile à gérer lorsque quelques foyers seulement existent que lorsqu'elle occupe des milliers de kilomètres carrés. La surveillance des jardins n'est donc pas anodine.
Le jardinier est aussi un observateur du territoire.
🌍 Faut-il avoir peur de tous les insectes exotiques ?
Non ! Et c'est un point important. Il ne faudrait surtout pas que cette émission donne envie d'écraser tout insecte que l'on ne reconnaît pas. Nous avons dans nos jardins énormément d'espèces parfaitement inoffensives, parfois rares, parfois spectaculaires et souvent très utiles, certaines ressemblent même beaucoup aux espèces invasives recherchées.
Donc : on photographie d'abord, on identifie ensuite et on agit seulement lorsque l'identification est certaine.
Un jardinier curieux vaut beaucoup mieux qu'un jardinier armé d'une bombe insecticide.
Et finalement, tout ce dont nous venons de parler conduit à la même conclusion, le jardin de l'été prochain commence maintenant.
Vous avez eu trop chaud sur votre terrasse ? Réfléchissez à l'ombre maintenant. Votre pelouse a grillé ? Demandez-vous si elle doit absolument occuper la même surface l'année prochaine, ou peut-être opter pour une autre variété de semences.
Certaines plantes ont souffert ? Regardez lesquelles ont résisté avant de choisir leurs remplaçantes. Vous avez passé l'été à arroser ? Travaillez votre sol, paillez et réfléchissez à la récupération de l'eau. Vous avez été dévoré par les moustiques ? Cherchez dès maintenant les réserves d'eau stagnante. Et surtout, rester à l’écoute de jardins d’ici, je vous ferais prochainement visiter mon jardin et les solutions anti-moustiques ! En attendant, relisez l’article sur ce sujet. Vous avez découvert des processionnaires ? Préparez votre stratégie avant les processions. Et relisez l’article sur ce sujet. Vous avez un nid de frelons ? Faites-le identifier et prenez conseil auprès des organismes ou professionnels compétents.
Et surtout : observez, car observer c’est déjà traiter !
🌱 Le jardin résilient.
On parle beaucoup de résilience, peut-être faudra-t-il progressivement abandonner une vieille idée. Celle du jardin que l'on pourrait maintenir exactement identique année après année. Le climat change, les températures changent avec lui, les périodes de sécheresse évoluent, elles sont plus précoces, plus fréquentes, plus intenses…
Certains parasites progressent et de nouvelles espèces arrivent. Nos jardins vont donc devoir évoluer eux aussi, mais cela ne signifie pas qu'ils seront moins beaux. Au contraire, nous pouvons créer davantage d'ombre, davantage de strates végétales, planter des arbres, associer arbres, arbustes, vivaces et couvre-sols, pour protéger le sol plutôt que de le laisser nu. Bien sûr, récupérer l'eau de pluie, favoriser son infiltration.
Très important, choisir les végétaux en fonction du sol plutôt que vouloir constamment modifier le sol pour imposer une plante, et, ainsi, redonner au jardin une certaine capacité à fonctionner sans nous, parce qu'un jardin résilient n'est pas un jardin que l'on abandonne, c'est un jardin que l'on a suffisamment bien pensé pour ne pas avoir à le sauver chaque été.
"être résilient, c'es pouvoir faire pousser des fleurs sur des ruines"
🍁 Prévenir c'est déjà traiter.
Au jardin, nous avons longtemps pris l'habitude d'intervenir lorsque le problème était visible, une plante malade : on traite. Des pucerons : on traite. Des moustiques : on traite. Une pelouse sèche : on arrose. Mais nous pouvons aussi retourner le raisonnement : Pourquoi la plante est-elle malade ? Pourquoi les moustiques trouvent-ils autant de lieux de ponte ? Pourquoi cette pelouse réclame-t-elle autant d'eau ? Pourquoi ce végétal souffre-t-il tous les étés ? Pourquoi certaines plantes résistent-elles alors que leurs voisines dépérissent ? Le jardinier de demain sera peut-être moins celui qui sait traiter… et davantage celui qui sait observer, comprendre et anticiper.
Et finalement, l'automne est la saison parfaite pour cela. Le jardin ralentit, les feuilles commencent à tomber, les couleurs changent, les premières pluies reviennent, et sous nos pieds, tranquillement, la prochaine saison commence déjà à se préparer.
Alors profitez de l'automne tant qu’il y à encore des saisons marquées, regardez votre jardin, regardez ce qu'il vous raconte de l'été que nous venons de traverser. Parce que les plantes ont une mémoire, le sol aussi. Et si nous prenons le temps de les écouter aujourd'hui… nous aurons peut-être beaucoup moins besoin d'intervenir demain.
Voilà peut-être la phrase à retenir aujourd'hui. Prévenir, c'est déjà traiter.
Au jardin, le meilleur problème reste encore celui que l’on a réussi à empêcher d’apparaître.
❓ Vous êtes pressé ? un raccourci en10 questions-réponses.
1. Après un été très chaud, faut-il tailler immédiatement les végétaux qui semblent avoir souffert ?
Non. Un végétal qui a perdu ses feuilles ou dont certaines branches semblent sèches n’est pas forcément mort. La chute prématurée du feuillage peut être une réaction de défense permettant de limiter les pertes d’eau. À l’automne, mieux vaut observer les bourgeons et les rameaux et supprimer uniquement ce qui est manifestement mort ou dangereux. Une taille sévère peut ajouter un stress supplémentaire à une plante déjà fragilisée.
2. Faut-il mettre de l’engrais aux plantes qui ont souffert de la chaleur et de la sécheresse ?
Pas systématiquement, et surtout pas beaucoup d’azote à l’automne. Une plante stressée n’a pas forcément besoin d’être « nourrie » : elle doit d’abord retrouver un fonctionnement racinaire normal et reconstituer ses réserves. Un apport de matière organique et un paillage sont souvent plus intéressants qu’un engrais destiné à provoquer une croissance rapide.
3. Comment savoir si un arbre ou un arbuste desséché est encore vivant ?
On peut observer les bourgeons, la souplesse des jeunes rameaux et éventuellement gratter très légèrement l’écorce d’un petit rameau : des tissus encore verts indiquent généralement qu’il est vivant. Mais le meilleur diagnostic reste souvent le temps. Certaines plantes très éprouvées peuvent sembler mortes pendant plusieurs semaines avant de montrer des signes de reprise.
4. Que nous apprend la canicule sur la manière d’aménager nos futurs jardins ?
Elle nous rappelle qu’il faut penser davantage à l’ombre, au sol et à l’eau. Planter des arbres, créer plusieurs strates végétales, couvrir le sol, utiliser des paillages, améliorer sa teneur en matière organique, favoriser l’infiltration des pluies et récupérer les eaux de toiture permettent de rendre le jardin plus résilient. L’objectif n’est plus seulement de savoir comment arroser davantage, mais comment perdre moins d’eau.
5. Pourquoi faut-il déjà penser aux moustiques en automne ?
Parce que la meilleure lutte contre les moustiques commence bien avant les premières soirées d’été. L’automne et l’hiver permettent de rechercher et de supprimer les endroits où l’eau peut stagner : soucoupes, seaux, bâches, gouttières bouchées, pieds de parasols, regards, jouets ou récupérateurs d’eau mal protégés. Empêcher la reproduction est beaucoup plus efficace que courir après les moustiques adultes.
6. Les plantes dites « anti-moustiques » suffisent-elles à protéger une terrasse ?
Non. Géranium odorant, citronnelle, lavande ou certaines plantes aromatiques peuvent contenir des molécules aux propriétés répulsives, mais leur simple présence dans un pot ne crée pas une barrière infranchissable. Il vaut beaucoup mieux supprimer les eaux stagnantes et réfléchir dès la conception du jardin à la gestion de l’eau. Un joli pot de citronnelle n’annulera jamais les effets d’une soucoupe remplie d’eau située juste à côté !
7. Pourquoi faut-il penser aux chenilles processionnaires avant de voir les processions ?
Parce que lorsque les chenilles descendent des pins, leur cycle est déjà bien avancé. La surveillance des arbres et l’anticipation permettent de mettre en œuvre les moyens adaptés au bon moment. Il faut surtout éviter de toucher les chenilles ou les nids : leurs poils urticants peuvent provoquer des réactions cutanées, oculaires ou respiratoires et constituent également un danger sérieux pour les chiens et autres animaux.
8. Que peut-on faire contre le frelon à pattes jaunes à l’automne ?
L’automne correspond à une période de forte activité des colonies et à la production des futures femelles reproductrices. Il faut donc rester attentif aux nids actifs et éviter de s’en approcher ou de tenter de les détruire soi-même. Une précaution toute simple est également utile avant de tailler une haie dense : observer pendant quelques minutes les éventuelles allées et venues de frelons. Un nid peut être totalement invisible derrière le feuillage.
9. Pourquoi parle-t-on désormais du scarabée japonais et de nouvelles fourmis invasives ?
Parce que les échanges commerciaux, les transports et les déplacements de végétaux ou de terre facilitent la progression d’espèces exotiques. Le scarabée japonais, Popillia japonica, est particulièrement surveillé car il peut s’attaquer à plusieurs centaines d’espèces végétales. La fourmi de feu rouge, Solenopsis invicta, s’est installée en Sicile, tandis que la petite fourmi de feu ou fourmi électrique, Wasmannia auropunctata, a déjà été détectée en France métropolitaine. L’enjeu est de détecter rapidement les nouveaux foyers avant qu’ils ne deviennent impossibles à contenir.
10. Quel est finalement le meilleur traitement pour protéger son jardin ?
Très souvent : la prévention. Observer ses végétaux, choisir des espèces adaptées au sol et à l’exposition, préserver la biodiversité, protéger le sol, mieux gérer l’eau, surveiller l’apparition des ravageurs et intervenir au bon moment évitent de nombreux traitements ultérieurs. Au jardin, le meilleur problème reste encore celui que l’on a réussi à empêcher d’apparaître. C’est tout le sens du fil rouge de cette émission : « Prévenir, c’est déjà traiter ! »
C'était Jardins d'ici, prenez soin de vous… et surtout, prenez soin de vos jardins.
Parce qu'un jardin bien préparé en automne… c'est déjà un petit morceau du printemps prochain.
Dans cet article, nous parlerons de : C‘est quoi un arbre ? Et c’est quoi un arbre remarquable ? Qui à eu l’idée des arbres remarquables ? Les ouvrages ? Comment détecter un arbre remarquable ? Comment déclarer un arbre que l’on pense remarquable ? Que se passe-t-il pour l’arbre l’lorsqu’il est déclaré arbre remarquable ? Les platanes de nos bords de route = Napoléon ? La protection juridique des arbres date de quand ?
Loïc BANCE Concepteur de jardins › Blog Jardin › MENU : Radio Jardins d’ici > La 84: Les arbres remarquables.
📅 Publié le : 16/09/2026 🔄 Mis à jour le : 16/09/2026
🌿 Les arbres remarquables.
Parfois un arbre humanisme mieux un paysage que ne le ferai un homme.
Gilbert Cesbron, né le 13 janvier 1913 à Paris, où il est mort le 12 août 1979, est un écrivain français
Aujourd’hui, je vais vous parler des arbres, mais pas seulement des arbres, je vais vous parler des arbres remarquables. Bien sûr, vous savez ce qu’est un arbre… Mais le savez-vous vraiment… Et là je vois que le doute s’installe tout doucement. Donc, on va parler d’arbres.
On va voir ce qu’est un arbre, et surtout ce qu’est un arbre remarquable. Mais aussi, qui a eu l’idée des arbres remarquables ? Les ouvrages pour s’informer sur ces arbres remarquables ? Comment détecter un arbre remarquable ? Comment déclarer un arbre que l’on pense remarquable ? Que se passe-t-il pour l’arbre l’lorsqu’il est déclaré arbre remarquable ? On parlera aussi, si le temps nous le permet, des arbres de nos bords de routes, les platanes de nos bords de route planté par Napoléon pour ombrer ses armés lors des déplacements, à pied à l’époque ? légende, vérité ? et a protection juridique des arbres date de quand ? Napoléon là encore ? Info ou intox, je vous dis tout dans Jardins d’ici, alors, soyez à l’écoute !
📍 Intervention sur les secteurs : Landes : Capbreton – Seignosse -Hossegor – Dax - Mont de Marsan et autres. Pays Basque : Bayonne – Anglet – Biarritz et autres Expert en aménagements paysagers au Pays Basque et dans les Landes.
Vous pouvez lire cet article dans son intégralité ou utiliser le sommaire interactif pour aller directement à l’essentiel. Chaque section est pensée pour être claire, indépendante et accessible.
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Après avoir parlé de la forêt comme écosystème, puis de ce qu’elle représente pour nous, et du bois que l’on extrait de ces forêts, je vous propose aujourd’hui d’entrer dans la forêt, mais de la quitter en même temps, je m’explique… on fait abstraction des arbres qui nous entoure et on se concentre sur un arbre pour regarder l’individu, l’arbre qui, au milieu de ses semblables, finit par devenir un véritable monument vivant. Et, si possible un arbre remarquable. Et, c’est justement le sujet de cette émission, mais attention, un arbre remarquable n’est pas forcément un arbre très vieux, ni forcément un arbre gigantesque. C’est justement ce que nous allons voir dans Jardins d’ici.
C'est quoi un arbre, un arbre remarquable et c'est quoi A.R.B.R.E.S ?
On pourrait commencer par une question presque naïve : « On sait tous reconnaître un arbre… mais sait-on vraiment ce qu’est un arbre ? » Botaniquement, l'arbre n'est d'ailleurs pas une catégorie parfaitement définie comme peut l'être une famille botanique. C'est une plante ligneuse vivace, généralement dotée d'un tronc et d'une ramification qui forme un houppier.
Et surtout, contrairement à une idée très répandue, la taille ne suffit pas à définir un arbre, même si dans la pratique on considère souvent qu’un arbre est plus grand qu’un arbuste. On parle d’arbuste jusqu’à sept mètres de hauteur, au-dessus c’est les arbres, mais, un petit olivier tortueux peut être un arbre, alors qu'un bambou de plusieurs mètres de haut reste botaniquement une graminée, une herbe géante.
Un arbre, ce n'est pas seulement un végétal qui pousse vers le ciel. C'est un être vivant qui construit son histoire dans le temps. Et justement… certains ont une histoire tellement particulière qu'on les qualifie de remarquables.
Et c’est quoi, un arbre remarquable ?
C'est là que le sujet devient vraiment passionnant.
L'association A.R.B.R.E.S. la bien nommée, définit les arbres remarquables comme des êtres vivants présentant des caractères extraordinaires, soit par leur âge, leurs dimensions, leur esthétique, leurs particularités, leur situation, leur histoire ou encore leur légende. Ils constituent ainsi un patrimoine à la fois naturel et culturel.
Donc : Un arbre remarquable n'est pas nécessairement le plus gros ou le plus vieux. Il peut être remarquable parce que : il est exceptionnellement vieux ; il possède des dimensions extraordinaires ; sa forme est étonnante ; il est rare dans son environnement ; il possède une histoire particulière ; il est associé à une légende ou à une tradition ; il constitue un élément majeur d'un paysage et plus étrange encore, il présente une particularité biologique ; et là se pose la question, car si on sait ce qu’est une légendes, qu'est-ce qu'une particularité biologique chez un arbre remarquable ? J’essaierai de développer ce point un peu plus loin. Quoi qu’il en soit, « Un arbre remarquable, ce n’est pas forcément un arbre qui bat un record. C’est un arbre qui raconte ou qui montre quelque chose que les autres ne racontent ou ne montrent pas. »
Mais avant de se lancer dans cette histoire des arbres remarquables, savez-vous qui a eu l’idée des arbres remarquables ?
Est-ce qu’un beau matin quelqu'un qui levé en disant : "Et si on inventait les arbres remarquables ?" 😄
Les inventaires d'arbres exceptionnels existaient déjà localement, mais en France, une étape importante est franchie avec la création en 1994 de l'association A.R.B.R.E.S. — On à vue plus ou moins ce qu’était un arbre, mais que veut dire A.R.B.R.E.S, hé oui, c’est un sigle ! Arbres Remarquables : Bilan, Recherche, Études et Sauvegarde.
L'association est notamment portée par Georges Feterman, professeur agrégé de SVT, naturaliste et passionné par les arbres. Son objectif est alors d'inventorier ces arbres, de faire connaître leur histoire et surtout de contribuer à leur sauvegarde. Puis arrive une étape importante : 2000 : création du label « Arbre remarquable de France »
À partir de l'opération « 200 arbres pour retrouver nos racines », l'association commence à attribuer ce label. Et en 2012, un deuxième label apparaît : « Ensemble arboré remarquable ». Parce qu'un groupe d'arbres peut être exceptionnel alors qu'aucun arbre, pris individuellement, ne justifierait nécessairement le label.
Et si l’envie de vous plonger dans l’univers des arbres remarquables de France, Si vous avez envie de partir à la recherche de ces monuments vivants… voici quelques livres que je vous conseil. »
Parmi les ouvrages sur les arbres remarquables :
Guide des Arbres Remarquables de France, de Frédéric Cousseran et Georges Feterman, publié chez Edisud en 2009. Il présente les découvertes de l'association département par département.
Arbres extraordinaires de France, de Georges Feterman, aux éditions Dakota. L'ouvrage présente plus de 130 arbres remarquables, avec notamment leur histoire et des informations permettant de les retrouver.
Et Georges Feterman est également l'auteur de : Les 500 plus beaux arbres de France, La France des arbres remarquables, Les arbres extraordinaires de France, mais aussi Arbres de mémoire et Forêts remarquables de France. Tous ces ouvrages, permettent, quand on commence à chercher les arbres remarquables, on découvre quelque chose d'assez extraordinaire : on ne découvre pas seulement des arbres, on découvre aussi l'histoire des lieux où ils vivent. »
Il faut déjà, apprendre ou avoir la curiosité de regarder autrement les arbres que vous croisés lors de vos promenades, en forêt, en campagne, en ville… Bien sûr en plus de votre regard aiguisé, quelques indices doivent vous guider :
Premier indice : les dimensions.
On observe : la hauteur ; la circonférence du tronc ; l'envergure du houppier ; éventuellement la surface occupée par l'arbre. Mais attention : on compare toujours l'arbre à ce qui est normal pour son espèce et son environnement. Un chêne de 30 mètres n'a pas la même signification qu'un arbre d'une espèce naturellement beaucoup plus petite. Il faut donc comparer ce qui est comparable !
⏳ Deuxième indice : l'âge.
Un arbre ancien peut être remarquable. Mais déterminer précisément son âge est souvent difficile sans disposer d'archives ou d'éléments historiques. On peut l'estimer à partir de ses dimensions, de son architecture et de son contexte, mais une grosse circonférence ne donne pas automatiquement un âge précis. Donc, quelques recherches peuvent être utiles.
🌳 Troisième indice : la forme.
Et là, ça devient passionnant pour un paysagiste. Un arbre peut avoir : Un tronc complètement tortueux ; creux, des branches soudées ; plusieurs troncs ; un port extraordinaire ; une architecture façonnée par le vent ; une croissance particulière ; une forme liée à une ancienne conduite en têtard.
📜 Quatrième indice : l'histoire.
C'est parfois ce qui transforme un « bel arbre » en arbre remarquable. Un arbre peut être lié : à un personnage historique ; à un événement ; à une ancienne propriété ; à une tradition ; à un lieu de rassemblement ; à une légende.
Les critères retenus par l'association comprennent justement l'âge, les dimensions, l'esthétique, la situation, mais aussi l'histoire et les légendes et même, les particularités biologiques tel que l'anastomose, je vous expliquerai l'anastomose un peu plus loin dans cette émission.
Comment déclarer un arbre que l'on pense remarquable ?
Maintenant que vous savez ce qu’est un arbre, et comment détecter un arbre remarquable, nous allons aborder la déclaration d’un arbre que l’on pense être remarquable. Fort de vos descriptions, dimensions, âge même approximatif, la forme de l’élu et son histoire vous pouvez vous lancer dans la déclaration de votre découverte. Mais, petite précision qui à son importance, il n'est pas nécessaire d'être propriétaire ou spécialiste des arbres pour signaler un arbre. L'association A.R.B.R.E.S. indique que le signalement peut être effectué par les propriétaires, les collectivités, mais aussi par le public en général.
Pour proposer un arbre à la labellisation, il faut constituer un dossier avec notamment : une fiche de description ; des photographies ; les informations permettant de situer et d'identifier l'arbre ; les éléments qui expliquent pourquoi vous le considéré comme remarquable. Le dossier est ensuite étudié par le comité de labellisation et les correspondants concernés.
Alors, la prochaine fois que vous passez devant un arbre qui vous intrigue, ne vous contentez pas de vous dire qu'il est magnifique. Regardez-le, mesurez-le, cherchez son histoire… il est peut-être remarquable… Et vous serrez à votre tour, remarqué et remarquable !
Que se passe-t-il lorsqu'un arbre est déclaré remarquable ?
Là aussi, une précision s’impose, car il existe une confusion possible : Le label « Arbre remarquable de France » n'est pas exactement la même chose qu'un classement juridique de l'arbre au titre des monuments historiques ou des sites remarquables. Le label est attribué par l'association A.R.B.R.E.S. aux arbres qui répondent à ses critères. Depuis plusieurs années, le label est reconnu par le ministère chargé de l'Écologie.
Le propriétaire — particulier, commune, collectivité, établissement public… — signe alors une convention de partenariat et s'engage à entretenir, sauvegarder et mettre en valeur l'arbre considéré comme un élément du patrimoine naturel et culturel. Un panneau peut également être installé pour signaler l'arbre au public. Mais surtout, et c'est important : Le label ne signifie pas que l'arbre devient intouchable par magie. Il apporte une reconnaissance patrimoniale et engage le propriétaire dans une démarche de préservation. La protection juridique proprement dite peut relever d'autres dispositifs.
« Finalement, reconnaître un arbre remarquable, ce n'est pas simplement lui donner un titre. C'est reconnaître qu'un arbre peut être un morceau de notre patrimoine. Un patrimoine qui pousse, qui respire, qui vieillit… et qui, contrairement à un monument de pierre, continue de vivre. »
Bon, ça c’est bien dit, c’est bien beau, mais dans notre région, ou trouver, ou voir un ou des arbres remarquables. N’ayez pas peur, je vous emmène dans les récits d’arbres, des récits, légendes d’un autre temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître… On prend quelques minutes pour découvrir quelques arbres remarquables de notre région. Suivez mois on va essayer de ne pas se perdre…
Il serait daté du 14éme siècle, un véritable livre d’histoire, dont les feuilles nous racontent le passé, des histoires d’autre fois. Il semble imposer son temps au milieu d’une clairière qui aurait pu être son cimetière si un intervenant convaincu sont propriétaire de le sauver de la hache. Ce même propriétaire, surement tombé sous le charme du chêne, j’aurais pu dire le Carpinus du Quercus, puisqu’en latin, le charme se dit Carpinus et le chêne Quercus, mais il s’agit dans cette phrase de charme, pas de l’arbre mais de cette attraction comparable à un sortilège, sortilège qui semble s’être abattue sur ce propriétaire, puisqu’il léga à la commune cette parcelle.
Sous ses feuilles, le moyen âge vous contemple et avec lui, nombre de légendes, contes et croyance. Vous observerez surement quelques formes angulaires sur cet arbre, des formes en Y s’symbolisant le « bivium », la croisée des chemins, le choix que doit faire chaque adepte pour entrer dans la secte et suivre ses commandements, censés faire de lui un homme divin. Vous trouverez ce chêne sur la commune de Luë, communes des grands lacs, située à l’ouest de Labouheyre.
Arbre remarquable : Le chêne de Saint Vincent de Paul, Lou biel cassou :
Cet arbre se trouve tout près de la maison de naissance de Vincent, devenu ensuite St Vincent de Paul, il est tout près de sa maison natale, la ferme Ranquine situé elle sur la commune de Pouy, elle-même rebaptisée Saint Vincent de Paul en son honneur en 1828. Pour info, Vincent est né en 1581et DCD en 1660 à Paris.
Ce Chêne pédonculé d’un diamètre de 13 mètres à subit nombres d’évènements climatiques qui lui a laissé quelques traces. Les essais de fortifications réalisés à l’époque en béton, aurait pu le fragiliser, mais cet arbre remarquable est toujours là, malgré une cavité creusée dans son tronc pour y déposer une statue de la vierge Marie. Bref, il a quand même été pas mal malmené et ne mesure aujourd’hui plus que quatre mètres de hauteur. Il est même dépassé par son rejeton qui lui, a été mis en terre en 1868 sur le même site.
Lou Biel Cassou veut dire le vieux chêne, le chêne se disant Cassou en occitan et Quercus en Latin.
Arbre remarquable : L’orme de Biscarosse.
Aujourd’hui cet orme, Ulmus en Latin est mort en juillet 2010, déjà 16 ans, cette Orme, qui fût le plus ancien de France n’est plus. Mais ne pleuraient pas tout de suite, la science est là et, des prélèvements de cellules souches ont été réalisés par l’ONF et l’INRA, et, deux nouveaux prétendants pourraient prendre la place du ce fossile.
Mais reste à jamais la légende liée à cet arbre remarquable fut-il défunt et abattu en 2012 : La légende de la bergère nue, et je m’en vais vous la conter : Vers 1450, une jeune bergère, Adeline, fut injustement accusée d’avoir trompé son fiancé Pierre avec un officier anglais dont elle avait repoussé les avances. Pour ménager l’occupant, le conseil des anciens la condamna à être exposée nue, pendant une journée, sous l’arbre de la justice. Au coucher du soleil, elle mourut de honte et de chagrin. Le lendemain, on vit fleurir, sur le tronc de l’orme, à l’endroit où la malheureuse avait la tête, une couronne de fleurs blanches semblable à celle des jeunes mariées. Depuis, tous les ans au printemps, une couronne blanche fleurit au même endroit.
Arbres remarquables Pays basque.
Mais le Pays Basque n’est pas en reste avec ces très très vieux arbres têtards ou trognes que l’on peut apercevoir dans nombre de forêt. Une étrange silhouette pour un arbre. Un gros tronc, bas sur patte, les coupes successives servaient à la production de bois en tout genre, chauffage, outils, clôture, et ceci sans toucher aux troncs, ce qui leurs value la grosse tête. De nos jours, ils ne sont plus trop exploités, ce qui donne cette apparence bizarre, un gros tronc, une grosse tête et de longues banches menant au ciel. Une drôle de coiffure.
Cette pratique ancestrale à pratiquement disparue, ces arbres têtards sont aujourd’hui en danger. Ils sont pourtant un foyer important de biodiversité, ils accueillent une vie spécialisée de petits auxiliaires et de plus grosses bêtes.
Et me vient naturellement en mémoire un arbre remarquable, l’arbre de Gernika, vestige des bombardements destructeur de 1937 par la légion Condor des Nazies Allemand. Il est depuis, le symbole de la résistance de ce peuple.
Bien sûr, ce n’est pas l’arbre originel, puisque quatre arbres sont connus : l’arbre du père du 14éme siècle à 1742, le Vieil arbre de 1742 à 1860, puis l’arbre fils successeur, c’est celui qui supporta le bombardement de la ville et il fut lui-même remplacé en 2005 par un de ses rejet. Il existe dans le monde, nombre d’arbre de Gernika, issue de ces rejets et disséminé dans de nombreux pays par la diaspora Basque. Un vieil arbre au symbole très fort sous lequel, comme autrefois, les Lehendakariak (présidents) de la communauté Basque continuaient à prêter serments jusqu’en 2009 : debout sur la terre basque, sous l'arbre de Gernika, devant vous, représentants la citoyenneté Basque, en souvenir des ancêtres, je jure d'accomplir fidèlement ma mission" Tel était le serment !
Finalement, si la forêt occupe une place si particulière dans notre imaginaire, c'est peut-être parce qu'elle nous ressemble. Comme nous, elle naît, grandit, traverse les épreuves, vieillit, se renouvelle et transmet aux générations suivantes son ADN. Derrière chaque arbre se cache une histoire. Derrière chaque sentier, une mémoire. Et lorsque nous pénétrons dans une forêt, nous ne marchons pas seulement parmi des troncs et des feuillages. Nous avançons au milieu des traces laissées par des milliers d'années de nature, de travail humain, de croyances, de légendes et de vie. La forêt est un immense livre ouvert. Il suffit de prendre le temps d'apprendre à le lire.
On à fait un petit tour des arbres remarquable, et pour faire un rapide rappel de l’essentiel sur ces arbres remarquables, « Est-ce qu'un arbre remarquable doit forcément être vieux ? » Et la réponse est : Non. Un jeune arbre peut exceptionnellement présenter une forme, une rareté, une histoire ou une particularité qui le rend remarquable. À l'inverse, un arbre très vieux n'est pas automatiquement remarquable.
C'est finalement une excellente façon de faire comprendre ce concept à votre entourage : L'âge peut rendre un arbre remarquable. La taille peut le rendre remarquable. La beauté peut le rendre remarquable. L'histoire peut le rendre remarquable. Mais parfois, c'est simplement ce qu'il représente qui le rend remarquable. Certains arbres sont devenus remarquables précisément parce que des générations de personnes les ont regardés, entretenus, protégés ou simplement racontés.
Les platanes de nos bords de routes serait plantés par Napoléon : Info ou Intox ?
Et puisque l’on parle d’histoire pour ces arbres remarquables, j’aimerais ici tordre le coup à une idée largement rependue au sujet d’arbres non moins remarquables, les platanes centenaires qui bordes nos routes. Est-ce bien Napoléon qui les auraient fait planter pour ombrager le déplacement de ses Grognards et autres cavaliers ?
On raconte que Napoléon fit planter des platanes le long des routes pour offrir de l'ombre à ses soldats. L'histoire est séduisante… mais elle est probablement plus légendaire que véritablement démontrée. En revanche, une chose est certaine : c'est au XIXᵉ siècle que le platane va conquérir les routes françaises.
En réalité, les plantations d'arbres d'alignement le long des routes sont bien antérieures à Napoléon. Dès le XVIIIᵉ siècle, les grands chemins sont plantés d'arbres, notamment des ormes, des châtaigniers et des fruitiers… Hé oui, des fruitiers, les arbres plantés le long des chemins pouvaient produire des fruits accessibles aux passants, mais cela ne signifie pas nécessairement que les autorités avaient prévu ces plantations pour ravitailler les voyageurs. Il faut aussi se rappeler que les déplacements étaient beaucoup plus lents. Un voyageur à pied, à cheval ou en voiture hippomobile pouvait passer des heures, voire des journées, sur les routes. Un fruit cueilli en chemin pouvait donc représenter un complément appréciable. Et surtout, certains fruits se transportaient et se conservaient relativement bien : pommes, poires, prunes, etc. Les usages alimentaires des fruits étaient multiples : consommation fraîche, séchage, conservation, transformation… certains de ces arbres ont finalement survécu à ceux qui les avaient plantés et sont devenus les témoins vivants d'une époque où l'on ne regardait pas encore l'arbre uniquement comme un élément de décor.
Aujourd’hui, pourquoi le platane plutôt qu'un autre arbre ?
Parce qu'il était presque taillé sur mesure pour devenir l'arbre des routes. Il pousse vite, supporte relativement bien les conditions urbaines et routières, possède un feuillage abondant, peut être conduit en alignement et produit cette fameuse voûte végétale.
Le phénomène est particulièrement spectaculaire sur le canal du Midi. Les premiers arbres y sont plantés dès 1694, mais les platanes n'apparaissent qu'ensuite et leur généralisation est surtout liée au XIXᵉ siècle, les platanes du canal du Midi ne sont donc pas tous « napoléoniens » !
Mais cette monoculture atteint ses limites puisque ces platanes sont aujourd’hui en grands danger face au chancre coloré, maladie dû à un champignon microscopique, à priori incurable.
Les plantations ont évolué pendant des siècles, avec des saules, mûriers, peupliers, ormes, frênes puis platanes, gageons que nous reviendrons aux anciennes pratiques… La roue tourne toujours…
On peut passer devant le même arbre pendant trente ans sans le remarquer… jusqu’au jour où quelqu’un prend le temps de demander : « Mais au fait, quelle est son histoire ? »
🌳 10 questions-réponses sur les arbres remarquables.
1.Un arbre doit-il obligatoirement être très vieux pour être considéré comme remarquable ?
Non. L’âge est un critère important, mais ce n’est pas le seul. Un arbre peut être remarquable par ses dimensions, sa forme, sa rareté, une particularité biologique, sa place dans le paysage ou encore son histoire et les légendes qui lui sont associées.
2.Un arbre remarquable est-il forcément un arbre gigantesque ?
Non plus ! Tout dépend notamment de l’espèce. Un arbre aux dimensions modestes peut être exceptionnellement grand ou gros pour son espèce. On doit donc comparer ce qui est comparable : un vieux buis remarquable ne rivalisera évidemment jamais avec un séquoia géant.
3. Comment estime-t-on l’âge d’un arbre remarquable sans l’abattre ?
On peut utiliser des documents historiques, des photographies anciennes, des plans, des témoignages ou connaître sa date de plantation. On peut aussi estimer son âge à partir de sa circonférence et de la vitesse de croissance habituelle de l’espèce, mais cela reste une approximation. Le diamètre d’un tronc n’est pas une horloge : deux arbres du même âge peuvent avoir des dimensions très différentes selon le sol, le climat et leurs conditions de croissance.
4.Qui peut signaler un arbre que l’on pense remarquable ?
Tout le monde peut attirer l’attention sur un arbre exceptionnel : son propriétaire, une commune, une association, mais également un simple particulier qui l’a découvert. Pour le label national « Arbre remarquable de France », c’est l’association A.R.B.R.E.S. qui instruit les propositions et attribue le label. Association A.R.B.R.E.S.
5. Lorsqu’un arbre reçoit le label « Arbre remarquable de France », devient-il automatiquement juridiquement intouchable ?
Non, et c’est une distinction importante. Le label constitue une reconnaissance patrimoniale, mais ce n’est pas à lui seul un classement juridique rendant tout abattage impossible. Un arbre peut toutefois bénéficier parallèlement d'autres protections : document d’urbanisme, site classé, espace boisé classé, protection des alignements, etc.
6. Une particularité biologique peut-elle rendre un arbre remarquable ?
Oui. Cela peut être une croissance ou une architecture exceptionnelle, plusieurs troncs, des branches ou des racines qui se soudent — ce que l’on appelle une anastomose —, une capacité de régénération étonnante ou d’autres caractéristiques inhabituelles. Mais il faut distinguer une véritable particularité biologique d’une forme simplement provoquée par le vent, une taille ancienne ou un accident.
7.Un arbre complètement creux peut-il encore être vivant ?
Absolument ! C’est même l’une des choses les plus étonnantes chez les vieux arbres. Le bois situé au centre du tronc peut se décomposer tandis que les tissus vivants périphériques continuent d’assurer les fonctions indispensables. Un arbre creux n’est donc pas nécessairement un arbre mort — et sa cavité peut devenir un formidable habitat pour les insectes, oiseaux, chauves-souris et autres organismes.
8.Un arbre remarquable peut-il se trouver dans un jardin privé ?
Oui. Il n’a absolument pas besoin d'être dans une forêt ou un parc public. Un arbre situé dans le jardin d'un particulier peut parfaitement présenter un intérêt exceptionnel par son âge, ses dimensions, son histoire ou sa rareté. En revanche, remarquable ne veut pas dire accessible au public : la propriété privée reste une propriété privée.
9.Les alignements de vieux platanes qui bordent certaines routes françaises sont-ils des arbres remarquables ?
Certains peuvent l’être individuellement, et l’alignement lui-même peut présenter un intérêt patrimonial remarquable. Mais tous les vieux platanes routiers ne deviennent pas automatiquement des « arbres remarquables ». En revanche, les allées et alignements bordant les voies ouvertes à la circulation publique bénéficient en France d’une protection spécifique prévue par l’article L.350-3 du Code de l’environnement. Article L.350-3 du Code de l’environnement – Légifrance
10.Quelle est finalement la meilleure façon de reconnaître un arbre remarquable ?
Peut-être simplement commencer par prendre le temps de le regarder. Mesurer son tronc, observer son architecture, identifier son espèce, rechercher son âge, interroger les habitants, consulter de vieilles photographies et essayer de comprendre son histoire. Car ce qui rend un arbre remarquable n’est pas toujours immédiatement visible.
Loïc BANCE Concepteur de jardins › Blog Jardin › MENU : Radio Jardins d’ici > La 83 : La N°2 du Bois au jardin.
📅 Publié le : 09/09/2026 🔄 Mis à jour le : 09/09/2026
🌿 Le bois et son emploi au jardin.
Cette émission fait suite à l’émission du 22 juillet 2026, la numéro 80 de jardins d’ici, qui avait également pour titre, le bois en aménagement paysager.
Aujourd’hui, si, nous allons au bois, autour du bois, promenons-nous, non pas dans les bois, mais dans le bois pour cette émission consacré au bois dans les aménagements paysagers.
C’est donc tout naturellement la suite de ce chapitre consacré au bois dans nos jardins. Et ça tombe bien, puisque l’on l’a vue la semaine dernière dans l’excellente émission « septembre au jardin », c’est une non moins excellente période pour envisager vos aménagements paysagers. Et j’en profite pour vous informer que si vous avez besoins de conseils pour vos aménagements paysagers, vous pouvez me contacter directement sur mon site internet loic-bance.fr ou vous informer sur mes services sur mon blog : loicbance.canalblog.com. Voilà, charité bien ordonnée commençant par sois même, ça, c’est fait ! …Mais revenons au sujet de cette émission, le numéro 83, le bois dans nos jardins, la numéro 2 sur ce sujet.
📍 Intervention sur les secteurs : Landes : Capbreton – Seignosse -Hossegor – Dax - Mont de Marsan et autres. Pays Basque : Bayonne – Anglet – Biarritz et autres Expert en aménagements paysagers au Pays Basque et dans les Landes.
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Lorsque l'on parle de bois dans un jardin, beaucoup imaginent qu'un bois en vaut un autre. Pourtant, il existe des centaines d'essences utilisées dans le monde, chacune possédant ses propres caractéristiques. Certaines résistent naturellement à l'humidité, d'autres sont très solides mais sensibles aux champignons, certaines vieillissent en prenant une belle patine grise tandis que d'autres nécessitent un entretien régulier pour conserver leur couleur d'origine.
Mais nous ferons avant cela, un petit retour nostalgique, un regard en arrière sur les bois d’autrefois, le bois dans les jardins d’antan avant de parler du bois dans nos jardins contemporains.
Et si, maintenant, ont parlé du bois dans nos aménagements paysagers. Du bois, pas de moi…comme j’ai un petit problème d’asthme… donc la sphère ORL quelque peu encombré, le B peuvent s’entendre M ou P… Je vous laisse traduire mes propos quelques peu déformés par mes problèmes respiratoires… Donc parlons de bois, du bois dans les aménagements paysagers ou plutôt, des bois, car, les forestiers distinguent généralement trois grandes familles de bois : les résineux, les feuillus et les bois exotiques qui peuvent être résineux ou feuillus. Cette classification n'a rien à voir avec la dureté du matériau, contrairement à une idée largement répandue. Un feuillu n'est pas forcément plus dur qu'un résineux, et certains bois tropicaux sont tellement denses qu'ils coulent dans l'eau, comme le Gaïac qui remplace la jambe des corsaire, la jambe de bois, le bois le plus dense au monde, mais ils peuvent aussi être extrêmement léger comme le Balsa qui sert entre autres aux maquettes d’aéronefs.
Faisons le tour des arbres : Résineux et feuillus.
Aussi, je vous propose une petite promenade en forêt, nous allons faire le tour de ces arbres remarquables à plus d’un titre.
Les résineux : les champions de la construction.
Les résineux proviennent des arbres que l'on appelle aussi les conifères. Leur feuillage est généralement composé d'aiguilles ou d'écailles, et la plupart conservent leurs aguilles, toute l'année. Ils produisent souvent de la résine, véritable système de défense naturel contre les blessures, les insectes et certains champignons.
Grâce à leur croissance relativement rapide, les résineux représentent aujourd'hui la principale source de bois d'œuvre en Europe. Ils sont abondants, renouvelables et souvent plus abordables que les feuillus.
Dans les aménagements paysagers, plusieurs espèces dominent largement le marché.
Le Pin maritime, Pin maritime omniprésent dans les Landes, est particulièrement apprécié pour son excellent rapport qualité-prix. Facile à travailler, il est très utilisé pour les terrasses, les pergolas, les clôtures, les jeux d'enfants et les aménagements extérieurs. En revanche, sa durabilité naturelle reste limitée. Pour les usages exposés aux intempéries, il reçoit généralement un traitement autoclave afin d'améliorer sa résistance.
Le Douglas, Douglas parfois appelé pin d'Oregon bien qu'il ne s'agisse pas d'un véritable pin, connaît un succès croissant en France. Son bois rosé possède une bonne résistance naturelle aux champignons lorsqu'il est utilisé hors contact permanent avec le sol. Sa stabilité et son esthétique en font un excellent choix pour les pergolas, les bardages ou certaines terrasses.
Le Mélèze, Mélèze d'Europe est un cas particulier parmi les conifères puisqu'il perd ses aiguilles en hiver, mais ce n’est pas le seul conifère à perdent ses aiguilles l’hiver venu, juste pour info : il y a le Cyprès chauve, le bien nommé, le Métaséquoia, cousin du Séquoia, et plus surprenant, un feuillus qui est un conifère, l’arbre d’Hiroshima, le Ginkgo biloba appelé aussi, l’arbre aux quarante écus. Mais revenons au Mélèze, son bois est naturellement plus durable que celui de nombreux autres résineux. Il supporte bien les climats rigoureux et offre une belle teinte brun doré qui évolue progressivement vers un gris argenté.
L’Épicéa commun, davantage destinés à la charpente et aux constructions abritées. La faible résistance naturelle à l'humidité le rend moins adapté aux ouvrages extérieurs non protégés et aux climats plus humides, il préfère les climats secs et froids, c’est d’ailleurs pour cela que l’on le trouve en altitude, c’est le rois des montagnes.
Les résineux : Ils présentent plusieurs avantages majeurs : ils poussent rapidement, stockent efficacement le carbone, sont faciles à travailler et offrent des prix généralement accessibles. En contrepartie, leur durabilité naturelle est souvent plus faible que celle de certains feuillus, ce qui explique le recours fréquent aux traitements de préservation.
Les feuillus : la noblesse des bois européens.
Les feuillus regroupent les arbres dont les feuilles sont généralement larges et qui, pour la plupart, les perdent en automne. Ils offrent une extraordinaire diversité de couleurs, de densités et de propriétés mécaniques.
Le chêne : Le roi incontesté reste le Chêne, représenté principalement par le Chêne pédonculé et le Chêne sessile. Depuis des siècles, le chêne symbolise la solidité et la longévité. Son bois, riche en tanins, résiste naturellement aux champignons lorsqu'il est correctement utilisé. Il a servi à construire des cathédrales, des navires, des ponts, des charpentes et du mobilier d'exception. Dans le jardin, il trouve sa place dans les pergolas haut de gamme, les portails, les pontons ou encore certains mobiliers extérieurs, et pour ma part, j’aime l’utiliser pour les bordures de terrains de jeux, comme les terrains de pétanques ou bien comme bordures verticales déstructurés, des berlinoises de retenues de terres.
Le Châtaignier : Il est souvent considéré comme l'un des meilleurs compromis pour les aménagements paysagers. Naturellement riche en tanins, il résiste très bien aux intempéries sans nécessiter de traitement chimique. Les piquets de clôture en châtaignier peuvent ainsi durer plusieurs décennies lorsqu'ils sont correctement installés. Bien que très résistant, il n’est pourtant pas très courant dans les enseignes spécialisés. C’est surement dû à sa plus grande difficulté de mise en œuvre par les bricoleurs amateurs du fait de sa « fissilité » c’est-à-dire qu’il à tendance à fendre dans le sens du fil si on ne pré-perce pas.
Le Robinier faux-acacia, Robinia pseudoacacia ou le Carouge mérite une attention particulière. Malgré son nom courant, il ne s'agit pas d'un véritable acacia. C'est probablement l'un des bois européens les plus durables naturellement. Sa résistance est telle qu'il rivalise avec certains bois tropicaux. Très utilisé pour les jeux d'enfants, les piquets, les passerelles, les terrasses ou les ouvrages en contact avec le sol, il représente une excellente alternative locale aux essences exotiques.
Le Frêne, dit Frêne élevé ou Fraxinus Exelsior, est apprécié pour sa souplesse et sa résistance aux chocs. On le retrouve davantage dans les manches d'outils ou certains mobiliers, plus rarement dans les aménagements extérieurs directement exposés. Et si vous vous posez la question « Pourquoi l’appelle-t-on le Frêne élevé… ? » Je pense que dans élevé vous avez la réponse, c’est un des plus hauts arbres d’Europe, 30 à 40 mètres, d’où « Elevé ».
Le Hêtre commun : Il possède un bois homogène et élégant, mais sa faible durabilité naturelle limite son utilisation en extérieur sans traitement spécifique. Donc, on l’oublie, du moins pour les aménagements extérieurs. On oublie le Hêtre, ou ne pas être…Désolé je n’ai pas pu m’en empêcher !
Résineux VS Feuillus :
Pour faire un rapide résumé entre résineux et feuillus ; on constate que les feuillus poussent généralement plus lentement que les résineux. Cette croissance plus longue explique souvent leur densité supérieure, mais également leur coût plus élevé.
Et on en arrive au voyage de cette émission avec : Le bois exotiques.
Les bois exotiques :
performances remarquables … Mais ! vigilance environnementale.
Depuis plusieurs décennies, les bois tropicaux se sont imposés dans les aménagements extérieurs grâce à leurs qualités exceptionnelles.
L'Ipé : Originaire d'Amérique du Sud, est souvent considéré comme l'une des références pour les terrasses haut de gamme. Sa densité est telle qu'il peut parfois couler dans l'eau. Extrêmement durable, il résiste naturellement aux insectes, aux champignons et aux intempéries. Il résiste aussi, parfois, aux portefeuilles des clients !
Le Cumaru, Cumaru offre des performances presque comparables, avec une belle couleur brun doré et une excellente stabilité et un tarif quelque peu… peu plus accessible.
Le Teck : Il est mondialement connu pour sa richesse en huiles naturelles. Depuis des siècles, il est utilisé dans la construction navale et le mobilier extérieur grâce à son exceptionnelle résistance à l'humidité. Là encore, il est quand même réservé aux terrasses ou constructions haut de gammes.
D'autres essences, sans faire un inventaire à la Prévert, comme le Padouk d'Afrique, le Bangkirai, le Massaranduba ou l'Azobé sont également très recherchées pour leurs remarquables qualités mécaniques.
Leur impact environnemental.
Cependant, ces performances soulèvent une question essentielle :
Importer une terrasse depuis l'autre bout du monde représente un coût carbone lié au transport. Plus préoccupant encore, certaines régions tropicales souffrent encore aujourd'hui d'exploitation forestière illégale, de déforestation et de trafics de bois. Heureusement, de nombreuses filières responsables existent désormais. Les certifications de gestion durable permettent d'orienter les consommateurs vers des bois issus de forêts exploitées de manière plus respectueuse de l'environnement et des populations locales.
Mais, à retenir, même avec la meilleure des essences, le bois n'est jamais parfait.
On cherche souvent à savoir quel est le meilleur bois. En réalité, cette question n'a pas de réponse universelle. Le meilleur bois est avant tout celui qui correspond à son usage.
Une terrasse soumise aux embruns marins n'aura pas les mêmes exigences qu'une pergola installée à l'abri d'un patio. Un ponton traversant une zone humide ne sera pas conçu avec les mêmes essences qu'un simple carré potager.
Alors, comment choisir le bois qui me convient au jardin ?
Le coût, l'entretien, la durabilité, l'esthétique, l'origine géographique, le bilan carbone, la disponibilité locale et même la facilité de remplacement sont autant de critères qui doivent être pris en compte.
En tant que paysagiste, je préfère toujours parler du bon bois au bon endroit, plutôt que du meilleur bois tout court.
Cette réflexion conduit naturellement à une autre question fondamentale. Pourquoi certains bois résistent-ils naturellement pendant plusieurs décennies alors que d'autres doivent être protégés par des traitements spécifiques ? C'est justement pour répondre à cette problématique qu'ont été définies les classes d'emploi du bois, un système de classification qui guide aujourd'hui tous les professionnels dans le choix des essences et de leurs traitements selon les conditions d'utilisation. C'est ce que nous découvrirons dans un prochain chapitre. Mais j’aimerai vous parler avant de classer le bois dans des catégories bien définis, j’aimerais vous parler de jardins d’autrefois. Comme les dires de nos anciens, les jardins d’antan ont aussi utilisé le bois. Et pas qu’un peu !
Il existe des jardins qui racontent une histoire avant même que l'on y entre. Il suffit parfois d'une vieille barrière en chêne, d'un banc usé par les années ou d'une tonnelle recouverte de vigne pour sentir que le temps s'est arrêté. Les jardins d'autrefois possédaient une âme particulière, non pas parce qu'ils étaient plus beaux que ceux d'aujourd'hui, mais parce qu'ils étaient profondément liés à leur territoire et aux ressources offertes par la nature. La proximité était le maître mot ! Aujourd’hui, d’un clic on importe directement dans son jardin. Avant fallait porter le bois sur son dos… De nos jours on ne force plus, mais le mal de dos et le mal du siècle… mais ça, c’est une autre histoire…
Pendant des siècles, le bois fut le matériau roi des jardins. La pierre était souvent réservée aux constructions les plus importantes, le métal demeurait coûteux, le béton n'existait pas encore sous sa forme moderne, même s’il existait depuis les Romains, mais sous une autre forme. Quant aux matières plastiques, elles appartenaient encore au domaine de l'imagination. Le jardinier travaillait avec ce qu'il trouvait autour de lui : les arbres de la forêt voisine, les haies du bocage, les taillis entretenus par les paysans ou les branches issues des tailles hivernales.
Chaque arbre avait sa fonction.
Le châtaignier fournissait les piquets de clôture et les échalas destinés aux vignes. Le chêne devenait poutres, portails ou bancs. Le noisetier servait de tuteur aux haricots et aux pois ou aux arcs des enfants. Les jeunes branches de saule étaient tressées pour fabriquer des bordures, des paniers, des fascines qui servaient soit à combler des fossés ou réparer des routes en mauvaises états, des sortes de fagots de bois qui limiter l’érosion des sols ou de véritables clôtures vivantes qui reviennent quelque peu à la mode, et oui, le jardin répond aussi à la ronde de la mode…. Rien n'était perdu. Chaque essence trouvait naturellement sa place dans le jardin.
Le bois était également omniprésent dans le jardin nourricier.
Les fruitiers étaient eux aussi accompagnés par le bois. Les espaliers étaient maintenus par des piquets reliés entre eux par des traverses ou des fils métalliques On appelle cela également des culture palissés, idéale pour les petits jardins ou le long d’un mur. Les treilles permettaient de guider la vigne au-dessus des chemins, créant des tunnels de verdure qui offraient une ombre bienvenue durant les journées d'été. Dans de nombreuses fermes du Sud-Ouest, la treille constituait une véritable pièce de vie extérieure où l'on partageait les repas à l'abri du soleil.
Les ruches traditionnelles étaient parfois fabriquées dans des troncs évidés ou à partir de planches assemblées à la main. Les composts étaient contenus dans des caisses de bois. Les réserves d'eau prenaient souvent la forme de tonneaux récupérés des domaines viticoles et ici, entre Tursan, Jurançon et vignoble Bordelais, le tonneau est roi ! les outils eux-mêmes associaient le métal et le bois : manches de bêche, de houe, de râteau, de faux ou de serpe. Le contact du bois dans la main faisait partie du geste quotidien du jardinier.
Dans les campagnes, il existait une véritable économie circulaire avant l'heure. Les branches issues des tailles étaient réutilisées comme bois de chauffage, transformées en fagots, utilisées pour fabriquer des fascines destinées à retenir les terres ou simplement broyées pour enrichir les sols. Aujourd'hui, nous parlerions de recyclage ou de valorisation des déchets verts de BRF, que de mots compliqués pour dire ce que nos anciens disaient. Simplement du bon sens, le bon sens paysans. J’ai l’impression que des fois, on complique un peu tout de nos jours…
Et le bois n’est pas exclusivement au service de l’homme. Le bois servait également à accueillir la vie sauvage. En même temps, la vie sauvage rend bien service à l’homme…
Les haies sèches, constituées de branchages empilés entre deux rangées de piquets, offraient un refuge à une multitude d'insectes, d'oiseaux, de hérissons et de petits mammifères. Les vieux troncs conservés dans un coin du jardin devenaient des hôtels naturels pour les coléoptères et les champignons. Sans le savoir, les jardiniers favorisaient déjà une biodiversité que nous cherchons aujourd'hui à retrouver après avoir durant des années rendu nos jardins stériles.
Le bois dans les Landes et au Pays Basque.
Dans les Landes comme au Pays Basque, les clôtures en piquets de châtaignier, les portails en bois massif et les cabanes construites avec les matériaux locaux faisaient partie intégrante du paysage. Les bergers landais entretenaient leurs cabanes avec les ressources de la forêt. Les pêcheurs et les ostréiculteurs construisaient leurs pontons et leurs cabanes en utilisant les bois disponibles à proximité. Chaque métier développait son propre savoir-faire, transmis de génération en génération. Les cabanes de pécheurs ont d’ailleurs donné une inspiration aux architectes pour construire à partir d’un modeste cabanon, de somptueuses villas aux charmes d’autrefois.
Les jardins d'autrefois étaient aussi des lieux où le temps s'exprimait autrement. Le bois grisait sous l'action du soleil et de la pluie. Il se couvrait parfois de mousses ou de lichens. Loin d'être considéré comme un défaut, ce vieillissement était souvent accepté, voire recherché. Le jardin évoluait avec les saisons et les matériaux racontaient le passage des années.
Aujourd'hui, nous cherchons souvent à conserver au bois l'aspect qu'il avait le jour de son installation. Nous appliquons des saturateurs, des huiles ou des lasures pour préserver sa couleur d'origine. Nos ancêtres, eux, savaient que le bois était vivant et qu'il changerait naturellement d'apparence. Ils l'entretenaient lorsque cela était nécessaire, mais ils acceptaient aussi qu'il vieillisse avec élégance.
La majorité de mes clients ne veulent pas que le bois grise… Pour ce faire ils se tournent vers le bois composite en matière plastique avec « un peu » de sciure de bois pour se donner bonne conscience… Paradoxe, c’est un produit manufacturé, plus chaud, voire très chaud aux pies nus. Certes il ne grise pas, mais 95% du colorie choisie est gris ! Donc, à moi et aux paysagistes de les conseiller et de leurs rappeler que les ouvrages doivent être construits pour être réparés comme dans les jardins d’autrefois. Une planche abîmée était remplacée sans démonter l'ensemble de la structure. Un piquet fatigué était changé. Une traverse était retaillée dans une bille de bois conservée à la ferme. Cette approche de la réparation, aujourd'hui remise à l'honneur, faisait partie de la vie quotidienne.
Ce qui me touche particulièrement dans ces jardins anciens, c'est leur extraordinaire sobriété. Ils n'avaient pas besoin de matériaux venus de l'autre bout du monde pour être harmonieux. Ils étaient le reflet du paysage qui les entourait. Les arbres de la forêt devenaient les clôtures du jardin. Les haies fournissaient les tuteurs. Les tailles alimentaient le feu ou enrichissaient le compost. Tout formait un cycle où chaque ressource trouvait naturellement sa place.
En tant que paysagiste, je pense que nous avons beaucoup à apprendre de ces jardins. Non pas pour les reproduire à l'identique, car notre manière de vivre a changé, mais pour retrouver cette logique qui consistait à construire avec intelligence, à privilégier les ressources locales, à réparer plutôt qu'à remplacer et à accepter que les matériaux naturels évoluent avec le temps.
Au fond, les jardins d'autrefois nous rappellent une chose essentielle : le bois n'était pas considéré comme un simple produit de consommation. Il était un héritage de la forêt, un matériau précieux que l'on respectait parce que l'on connaissait le temps nécessaire à sa croissance. Entre la graine plantée par un forestier et la poutre installée dans un jardin, il s'écoulait parfois plusieurs générations. Cette patience force encore aujourd'hui mon admiration.
Et c'est peut-être là la plus belle leçon que nous lèguent ces jardins anciens : avant d'être un matériau, le bois est d'abord une histoire. Une histoire de forêts, de femmes et d'hommes, de savoir-faire et de transmission. Une histoire qui continue de s'écrire dans chacun de nos jardins.
Si ce chapitre est empreint de nostalgie, de tradition et de savoir-faire ancestral. La suite de notre émission de Jardins d’ici, nous montre que le bois n'a pas disparu : il s'est réinventé. C'est une belle transition entre l'héritage de nos anciens et les innovations d'aujourd'hui. Le bois est probablement le plus ancien matériau... mais aussi l'un des plus modernes.
Si l'on y regarde de plus près, le bois n'a jamais été aussi présent dans les aménagements paysagers.
Les questions fréquente sur le bois au jardin "et les réponses ;-).
1. Pourquoi le bois est-il autant utilisé dans les aménagements paysagers ?
Le bois s'intègre naturellement au jardin parce qu'il crée une transition douce entre l'architecture de la maison et le végétal. Terrasses, clôtures, pergolas, claustras, bordures ou mobilier peuvent ainsi participer à une même composition paysagère. C'est également un matériau renouvelable lorsqu'il provient de forêts gérées durablement et, correctement choisi et mis en œuvre, il peut offrir une très bonne longévité.
2. Un bois feuillu est-il toujours plus dur qu'un résineux ?
Non. La distinction entre feuillus et résineux est botanique et ne permet pas, à elle seule, de déterminer la dureté du bois. Certains feuillus sont relativement tendres tandis que certains résineux possèdent de bonnes caractéristiques mécaniques. Pour un aménagement extérieur, il faut donc s'intéresser à l'essence, à sa densité, à sa durabilité et surtout à son aptitude à l'usage auquel on la destine.
3. Pourquoi certains bois flottent-ils et d'autres coulent-ils dans l'eau ?
Cela dépend principalement de leur densité. La plupart des bois ont une densité inférieure à celle de l'eau et flottent. Mais certaines essences particulièrement denses peuvent couler. À l'opposé, le balsa est extrêmement léger. Le monde du bois réserve donc quelques surprises : un bois feuillu n'est pas nécessairement lourd et un bois très dense peut parfaitement finir au fond de l'eau !
4. Quel bois choisir pour réaliser une terrasse de jardin ?
Le choix dépend de l'exposition, du système constructif, du contact éventuel avec l'humidité, de l'entretien souhaité, du budget et de l'esthétique recherchée. Douglas, mélèze, pin traité, bois thermiquement modifiés ou certaines essences naturellement durables peuvent être utilisés selon les situations. Une terrasse durable dépend toutefois autant de la conception et de la ventilation de l'ouvrage que de l'essence choisie.
5. Quelle différence existe-t-il entre la classe d'emploi d'un bois et sa durabilité ?
Ce sont deux notions qu'il ne faut pas confondre. La classe d'emploi correspond aux conditions dans lesquelles le bois va être utilisé et notamment à son exposition à l'humidité. La durabilité caractérise quant à elle la résistance du bois, notamment face aux agents biologiques susceptibles de le dégrader. Choisir un bois extérieur consiste donc à mettre ses caractéristiques en adéquation avec les contraintes réelles de l'ouvrage.
6. Faut-il obligatoirement traiter le bois utilisé au jardin ?
Non. Certaines essences possèdent naturellement une durabilité suffisante pour certains usages extérieurs. D'autres nécessitent un traitement permettant d'améliorer leur résistance dans les conditions prévues. Il faut également distinguer les traitements de préservation des produits de finition destinés principalement à modifier ou conserver l'aspect esthétique du bois.
7. Pourquoi une terrasse ou une clôture en bois devient-elle grise avec le temps ?
Sous l'action des rayons ultraviolets, de la pluie et des intempéries, la surface du bois évolue progressivement vers une teinte grise ou argentée. Ce grisaillement est avant tout un phénomène superficiel et esthétique : il ne signifie pas automatiquement que le bois est en train de pourrir. On peut accepter cette patine naturelle ou utiliser des produits adaptés pour conserver plus longtemps sa teinte d'origine.
8. Quelle est la principale cause de dégradation du bois dans un jardin ?
L'un de ses principaux ennemis est l'humidité lorsqu'elle persiste. Un bois constamment humide et mal ventilé devient plus vulnérable aux champignons lignivores et autres organismes de dégradation. Une bonne conception doit donc favoriser l'écoulement de l'eau, éviter les pièges à humidité et permettre au bois de sécher. Au jardin, la longévité commence souvent sur la planche à dessin.
9. Peut-on mettre n'importe quel bois directement en contact avec le sol ?
Non. Le contact avec le sol représente une situation particulièrement contraignante en raison de l'humidité et des organismes présents dans celui-ci. Le bois choisi doit être adapté à cette classe d'emploi, naturellement ou après un traitement approprié. Poteaux, retenues de terre, bordures ou éléments structurels demandent donc une attention particulière.
10. Comment prolonger la durée de vie d'un aménagement paysager en bois ?
Il faut commencer par choisir une essence et une classe d'emploi adaptées, mais la conception de l'ouvrage est tout aussi importante. Il convient d'éviter la stagnation de l'eau, de favoriser la ventilation, de protéger les zones sensibles et de contrôler régulièrement les assemblages. Un bois bien choisi mais mal posé vieillira parfois beaucoup plus vite qu'un bois correctement sélectionné et intelligemment mis en œuvre.
Loïc BANCE Concepteur de jardins › Blog Jardin › MENU : Radio Jardins d’ici > La 82 : Septembre au jardin.
📅 Publié le : 02/09/2026 🔄 Mis à jour le : 02/09/2026
🌿 Septembre au jardin : Les travaux.
Juillet met les œufs dans leurs coques, août sur les épis mûrs s'endort, septembre aux grands soirs équivoques, glisse partout ses feuilles d'or.
—Armand Silvestre.
Comme les enfants retrouvent le chemin de l'école, le jardin reprend lui aussi le chemin du travail. Cartable, fournitures, organisation… et si nous faisions la même chose avec notre jardin ? Septembre est sans doute le véritable début de l'année pour le jardinier.
En septembre, le jardin ne se termine pas, il change de rythme. Les vacances s'achèvent, les journées raccourcissent, mais pour le jardinier, c'est presque un nouveau printemps. Beaucoup de plantations réussissent même mieux en septembre qu'en été même si c’est encore l’été ! Il nous faudra attendre le 23 septembre pour être officiellement en automne !
Mais en attendant, les cartables reprennent du service, les plages retrouvent leur calme, et pendant que beaucoup pensent que le jardin va bientôt s'endormir… lui, au contraire, se réveille.
📍 Intervention sur les secteurs : Landes : Capbreton – Seignosse -Hossegor – Dax - Mont de Marsan et autres. Pays Basque : Bayonne – Anglet – Biarritz et autres Expert en aménagements paysagers au Pays Basque et dans les Landes.
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Septembre est probablement le mois le plus agréable de l'année pour jardiner. Les grosses chaleurs s'éloignent, même si cette année il faudra faire avec El Nino, les pluies reviennent doucement, la terre reste chaude et les plantes retrouvent l'envie de pousser. On peut d’ailleurs observer quelques floraisons que la canicule avait suspendue. Septembre, pour le jardinier, c'est une seconde saison qui commence. Et cela tombe bien, j’adore les saison qui commence et pour vous le prouver, je vais dans cette émission vous faire part d’une petite découverte Botanique et je vous raconterais l’histoire extraordinaire de cette plante, vous allez vous apercevoir que l’on connait bien mal l’histoire, ou du moins, l’histoire officiel n’est pas toujours l’histoire réel, alors rester bien à l’écoute, vous allez non seulement découvrir, non pas une plante, vous connaissez forcément la plante en question, mais une nouvelle variété qui à mon avis va faire un carton dans les jardins !
Cela étant dit, de quoi allons nous parler dans cette émission de jardin d’ici
Sommaire :
Mais aussi bien d'autres découvertes sur ce blog !
« Ça y est, les vacances touchent à leur fin. Les cartables reprennent du service, les réveils sonnent un peu plus tôt... et même les jardins semblent regarder le calendrier en se disant : "Bon, les amis, on s'y remet !" Rassurez-vous, ici, pas de contrôle surprise, pas de punition, et encore moins de bonnet d'âne. Au jardin, la rentrée est plutôt une bonne nouvelle. La terre est encore chaude, les grosses chaleurs commencent à s'éloigner, et c'est sans doute l'une des plus belles périodes de l'année pour jardiner. »
Pourquoi septembre est un mois si important.
« Si votre jardin avait reçu un bulletin de notes cet été, certaines plantes auraient décroché les félicitations du jury, d'autres un simple "peut mieux faire"... et quelques-unes auraient sans doute demandé un rendez-vous avec le paysagiste avant le prochain trimestre ! » et je vous aurais dit, que si l’on parle souvent du printemps comme de la saison idéale, en tant que paysagiste, je plante énormément entre septembre et novembre. Donc, au travail dès maintenant, si vous vous réveillez au printemps prochain c’est un peu tard pour obtenir les félicitations du jury !
Si septembre est important, c’est que les conditions sont idéales, le soleil chauffe encore le sol, les nuits deviennent fraîches, l'évaporation diminue, les racines peuvent travailler tranquillement pendant plusieurs mois avant les fortes chaleurs de l'été suivant. Et il va falloir s’habituer à ces fortes chaleurs, donc, on anticipe ! Résultat : un arbre planté en septembre prend souvent plusieurs mois d'avance sur un arbre planté au printemps, surtout, si l’arbre ou l’arbuste en question a pour principale crainte la chaleur, il aura ainsi trois saison pleine, automne, hiver, printemps pour affronter son premier été.
Pour faire une allusion à la coupe du monde de cet été, septembre est un peu le marché des transferts du jardin : on accueille de nouveaux végétaux, on change parfois la composition des massifs, et chacun cherche la plante qui fera la plus belle saison l'année prochaine.
Septembre, c'est le moment de faire le bilan.
Avant de courir acheter de nouvelles plantes, prenez quelques minutes pour observer votre jardin.
Posez-vous quelques questions : Qu'est-ce qui a bien résisté à l'été ? Quelles plantes ont souffert ? Quels massifs paraissent vides ? Quels arbustes deviennent trop volumineux ? Où manque-t-il un peu d'ombre ?
Cette observation vaut parfois bien plus que des heures passées dans une jardinerie. Le jardin nous montre lui-même ce qu'il faut améliorer.
L'été vient de nous laisser un véritable bulletin scolaire du jardin. Quelles plantes ont obtenu les félicitations ? Lesquelles sont passées tout juste dans la classe supérieure ? Lesquelles ont complètement échoué ?
Cette année, le jardin nous a imposé un double examen. Un hiver marqué par plusieurs épisodes de gel parfois inhabituels sur notre région, suivi d'un été très chaud et très sec. Certaines plantes que l'on croyait robustes ont montré leurs limites. D'autres, parfois plus discrètes, ont traversé ces deux saisons sans broncher. Avant de planter, observons le carnet de notes du jardin éditer par maitresse nature. C'est probablement la meilleure leçon de cette année : plutôt que de choisir une plante parce qu'elle est à la mode, observons celles qui réussissent réellement dans notre climat.
Septembre marque le retour des plantations. Les vivaces. Les graminées. Les arbustes. Les haies.
Les arbres. Les plantes méditerranéennes. Même les pelouses peuvent être refaites maintenant, le sol encore chaud favorise une levée rapide des graines, les jeunes gazons souffrent beaucoup moins qu'au printemps, comme les arbres et arbustes décrit précédemment, la pelouse aura elle aussi trois saisons pleines pour s’installer, automne, hiver, printemps avant d’affronter le premier été qui sera son plus grand défi. Et à ce sujet, on me demande souvent quelles sont les plantes capables de résister aussi bien au froid qu'à la sécheresse, sachant qu’il n'existe pas de plante miracle, mais certaines cumulent de nombreuses qualités. Comme on est à la rentrée, je vous présente les premières de la classe !
Pour les arbres : (non exhaustif).
Micocoulier de Provence (Celtis australis), Chêne vert (Quercus ilex), Charme houblon (Ostrya carpinifolia), Févier d'Amérique (Gleditsia triacanthos), Arbre de Judée (Cercis siliquastrum).
Pour les arbustes : (non exhaustif).
Arbousier, Laurier-tin, Éléagnus ebbingei, Pittosporum tobira,et donc Tobira nana aussi, Grenadier à fleurs, Myrte, Céanothe persistant (avec quelques précautions selon les secteurs).
Toutes ne résistent pas aux mêmes températures, mais elles présentent généralement un bon compromis entre rusticité et résistance à la sécheresse dans le Sud-Ouest, à condition d'être installées dans un sol bien drainé.
Septembre, le nettoyage du jardin... mais intelligemment.
Après l'été, beaucoup de fleurs sont fanées, les tomates arrivent en fin de production, certaines vivaces fatiguent et on peut commencer à nettoyer... Mais pas à tout raser. Car, les fleurs fanées nourriront les oiseaux, les tiges creuses serviront d'abri aux insectes et les feuilles mortes protégeront le sol.
Aujourd'hui, un jardin vivant est un jardin où l'on laisse aussi une place à la nature. Si c’est trop carré, ça ne peut pas tourner rond !
Septembre au jardin, c’est aussi, Le grand retour des semis, les températures deviennent idéales et permettent de semer : mâche, épinards, radis, navets, laitues d'hiver, engrais verts, les engrais verts sont souvent oubliés, pourtant ils enrichissent naturellement le terrain, et en occupant l’espace il empêche la battance des sols et son compactage, Ils limitent les mauvaises herbes et améliorent la structure du sol.
Septembre et vos pelouses.
On a déjà parlé des pelouses un peu plus en amont dans cette émission, du moins pour leurs créations, mais pour les pelouses déjà installées ? L'été laisse parfois des traces, des plaques jaunes, des zones brûlées, des trous. Tout cela n’est pas trop esthétique au jardin !
Septembre est le meilleur moment pour réparer tous ces petits dégâts de l’été, on défeutre, on scarifie on ressème, on apporte un peu de compost et d’engrais organique puis on laisse faire les pluies de l'automne.
Et avec tout ce nettoyage on ne ferait pas un peu de composte ?
Après tout ce nettoyage, une question revient. Que faire de tous ces déchets ? Le compost reste la meilleure solution. Les feuilles, les fleurs, les braches bien broyées, les légumes, les tailles légères.
Tout cela deviendra un excellent amendement. Et si vous n'avez pas de composteur, c'est peut-être le bon moment pour en installer un. Si vous êtes dans notre belle région, vous faite surement partie du secteur du SITCOM 40 pour les Landes. Réservez en ligne non seulement votre composteur, mais aussi un broyeur pour réduire votre volume de végétaux taillés et les rendent soit assimilables au compost ou vous en servir comme paillage. Pour info, composteurs et broyeurs sont gratuitement mis à disposition. Un site internet : sitcom40.fr
Et si on parlait des fruitiers en septembre.
Les récoltes continuent en septembre, pommes, poires, figues, raisins, noix et bien d’autres encore, mais septembre est aussi le moment de préparer la saison suivante. Pour ce faire, on retire les fruits malades, on ramasse ceux tombés au sol, on surveille les maladies, car, un verger propre passe beaucoup mieux l'hiver. Cette année peut nous apprendre beaucoup sur les variétés les mieux adaptées à notre région.
Comme une salle de classe que l'on remet en ordre après les vacances, le jardin d'ornement mérite un peu d'organisation, Eh oui, la rentrée ne concerne pas seulement les enfants, le jardin aussi retrouve un rythme.
Comme un élève prépare ses cahiers avant la rentrée, le jardinier prépare son matériel avant l'automne. On range les outils et on en profite pour faire un point, Les outils sont-ils propres ? Les manches sont-ils encore solides ? Le manche de la bêche tient-il toujours ? Les gants sont-ils encore en état ? Le sécateur coupe-t-il correctement ? Un sécateur bien affûté vaut parfois mieux qu'un gros effort ! Pour info, moi, je suis passé au sécateur électrique… On nettoie les pots, on vérifie les systèmes d'arrosage, on programme les futurs aménagements.
L'automne est souvent la meilleure période pour lancer un projet paysager, que ce soit une terrasse, une allée, une haie, un massif, une pergola et tout ce qui vous passe par la tête ! En pensant et en préparant maintenant ces aménagements, ils pourront être réalisés dans les meilleures conditions.
Septembre donne parfois envie de tout couper, c'est une erreur, les tailles sévères attendront l'hiver.
Continuer à arroser comme en plein mois de juillet. En septembre, « normalement », les besoins diminuent.
Apportez des engrais riches en azote aux arbustes : Ils produiraient de jeunes pousses qui risqueraient de souffrir dès les premiers froids.
Je donne souvent le même conseil à mes clients
Ne regardez pas seulement votre jardin aujourd'hui, imaginez le au printemps prochain. Chaque plantation réalisée en septembre est un cadeau que l'on fait au jardin… et à soi-même et quelques heures de travail maintenant feront gagner beaucoup de temps au retour du printemps qui croyez moi, reviendra en 2027 !
Même si j’évoque « déjà » 2027, septembre n'est pas la fin de la saison, c'est le début d'un nouveau chapitre, le jardin ralentit en surface, mais sous terre, les racines travaillent plus que jamais. Alors profitons de cette période douce pour préparer les mois à venir, car les plus beaux jardins ne se construisent pas au printemps, ils se préparent dès l'automne.
Septembre est le moment idéal pour photographier son jardin. Les photos prises maintenant permettront de repérer cet hiver les espaces trop vides ou au contraire les plantations devenues trop denses.
Alors non, la rentrée du jardin n'a rien d'une corvée. C'est même tout le contraire. On travaille sans transpirer autant qu'en juillet, on retrouve le plaisir de mettre les mains dans la terre, et chaque plantation réalisée aujourd'hui est une belle promesse pour le printemps prochain. Finalement, si toutes les rentrées pouvaient se passer comme celle du jardin, il y aurait sans doute beaucoup moins de monde à regretter les vacances ! »
Cette année encore, le professeur Nature nous a donné une sacrée leçon. Entre un hiver plus froid que prévu et un été particulièrement sec, il nous rappelle qu'un beau jardin ne se construit pas contre le climat, mais avec lui. À nous maintenant de retenir la leçon... sans avoir besoin de passer le rattrapage au printemps prochain ! » Mais, dans le jardin, il n'y a ni bonnet d'âne, ni retenue le mercredi après-midi, le mercredi après midi c’est la récompense, c’est Jardins d’ici !
Et comme je vois que vous avez été assidues à mes propose de la rentrée de septembre au jardin, vous avez méritaient une image, une grande image. Je m’en vais vous conter une histoire que vous croyez peut-être connaître, mais la connaissez-vous vraiment ?
Suivez mois dans l'histoire extraordinaire de cette plante !
Mais avant cela, comment m’est venu l’idée de vous raconter ce récit ?
Je suis comme vous, bien que professionnel du jardin, je craque hors saison, quelque fois sur une plant qui me fait un clin d’œil… Et ce fut le cas en ce mois trop chaud de juillet, un Bougainvillier ! Mais pas n’importe quelle Bougainvillier, le Bougainvillier Sweet Odyssée, le premier bougainvillier sans épines et qui de pus à un port arbustif contrairement aux autres Bougainvillier qui sont grimpants, mais surtout piquant. Ni une, ni deux, aussitôt vu aussitôt dans mon jardin à un endroit ou d’habitude je m’interdis d’installer un Bougainvillier, un passage au bord d’une piscine. Pour moi, paysagiste, concepteur de jardins, cette variété révolutionne l’emploi du Bougainvillier dans les jardins.
Et donc, le Bougainvillier, surtout Odyssée, ma fait remonté l’histoire de la découverte du Bougainvillier ! La plante star de septembre, Le Bougainvillier, Le mystère du bougainvillier que je m’en vais vous raconter, une histoire de plantes, une histoire de bateau, une histoire de déguisement, une histoire d'une femme que l'Histoire a presque effacée… Et pourtant, sans elle, le bougainvillier qui illumine aujourd'hui tant de jardins n'aurait peut-être jamais connu un destin aussi extraordinaire. »
« Installez-vous confortablement... parce que cette histoire commence il y a plus de deux siècles. »
Une expédition extraordinaire.
Nous sommes en 1766, le roi de France, Louis croix V bâton XVI finance une expédition exceptionnelle. Un navire va faire le tour du monde. De grands voiliers… La Boudeuse et à leurs tête avec Louis-Antoine de Bougainville, à qui on attribuera forcément le nom du Bougainvillier.
À bord se trouvent des marins, des officiers, des savants, des cartographes et un célèbre botaniste : Philibert Commerson. Sa mission ? Rapporter des plantes inconnues en Europe, des plantes ? des centaines et peut-être des milliers. Mais voilà, Commerson est malade, très malade et il lui faut un assistant, un homme solide, capable de porter les caisses, de grimper, de récolter, de sécher les plantes, d'écrire, d'observer. Un homme capable d’exécuter quelques dures besognes et sachant écrire, dessiner et former à la botanique ce n’est pas très courant à cette époque, mais il se trouve que Commerson à formé ce fidèle serviteur depuis déjà plusieurs années, et, tellement bien formé qu’il est devenu sont assistant. Un certain... Jean Barret. Enfin... C'est ce que tout le monde croit…
Premier rebondissement.
Jean Barret... n'existe pas, ou plutôt... Jean est Jeanne. Une femme. À cette époque, les femmes n'ont tout simplement pas le droit d'embarquer sur les navires de la Marine royale. Commerson se voit donc refusé d’embarquer avec lui sa fidèle assistante, la seule formée pour faire de ses recherches un succès. Mais que faire, on ne désobéit pas au Roi de France ou alors au risque de perdre sa tête… D’ailleurs on ne répond plus après Louis XVI…ça a du coupé !
Alors Jeanne prend une décision incroyable pour l’époque, elle coupe ses cheveux, elle s'habille en homme, Bandes très fort sa poitrine et elle embarque, discrètement, évitant les contacts dans ce monde d’hommes et la promiscuité de l’endroit. Pendant des mois… personne ne découvre son secret…
La chasse aux plantes.
Pendant que Bougainville explore le monde… Jean ou plutôt Jeanne sous les traits de Jean, explore les forêts, les montagnes, les rivages. Elle grimpe partout, elle récolte, elle presse les plantes, elle prépare les herbiers transportant parfois des dizaines de kilos d'échantillons. Sans elle, Commerson n'aurait jamais pu réunir une collection aussi exceptionnelle, d’autan qu’il a été cloué au lit du bateau à cause de son état de santé précaire. Les historiens estiment que plusieurs milliers de spécimens ont été récoltés durant cette expédition, grâce au travail conjoint de Commerson et de Jeanne Barret.
Une plante extraordinaire.
Un jour...au Brésil...une liane attire leur regard. Des couleurs incroyables, rose, pourpre, magenta ou, orange selon les espèces. Ce n'est pas vraiment la fleur qui attire le regard, ce sont ses bractées, ces dernières feuilles colorés. Le botaniste comprend immédiatement qu'il tient quelque chose d'exceptionnel, cette plante recevra plus tard le nom de Bougainvillea, en hommage à Bougainville. Le nom du capitaine est devenu célèbre dans le monde entier. Celui de Jeanne est presque tombé dans l'oubli.
Le secret éclate.
Mais garder un tel secret pendant trois ans est impossible, lors d'une escale dans le Pacifique… probablement Tahiti, la véritable identité de Jeanne finit par être découverte. Les récits divergent sur les circonstances exactes de cette révélation, mais une chose est certaine : son déguisement ne pouvait durer éternellement. Elle est débarquée avec Commerson sur l’île de France, nous sommes en 1768, non, pas l’île de France actuelle, Paris, mais sur l’ancienne île de France plus connue aujourd’hui sous le nom de l’île Maurice. Commerson y meurt Cinq ans après en 1773. Jeanne, arrive à rentrer en France. Elle devient alors… la première femme connue à accomplir un tour du monde.
Une héroïne oubliée.
Pendant très longtemps... les livres ont surtout retenu Bougainville, puis Commerson. Mais Jeanne ? Quelques lignes, parfois rien. Il faudra attendre près de deux siècles et demi pour qu'on lui rende enfin un hommage botanique.
En 2012, des botanistes donnent son nom à une nouvelle espèce : Solanum, le Solanum Barretiae, pour son nom de famille Barret. Une manière de reconnaître officiellement son rôle majeur dans l'histoire de la botanique.
Fin de l’histoire…
Quand vous admirerez un bougainvillier avec ses grandes bractées colorées, sa vigueur et son incroyable floraison... qui ne sont pas des fleurs, mais des bractées, pensez aussi à Jeanne Barret. Une femme, une jeune femme de 28 ans qui a dû se faire passer pour un homme afin de vivre sa passion des plantes, une exploratrice, une botaniste, une aventurière, une pionnière qui n’avait au départ rien pour découvrir le monde, issue d’une famille de modestes paysans de Bourgogne sa rencontre avec Commerson, elle fut d’ailleurs sa compagne auprès duquel elle à appris à lire, à écrire, la Botanique.
Comme souvent, les femmes comme Marie Curry est bien d’autres sont souvent les grandes oubliées de l’histoire, place aux hommes... Jeanne Barret et l'une des grandes héroïnes oubliées de l'histoire du végétal.
Je voulais ici, vous faire part de ce récit historique et fabuleux afin de remettre l’église au centre du village comme on dit ! Et d’ailleurs, il peut y avoir confusion sur l’écriture du nom BARET avec un R ou deux R on le trouve souvent écrit avec deux R, mais il semble qu’à l’origine il n’y en ai qu’un…
Après ce récit qui je l’espère aura su vous captiver, on revient sur septembre au jardin pour ceux qui auraient pris cette émission en cours de route, on fait un rapide retour sur ce que’ l’on s’ai dit en dix questions réponses plus une en cadeau, bref ça fait onze !
C'est sans doute l'une des plus belles périodes de l'année pour jardiner.
Les FAQ de Septembre au jardin.
1. Pourquoi septembre est-il considéré comme l'un des meilleurs mois pour jardiner ?
Septembre offre des conditions idéales pour le jardin. La terre est encore chaude après l'été, les nuits deviennent plus fraîches et les pluies sont généralement plus fréquentes. Les végétaux reprennent leur croissance sans subir le stress des fortes chaleurs, ce qui favorise un bon enracinement avant l'hiver.
2. Quels sont les travaux prioritaires au jardin d'ornement en septembre ?
Au jardin d'ornement, septembre est consacré au nettoyage des massifs, à la suppression des fleurs fanées, au désherbage si nécessaire, au paillage et à la préparation des futures plantations. C'est également le bon moment pour diviser certaines vivaces et planter les premières espèces d'automne.
3. Que peut-on encore récolter au potager en septembre ?
Le potager reste généreux en septembre. Les tomates, courgettes, aubergines, poivrons, haricots, betteraves et pommes de terre continuent d'être récoltés selon les régions. Les courges commencent également à arriver à maturité.
4. Quels légumes peut-on semer ou planter en septembre ?
Septembre permet de préparer les récoltes d'automne et d'hiver. On peut semer la mâche, les épinards, les radis, les navets, les laitues d'hiver ou encore les engrais verts. C'est aussi une bonne période pour planter les choux, les poireaux et certains oignons.
5. Pourquoi est-il conseillé de planter arbres et arbustes dès septembre ?
Les plantations réalisées en septembre profitent d'un sol encore chaud, favorable au développement des racines. Les végétaux s'installent tranquillement pendant l'automne et l'hiver, ce qui leur permet de mieux résister aux fortes chaleurs de l'été suivant. Trois saisons pleines avent la quatrième, l’été.
6. Comment préparer le verger à l'automne ?
Le verger mérite une attention particulière en septembre. Il est conseillé de ramasser les fruits tombés au sol, de retirer ceux qui sont malades, de surveiller l'état des branches après l'été et de poursuivre les récoltes. Ces gestes limitent le développement de certaines maladies et préparent une meilleure fructification l'année suivante.
7. Faut-il continuer à arroser en septembre ?
Oui, mais les besoins diminuent progressivement. Les jeunes plantations, les arbres récemment installés et les potées nécessitent encore des arrosages réguliers si les pluies tardent à revenir. En revanche, il est inutile d'arroser autant qu'en plein mois de juillet.
8. Quelles plantes choisir face aux épisodes de gel et de sécheresse ?
Les épisodes climatiques récents invitent à privilégier des végétaux bien adaptés à notre région. Le micocoulier, le chêne vert, l'arbousier, le laurier-tin, les gauras, les sauges arbustives, les achillées ou encore certaines graminées offrent un bon compromis entre rusticité et résistance à la sécheresse.
9. Peut-on refaire une pelouse en septembre ?
Oui, septembre est même l'une des meilleures périodes pour créer ou rénover une pelouse. Le sol est encore chaud, les températures deviennent plus douces et les pluies facilitent la germination. Le gazon s'installe ainsi dans d'excellentes conditions avant l'hiver. Il sera surtout bien implanté avant le premier été.
10. Pourquoi faut-il observer son jardin avant d'acheter de nouvelles plantes ?
Le jardin est un excellent indicateur. Après un hiver parfois rigoureux et un été souvent sec, il révèle quelles plantes sont réellement adaptées à votre terrain et à votre climat. Observer les végétaux qui ont le mieux résisté permet de faire des choix plus durables et de concevoir un jardin plus résilient face aux évolutions climatiques.
11. Pourquoi dit-on que septembre est la véritable rentrée du jardin ?
Comme les écoliers retrouvent le chemin de l'école, le jardin entre dans une nouvelle phase de son année. Les fortes chaleurs s'éloignent, les plantations reprennent, le potager se renouvelle et les projets d'aménagement peuvent commencer. Pour de nombreux paysagistes, septembre marque le véritable début de la saison des créations paysagères, avec des conditions idéales pour préparer les jardins de demain.
Loïc BANCE Concepteur de jardins › Blog Jardin › MENU : Radio Jardins d’ici > La 81 : La forêt Française Épisode 2 .
📅 Publié le : 29/07/2026 🔄 Mis à jour le : 29/07/2026
🌿 La forêt Française. Episode N° 2.
Épisode 2
Il est vrai que je suis une forêt pleine de ténèbres et de grands arbres sombres ; mais qui ne craint pas mes ténèbres trouvera sous mes cyprès des sentiers fleuris de roses.
—Friedrich Nietzsche
Nous avons, déjà, ce mois-ci, pu écouter, la N°78 Emission du 08-07-26 La forêt Num 1, puis, la N°79 Emission du 15-07-2026 Le débroussaillage pour protéger ces forêts, et la N°80 Emission du 22-07-26 Le bois en aménagements paysagers, bois issus de ces forêts, et nous voici en cette fin de mois, le 29 -07-26 La forêt Française numéro 2. Dans cette émission, nous parlerons de : La forêt royale. La révolution industrielle. Les grands programmes de reboisement. La forêt de guerre et plus réjouissant, la forêt de notre mémoire collective. Contes et légendes des forêt Basque et Landaises, on parlera surement du Basajaun qui rode dans les forêt Basque…
📍 Intervention sur les secteurs : Landes : Capbreton – Seignosse -Hossegor – Dax - Mont de Marsan et autres. Pays Basque : Bayonne – Anglet – Biarritz et autres Expert en aménagements paysagers au Pays Basque et dans les Landes.
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Nous avons, déjà, ce mois-ci, pu écouter, la N°78 Emission du 08-07-26 La forêt Num 1, puis, la N°79 Emission du 15-07-2026 Le débroussaillage pour protéger ces forêts, et la N°80 Emission du 22-07-26 Le bois en aménagements paysagers, bois issus de ces forêts, et nous voici en cette fin de mois, le 29 -07-26 La forêt Française numéro 2. Dans cette émission, nous parlerons de : La forêt royale. La révolution industrielle. Les grands programmes de reboisement. La forêt de guerre et plus réjouissant, la forêt de notre mémoire collective. Contes et légendes des forêt Basque et Landaises, on parlera surement du Basajaun qui rode dans les forêt Basque…
À mesure que les défrichements progressent, une évidence s'impose peu à peu aux souverains : si l'on continue à couper les arbres sans retenue, la forêt finira par disparaître. Or, le bois est devenu une ressource stratégique. Il ne sert plus seulement à se chauffer ou à construire des maisons. Il est indispensable à la puissance du royaume. Et qui dit Royaume dit Forêt royale !
Qui a le pouvoir sur la forêt à cette époque : Les rois de France pour la France les autres rois pour les autres pays ! C'est ainsi que naît progressivement ce que l'on appellera la forêt royale. Dès le XIIIᵉ siècle, les rois de France commencent à protéger certaines forêts qui deviennent leur propriété. Elles servent de réserves de chasse, bien sûr, mais pas uniquement. Elles représentent également un immense stock de bois destiné à la construction, aux fortifications et, plus tard, à la marine royale.
Les chênes les plus majestueux sont particulièrement recherchés. Il faut parfois plus de cent cinquante ans pour obtenir un arbre capable de fournir les longues pièces de bois nécessaires à la fabrication de la coque d'un navire de guerre. On comprend alors qu'un arbre planté sous un roi ne sera parfois exploité que sous le règne de plusieurs de ses successeurs.
La forêt devient une richesse qu'il faut gérer sur le très long terme. Cette prise de conscience atteint son apogée sous le règne de Louis XIV. Son ministre Jean-Baptiste Colbert comprend que la France ne pourra jamais posséder une grande marine sans une gestion rigoureuse de ses forêts.
En 1669, il promulgue la célèbre Ordonnance sur les Eaux et Forêts, un texte fondateur qui organise l'exploitation forestière dans tout le royaume. Les coupes sont réglementées, les abus sanctionnés et des gardes forestiers sont chargés de faire respecter les règles. Cette ordonnance est souvent considérée comme l'un des premiers grands textes de gestion durable des forêts en Europe. Beaucoup de ses principes inspirent encore aujourd'hui la sylviculture moderne. Les arbres deviennent alors un investissement pour les générations futures. On ne plante plus seulement pour soi, mais pour ses enfants et parfois même pour ses arrière-petits-enfants. Une belle leçon de patience dans une époque où tout semble aujourd'hui devoir aller toujours plus vite.
Puis vient la Révolution française. Les biens de la Couronne et du clergé changent de propriétaires. Certaines forêts sont vendues, d'autres surexploitées. Mais c'est surtout le XIXᵉ siècle qui va profondément bouleverser les paysages forestiers français.
Il est intéressant de préciser, que de nos jours, s’il ne s’agit plus que d’une désignation historique, la forêt Royale est un élément du patrimoine. Mais toujours en vigueur en Angleterre, des terres, pas seulement des forêts, réservés à l’usage exclusif de l’Aristocratie.
En France on dirait plutôt de nos jours une chasse privée ... Mais rendons à César ce qui appartient à César et aux Rois ce qui nous appartient désormais : Ces forêt Royale, ayant une fonction symbolique et très rarement accessible au peuple ; on ait comme une « réserve » et ont quand même permis une conservation du milieu, ce qui a permis une sauvegarde et une transmission jusqu’à nos jour d’une forêt presque identique qu’autrefois. Une sorte de forêt primaire, épargnée de la révolution, non, pas la bastille, la révolution industrielle.
Elle transforme complètement les besoins de la société. Les villes grandissent rapidement. Les chemins de fer sillonnent le territoire. Les mines se développent. Les traverses de chemin de fer, les charpentes, les échafaudages, les poteaux télégraphiques, les wagons, les bateaux et les premières industries consomment des quantités considérables de bois.
Pourtant, un paradoxe apparaît. Le charbon remplace progressivement le bois comme principale source d'énergie. Cette évolution réduit la pression exercée sur certaines forêts.
Dans le même temps, de nombreuses terres agricoles peu productives sont abandonnées, notamment dans les régions montagneuses ou les sols sont plus pauvres. La forêt recommence alors à gagner du terrain. C'est une véritable renaissance.
Le XIXᵉ siècle marque également le début des grands programmes de reboisement. L'exemple le plus spectaculaire se trouve tout près de chez nous, dans les Landes de Gascogne. Avant le milieu du XIXᵉ siècle, cette immense région n'avait rien du paysage que nous connaissons aujourd'hui. Elle était constituée de landes humides, de marécages et de vastes étendues où les bergers se déplaçaient sur d'impressionnantes échasses pour surveiller leurs troupeaux. Les sols, très pauvres et souvent gorgés d'eau, rendaient l'agriculture difficile.
En 1857, sous le règne de Napoléon III, une loi impose l'assainissement et le boisement des Landes de Gascogne. Des millions de pins maritimes sont plantés afin de fixer les sols sableux, d'assécher les terrains humides et de développer une économie forestière. En quelques décennies seulement naît la plus grande forêt artificielle d'Europe occidentale.
Ce paysage, que beaucoup considèrent aujourd'hui comme naturel, est en réalité le fruit d'une formidable volonté humaine. Il témoigne de la capacité de l'Homme à transformer profondément un territoire, parfois pour le meilleur, parfois avec des conséquences inattendues. Car cette immense forêt de pins, composée majoritairement d'une seule essence, la monoculture, se révèle également plus vulnérable aux tempêtes, aux incendies ou à certains ravageurs. La forêt nous rappelle ainsi qu'en matière de nature, la diversité reste souvent la meilleure des assurances.
À la même époque, dans de nombreuses montagnes françaises, d'autres campagnes de reboisement voient le jour. Les pentes surexploitées provoquent des glissements de terrain, des torrents dévastateurs et une forte érosion. L'État engage alors d'importants travaux de Restauration des Terrains en Montagne, plus connus sous le sigle RTM. Des milliers d'hectares sont replantés en pins noirs d'Autriche, en mélèzes, en sapins ou encore en épicéas afin de stabiliser les sols et de protéger les vallées. Ces plantations, parfois critiquées pour leur aspect uniforme, ont néanmoins permis de sauver de nombreux villages des crues torrentielles et des éboulements.
Aujourd'hui, la forêt française couvre environ un tiers du territoire métropolitain. Avec plus de dix-sept millions d'hectares, elle est la quatrième plus grande forêt d'Europe. Ce chiffre surprend souvent, car beaucoup imaginent que nos forêts disparaissent inexorablement. En réalité, leur superficie augmente depuis près de deux siècles. L'abandon progressif de certaines terres agricoles, les politiques de reboisement et une meilleure gestion forestière expliquent cette évolution. Mais il serait trompeur de croire que tout va bien. Une forêt plus vaste n'est pas forcément une forêt en meilleure santé. Les épisodes de sécheresse deviennent plus fréquents. Les canicules fragilisent certaines essences. Les incendies gagnent des régions jusque-là relativement épargnées. Les tempêtes peuvent abattre en quelques heures des milliers d'hectares de peuplements. De nouveaux insectes ravageurs profitent du réchauffement climatique pour coloniser des territoires où ils ne pouvaient pas survivre autrefois. Certaines maladies progressent elles aussi plus rapidement. Les forestiers doivent désormais imaginer la forêt de demain en tenant compte d'un climat qui évolue plus vite que les arbres eux-mêmes.
Pourtant, malgré ces défis, la forêt française demeure un patrimoine exceptionnel. Elle est à la fois un réservoir de biodiversité, un puits de carbone, une source de matériaux renouvelables, un refuge pour la faune, un espace de promenade, un lieu d'inspiration et, pour beaucoup d'entre nous, un véritable havre de paix. En tant que paysagiste, j'aime penser que la forêt est notre plus grande école. Chaque jardin que nous dessinons, chaque arbre que nous plantons, chaque haie que nous préservons trouve une partie de son inspiration dans ce formidable laboratoire naturel qui fonctionne depuis des milliers d'années. Observer une forêt, c'est finalement observer le temps à l'œuvre. Un temps qui ne se compte ni en jours, ni en mois, mais en générations d'arbres, d'animaux... et d'êtres humains.
Avant de parler de la forêt dans l’imaginaire des Français, j’aimerais aborder un sujet, rarement traité dans les émissions sur la forêt, alors qu'il raconte une autre facette de son histoire : la forêt comme refuge, comme ressource, comme champ de bataille... et comme victime.
Pendant des siècles, la forêt n'a pas seulement protégé les animaux. Elle a aussi protégé les hommes. Lorsque les guerres éclataient, les massifs forestiers devenaient des refuges naturels. Leur densité, leur relief et leur connaissance par les habitants rendaient les poursuites difficiles. Déjà au temps des Gaulois, certaines tribus se repliaient dans les grands bois pour échapper aux armées romaines. Plus tard, durant la guerre de Cent Ans, puis pendant les guerres de Religion, les forêts servent de cachettes aux populations qui fuient les combats. Elles deviennent parfois le dernier rempart entre la vie et la mort. Les soldats eux-mêmes apprennent rapidement à utiliser les arbres comme protection. Une lisière peut masquer une armée entière. Un massif forestier ralentit une cavalerie. Un simple chemin forestier peut permettre de contourner un adversaire sans être vu. Les stratèges militaires connaissent parfaitement ces avantages. Encore aujourd'hui, de nombreuses écoles militaires enseignent le combat en milieu forestier, car les arbres limitent les observations aériennes, compliquent les communications et offrent une protection naturelle contre certains tirs. Mais ça, c’est la théorie, un bombardement dans une forêt, ces autant d’éclat de bois que de métal, les projections d’arbres déchiquetés deviennent alors de véritables engins de mort. De plus les techniques nouvelles de visions infrarouge, nocturnes, ne permettent plus à la forêt de protéger efficacement le combattant. Et puisque l’on parle de combat, c'est probablement au cours du XXᵉ siècle que la forêt française devient l'un des plus grands témoins de notre histoire. Pendant la Première Guerre mondiale, plusieurs massifs disparaissent littéralement sous les bombardements. Autour de Verdun, dans l'Argonne ou sur les hauteurs des Vosges, des millions d'obus transforment les forêts en paysages lunaires. Des arbres centenaires sont pulvérisés en quelques secondes. Les sols sont retournés sur plusieurs mètres de profondeur. Là où se dressaient de majestueux peuplements ne subsistent parfois que des souches calcinées et des cratères d'obus. Pourtant, une fois les combats terminés, la nature entreprend un lent travail de reconstruction. Les premières herbes apparaissent, puis les bouleaux, les saules, les pins et enfin les feuillus recolonisent progressivement ces terres meurtries. Certaines des forêts que nous admirons aujourd'hui autour de Verdun sont donc relativement jeunes. Elles poussent sur un sol qui conserve encore les cicatrices de la guerre.
Et ces cicatrices sont parfois invisibles. Chaque année encore, les démineurs découvrent des milliers d'obus, de grenades ou de munitions enfouis dans les sous-bois. C'est ce que l'on appelle la récolte de fer. Plus d'un siècle après la Première Guerre mondiale, certaines zones restent dangereuses. La célèbre Zone Rouge, créée après 1918, interdit encore aujourd'hui toute activité dans certains secteurs tellement les sols demeurent pollués par les métaux lourds, les explosifs et les substances toxiques. La forêt est ainsi devenue la gardienne silencieuse d'une mémoire que la terre n'a jamais complètement effacée.
Durant la Seconde Guerre mondiale, les forêts retrouvent un autre rôle. Elles deviennent les refuges des résistants. Les maquis s'installent dans les grands massifs forestiers où ils organisent leurs camps, cachent des armes, accueillent les parachutages alliés et préparent les actions contre l'occupant. Les Cévennes, le Vercors, le Limousin, le Morvan ou encore certaines forêts des Pyrénées et du Sud-Ouest restent profondément marquées par cette période. Pour beaucoup de résistants, la forêt n'était pas seulement une cachette ; elle était devenue un allié. Elle offrait l'eau, le bois pour se chauffer, les baies, les champignons, parfois le gibier, mais surtout l'anonymat.
Les conflits modernes continuent malheureusement de laisser leur empreinte sur les forêts du monde. Les incendies provoqués par les combats, les mines antipersonnel, les bombardements, les pollutions chimiques ou les déforestations destinées à dégager des zones militaires bouleversent durablement les écosystèmes. Dans certains pays, des forêts entières restent interdites d'accès plusieurs décennies après la fin des hostilités en raison des munitions non explosées. Les arbres repoussent, les oiseaux reviennent, les animaux recolonisent les lieux… mais sous leurs racines demeurent parfois les traces d'une violence que la nature mettra très longtemps à effacer.
Et c'est peut-être là l'une des plus belles leçons que nous offre la forêt. Elle possède une extraordinaire capacité de résilience. Lorsqu'on lui en laisse le temps, elle reconquiert les terrains dévastés, stabilise les sols, accueille de nouveau la biodiversité et transforme peu à peu les champs de bataille en lieux de vie. Sans oublier le passé, elle prépare toujours l'avenir. Peu de personnes savent que la forêt est à la fois mémoire, victime et guérisseuse des guerres. C'est une manière très forte de montrer que les arbres ne sont pas seulement des éléments du paysage : ils sont aussi des témoins de notre histoire, un joli clin d'œil à cette résilience, les forêts se reconstruisent naturellement après les grandes perturbations, qu'elles soient d'origine humaine ou naturelle. Me vient à l’esprit à cette instant la vision de la forêt de Tchernobyl, mais ce sera une autre histoire de la forêt...
Si la forêt est un patrimoine naturel exceptionnel, elle est aussi un patrimoine culturel. Depuis toujours, les hommes y ont projeté leurs peurs, leurs croyances, leurs rêves et leurs légendes. Bien avant que les scientifiques n'étudient les arbres, les conteurs avaient déjà fait de la forêt un personnage à part entière. Dans les récits populaires, elle n'est jamais un simple décor. Elle protège, elle nourrit, elle égare, elle met à l'épreuve, elle révèle le courage, parfois la peur, mais elle conduit presque toujours à une transformation.
Combien d'entre nous ont grandi en écoutant les aventures du Petit Chaperon rouge, du Petit Poucet ou de pierre et le Loup ! de Robin des bois prince des voleurs, dans chacune de ces histoires, la forêt représente l'inconnu. On y entre enfant, on en ressort changer. Elle est le lieu de tous les possibles. Derrière ces histoires se cache une réalité historique. Pendant des siècles, les grandes forêts françaises étaient immenses, sombres et parfois dangereuses. Les chemins étaient peu nombreux, les cartes inexistantes, et il suffisait de s'éloigner de quelques centaines de mètres d'un sentier pour perdre tout repère, et à conditions d’aimer explorer quelques territoires hostiles, je pense que des grands moments de solitudes sont nées de ces expériences.
Les voyageurs redoutaient autant les loups que les mauvaises rencontres. Les brigands connaissaient parfaitement ces bois où ils pouvaient tendre des embuscades avant de disparaître entre les arbres. Certaines forêts, comme celle de Fontainebleau ou de Tronçais, ont longtemps entretenu cette réputation de refuge pour les hors-la-loi. Les contrebandiers, eux aussi, empruntaient les chemins forestiers pour échapper aux contrôles. Les bois étaient alors synonymes de liberté… mais aussi d'insécurité.
Parmi tous les animaux qui ont nourri l'imaginaire collectif, aucun n'occupe une place aussi importante que le loup. Pendant des siècles, il partagea le territoire avec les hommes. Les hivers rigoureux, les famines et les guerres rapprochaient parfois les meutes des villages. Les attaques contre les troupeaux étaient fréquentes et, plus rarement, quelques attaques contre l'homme furent rapportées, souvent amplifiées par les récits populaires. Peu à peu, le loup est devenu le symbole de la peur. Il hante les contes, les proverbes et les expressions de notre langue. Pourtant, l'histoire est souvent plus nuancée que la légende, mais vous souvenez-vous de 1760 à 1767 ? … allez fournissez un effort ! dans un département aujourd’hui situé en Lozère, une époque où le royaume de France compte 20000 loups. La bête du Gévaudan !
Aujourd'hui revenu dans plusieurs régions françaises, le loup continue d'alimenter les débats entre protection de la biodiversité et préservation du pastoralisme. Comme souvent avec la forêt, les questions d'hier rejoignent celles d'aujourd'hui.
La forêt fut également le royaume d'hommes dont les métiers ont presque disparu. Pensons aux charbonniers. Ils vivaient parfois plusieurs semaines au cœur des bois pour fabriquer du charbon de bois. Celui-ci était indispensable aux forges, aux verreries et à de nombreux artisans. Leur travail demandait une connaissance extraordinaire des essences forestières et de la combustion lente du bois. Ils édifiaient de grandes meules soigneusement recouvertes de terre afin de contrôler l'arrivée d'oxygène. Une surveillance constante était nécessaire. Une simple fissure pouvait embraser tout le tas de bois et anéantir plusieurs jours de travail. Les charbonniers formaient une communauté discrète, souvent isolée, vivant au rythme de la forêt.
Dans les Landes de Gascogne, une autre silhouette appartient désormais au patrimoine régional : celle du résinier. Pendant près de deux siècles, des générations d'hommes ont parcouru les pinèdes pour récolter la résine du pin maritime. À l'aide d'un outil appelé le hapchot, ils pratiquaient une entaille dans l'écorce afin de faire couler cette précieuse sève épaisse, recueillie dans un petit pot de terre fixé au tronc, appelé Hugues, du nom d’un avocat Bordelais en 1884 qui mit au point cette méthode pour récolter la résine. La gemme cette substance exsudée du pin, produit renouvelable et naturel servait ensuite à fabriquer de l'essence de térébenthine, de la colophane, des vernis, des peintures, des savons ou encore des produits pharmaceutiques. C'était un métier difficile, exigeant et profondément lié au paysage landais. Beaucoup de ces arbres portent encore aujourd'hui les cicatrices de ce travail, véritables témoins silencieux d'une activité qui a façonné toute une région.
Aujourd’hui, cette pratique est relancée, mais plus moderne, scie à cloche jusqu’au bois, puis application d’une pate biologique qui retarde la cicatrisation des arbres, et qui permettent donc une récolte plus longue et plus abondante. Une poche plastique de récupération de la gemme et ensuite installée au bout d’un connecteur luis aussi en plastique insérer dans le tronc. C’est plus moderne, mais moins jolies que les pots de terre, mais, parait-il plus responsable, car le gemmage ancien infligé de grandes cicatrice aux arbres pelés de leur écorce sur plusieurs mètres de hauteur et aspergé d’acide pour retarder la cicatrisation… Les époques changent, les méthodes aussi, mais la filière semble vouloir se relancer, mais loin derrière le brésil et la Chine qui ont le monopole du gemmage. On reparlera de la chine dans une autre émission, la chine face à nos forêt Française. Forêt qui semble très convoitées.
En tant que paysagiste du Pays Basque et du sud des Landes, je ne peux évoquer la forêt sans parler des légendes qui habitent nos montagnes. Ici, les bois ne sont jamais tout à fait ordinaires. Les anciens racontaient qu'au détour d'un chemin, dans la forêt d’Iraty, pouvait apparaître Basajaun, le « Seigneur de la forêt » de la mythologie basque. Couvert de poils, d'une force exceptionnelle, il était présenté comme le protecteur des animaux sauvages et des montagnes. On disait qu'il connaissait les secrets de la nature bien avant les hommes et qu'il leur avait parfois enseigné l'agriculture, la forge ou encore l'élevage. Plus qu'un simple personnage légendaire, Basajaun rappelle combien la forêt était perçue comme un lieu sacré, peuplé de forces invisibles qu'il convenait de respecter. Mais il n’est pas seul ce géant des forêts, sa compagne, Basandere, la gardienne des trésor enfouis, partage ses connaissances avec le Lamiak, autres génies Basque des forêts. Vous voila avertis, si vous croisez le Basajaun, la Basandere ou les Lamiak .
Plus au nord, dans les Landes, les récits populaires évoquent les mystérieuses dames blanches, les feux follets des zones humides, les arbres que l'on n'osait pas couper parce qu'ils auraient porté malheur, ou encore les fontaines cachées au fond des bois auxquelles on prêtait des vertus guérisseuses. Chaque région de France possède ainsi ses histoires, ses croyances et ses arbres protecteurs.
Et puis il y a ces arbres que l'on appelle aujourd'hui les arbres remarquables. Certains ont traversé plusieurs siècles, parfois près d'un millénaire. Ils ont vu passer les rois, les révolutions, les guerres, les tempêtes et les générations successives d'habitants. Leurs troncs gigantesques impressionnent autant qu'ils rassurent.
Sous leurs branches se sont tenues des assemblées, des marchés, des fêtes de village, parfois même des jugements. Ils sont devenus des repères, des lieux de mémoire. Dans une époque où tout change très vite, ces géants nous rappellent que la nature mesure le temps autrement que nous.
Avez-vous déjà eu l’occasion de voir un arbre remarquable ? Si ce n’est pas le cas, et que vous êtes dans les Landes, vous pouvez voir ces « ancêtres » remarquables dans les Landes : Le chêne de Cantaure, un Chêne pédonculé du XVI siècle sur la commune de Luê au Nord-Ouest de Labouheyre, onze mètres de circonférence au sol. Il y a également le Chêne de Saint-Vincent-de-Paul, Lou biel cassou, un arbre qui est âgé de 700 ou 800 ans mais n’oublions pas Biscarosse et son Orme de plus de 600 ans, le doyen des Ormes en France aujourd’hui disparu t bien d'autre à découvrir !
Mais, rester à l'écoute, nous évoquerons prochainement ces arbres remarquables !
Les questions posées sur la forêt Française.
Questions/Réponses sur la Forêt Française.
1. Pourquoi les rois de France ont-ils commencé à protéger les forêts ?
Contrairement à ce que l'on pourrait croire, les rois ne protégeaient pas les forêts uniquement pour le plaisir de la chasse. Le bois était une ressource stratégique. Il servait à construire les maisons, les ponts, les fortifications, mais surtout les navires de guerre. Un grand chêne destiné à la marine royale pouvait mettre plus de 150 ans à atteindre la taille souhaitée. Les souverains ont donc compris qu'il fallait gérer les forêts sur le long terme afin d'assurer les besoins des générations futures.
2. Qui était Jean-Baptiste Colbert et quel rôle a-t-il joué pour les forêts françaises ?
Ministre de Louis XIV, Jean-Baptiste Colbert est l'un des premiers à avoir organisé une véritable politique forestière. En 1669, il fait adopter l'Ordonnance sur les Eaux et Forêts, qui réglemente les coupes de bois, protège certaines futaies et lutte contre les exploitations abusives. Beaucoup considèrent ce texte comme l'un des fondements de la gestion durable des forêts françaises.
3. Que s'est-il passé pour les forêts pendant la Révolution française ?
La Révolution française a profondément modifié la propriété des forêts. Les biens appartenant au roi, au clergé et à une partie de la noblesse ont été confisqués puis vendus. Certaines forêts ont été très fortement exploitées pour répondre aux besoins économiques de l'époque. Mais cette période marque aussi le début d'une réflexion sur la place de la forêt comme bien collectif, dont la gestion ne pouvait plus être laissée au seul hasard.
4. Pourquoi la révolution industrielle a-t-elle transformé les forêts ?
Au XIXᵉ siècle, l'industrie se développe rapidement. Il faut construire des chemins de fer, des mines, des ponts, des bâtiments et de nombreuses infrastructures. Le bois est partout. Paradoxalement, le charbon remplace progressivement le bois comme principale source d'énergie. Cette évolution réduit la pression exercée sur certaines forêts et permet même à plusieurs massifs de recommencer à s'étendre naturellement.
5. Pourquoi a-t-on planté des millions de pins dans les Landes ?
Avant le XIXᵉ siècle, les Landes étaient constituées de vastes marécages et de landes humides. Une loi votée en 1857 décide leur assainissement et leur boisement. Des millions de pins maritimes sont alors plantés afin de fixer les sols sableux, assécher les terrains et développer une économie fondée sur le bois et la résine. C'est ainsi qu'est née la plus grande forêt artificielle d'Europe occidentale.
6. Qu'est-ce que la Restauration des Terrains en Montagne ?
À la fin du XIXᵉ siècle, de nombreuses montagnes françaises souffrent d'une forte érosion provoquée par les défrichements excessifs. Pour protéger les villages contre les torrents, les glissements de terrain et les avalanches, l'État lance un vaste programme de reboisement. Des milliers d'hectares sont replantés. Ce programme, appelé Restauration des Terrains en Montagne, existe toujours aujourd'hui et constitue l'une des plus anciennes politiques environnementales françaises.
7. Pourquoi les forêts ont-elles joué un rôle si important pendant les guerres ?
Depuis l'Antiquité, les forêts offrent un refuge naturel. Elles permettent de se cacher, de se déplacer discrètement ou de protéger des populations civiles. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elles deviennent le territoire des maquis de la Résistance. Dans les Cévennes, le Vercors, le Morvan ou les Pyrénées, de nombreux résistants ont trouvé dans les massifs forestiers un allié précieux pour organiser leurs actions contre l'occupant.
8. Les guerres laissent-elles encore des traces dans les forêts françaises ?
Oui, et parfois de manière spectaculaire. Autour de Verdun ou dans certaines forêts de l'Est de la France, les sols renferment encore des millions d'obus, de grenades et d'éclats métalliques datant de la Première Guerre mondiale. Chaque année, les équipes de déminage récupèrent des tonnes de munitions. Certaines zones restent interdites d'accès plus d'un siècle après la fin du conflit en raison de la pollution des sols et des risques d'explosion.
9. Pourquoi la forêt occupe-t-elle une place si importante dans notre imaginaire ?
Parce qu'elle accompagne l'humanité depuis des milliers d'années. Les contes comme Le Petit Chaperon rouge, Le Petit Poucet ou Hansel et Gretel se déroulent tous en forêt. Les Celtes y voyaient un lieu sacré. Les légendes basques racontent les aventures de Basajaun, le gardien des bois. Pendant longtemps, la forêt représentait à la fois un refuge, un mystère, un danger et une source de vie. Cette image continue de marquer notre culture.
10. Qu'appelle-t-on un arbre remarquable ?
Un arbre remarquable est un arbre qui se distingue par son âge, ses dimensions, son histoire ou son intérêt patrimonial. Certains chênes, tilleuls ou ifs ont plus de cinq cents ans et ont traversé plusieurs siècles d'histoire. Ils ont vu passer des générations d'habitants, parfois même des rois ou des événements historiques. Ces géants vivants sont de véritables monuments naturels, au même titre que les châteaux ou les cathédrales.
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