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Narcisse.

Leirion Narkissos (gr) narcissus, Narcissus (L)

Métamorphose de Narcisse en Narcisse.

 

D'après Ovide les métamorphoses Livre III Narcisse. Echo.

narcisse

Légère faille de l'esprit ou peut s'engouffrer l'inquiétude.

Comment être sûr que tout cela est fabuleux et seulement fabuleux, alors que d'obscures terreurs réveillées tressaillent au fond de notre âme?

A trop regarder, on risque de trop voir, mais comment ne pas regarder?

 

« L’histoire de Narcisse et liée à la rencontre d’Echo. Pour ne pas allonger le texte déjà conséquent de cette métamorphose je vous propose en fin de page, de me laisser un commentaire, si vous désirez que je vous entretienne sur la métamorphose d’Echo, afin de s’avoir pourquoi aujourd’hui encore, la fin de nos phrases rebondi dans les montagnes… Je ne garde ici,  que la partie de métamorphose en plante de Narcisse. Plantes objets de ces publications. »

La première, qui fit l’épreuve de l’oracle Tirésias ( Τειρεσίας. Devin aveugle de Thèbes) fut la nymphe Liriope aux cheveux d’azur ; jadis le Céphise (Khèphisos ; fleuve grec) l’enlaça dans son cours sinueux et, la tenant enfermée au milieu de ses ondes, lui fit violence.

Doué d’une rare beauté, elle conçut et mis au monde un enfant qui dès lors était digne d’être aimé des nymphes ; elle l’appela Narcisse.

Elle vint demander s’il verrait sa vie se prolonger dans une vieillesse avancée ; le devin, interprète de la destinée, répondit : « S’il ne se connaît pas. »

Longtemps ce mot de l’augure parut vain ; il fut justifié par l’évènement, par la réalité, par le genre de mort de Narcisse et par son étrange délire ; déjà à ses quinze années le fils du Céphise en avait ajouté une ; il pouvait passer aussi bien pour un enfant et pour un jeune homme ; chez beaucoup de jeune gens, chez beaucoup de jeunes filles et nombreuse nymphes dont Echo et d’autres nées dans les eaux ou les montagnes, il faisait naître le désir ; mais sa beauté encore tendre cachait un orgueil si dur que ni nymphes, ni jeunes gens, ni jeunes filles ne purent le toucher.

Aussi quelqu’un qu’il avait méprisé, levant les mains vers le ciel, s’écria : « Puisse- t-il aimer, lui aussi, et ne jamais posséder l’objet de son amour ! » La déesse de Rhammonte (Némésis, personnification de la vengeance divine, qui châtie toute démesure.) exauça cette juste prière.

Il y avait une source limpide dont les eaux brillaient comme de l’argent ; jamais les pâtres ni les chèvres qu’ils faisaient paître sur les montagnes, ni aucun autre bétail ne l’avaient effleurée, jamais un oiseau, une bête sauvage ou rameau tombé d’un arbre n’en avait troublé la pureté.

Narcisse voulant y apaiser sa soif, sent naître en lui une soif nouvelle ; tandis qu’il boit, épris de son image, qu’il aperçoit dans l‘onde, il se passionne pour une illusion sans corps ; il prend pour un corps ce qui n’est que de l’eau ; il s’extasie devant lui-même ; il demeure immobile, le visage impassible, semblable à une statue taillée dans le marbre de Paros. Etendue sur le sol, il contemple ses yeux, deux astres, sa chevelure digne de Bacchus et non moins digne d’Apollon, ses joues lisses, son cou d’ivoire, sa bouche gracieuse, son teint qui a un éclat de vermeil unit de blancheur de neige : enfin, il admire tout ce qui le rend admirable. Sans s’en douter, il se désire lui-même ; il est l’amant et l’objet aimé, le but auquel s’adressent ses vœux ; les feux qu’ils cherchent à allumer sont en même temps ceux qui le brûlent. Que de fois, il donne de vains baiser à cette source fallacieuse ! Que de fois pour saisir son cou, qu’il voyait au milieu des eaux, il y plongea ses bras, sans pouvoir s’atteindre ! Que voit-il ? Il l’ignore ; mais ce qu’il voit le consume ; la même erreur qui trompe ses yeux les excite. Crédule enfant, pourquoi t’obstines-tu vainement à saisir une image fugitive ? Ce que tu recherches n’existe pas ; l’objet que tu aimes, tourne-toi et il s’évanouira.

Ni le souci de Cérès (Déesse romaine de l'agriculture, des moissons et de la fécondité. Par métonymie la nourriture)  ni le besoin de sommeil ne peuvent l’arracher de ce lieu. Epandue dans l’herbe du soir, il contemple d’un regard insatiable l’image mensongère.

Il meurt, victime de ses propres yeux. Il avait dit « Adieu » - « Adieu » répliqua Echo. Il laissa tomber sa tête lasse sur le vert gazon ; la mort ferma ses yeux qui admiraient toujours la beauté de leur maître.

Déjà on préparait le bûcher et la civière funèbre ; le corps avait disparu ; à la place du corps, on trouve de blancs pétales.