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Sukaminos (gr) Morus Nigra. (L)

Ou comment les fruits à l’origine blancs devinrent rouges par le trépas de Pyrame et Thisbé.

 

Légère faille de l'esprit ou peut s'engouffrer l'inquiétude.

Comment être sûr que tout cela est fabuleux et seulement fabuleux, alors que d'obscures terreurs réveillées tressaillent au fond de notre âme?

A trop regarder, on risque de trop voir, mais comment ne pas regarder?

 

D'après Ovide les métamorphoses Livre IV Pyrame et Thisbé.

 

 Paysagiste Bayonne l'histoire des plantes, les mythes et lĂ©gendes les entourant mes passionne autant que leur utilisations...Mais les deux sont-elles dissociĂ©es ?

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Pyrame et Thisbé.

  • Pyrame et ThisbĂ© l’un le plus beau des jeunes gens, l’une la plus admirĂ©e entre les filles de l’Orient, habitaient deux maisons contiguĂ«s dans la vile qui doit Ă  SĂ©miramis une haute enceinte et muraille en terre cuite. Ce voisinage les amena Ă  se connaĂ®tre et favorisa les premiers progrès de leur amour ; il ne fit que grandir avec le temps ; ils auraient mĂŞme allumĂ© le flambeau d’une union lĂ©gitime, si leurs pères ne les avaient empĂŞchĂ©s. Ce qu’ils ne purent empĂŞcher ce fut qu’une mĂŞme passion embrasât leurs deux cĹ“urs Ă©galement Ă©pris. Ils n’ont aucun confident ; ils se parlent par gestes et par signes ; plus leur flamme est cachĂ©e et plus elle brĂ»le avec violence au fond de leur âme.
  • Une lĂ©gère fente s’était produite autrefois, dès le jour de la construction, dans la muraille commune  Ă  leurs deux maisons ; personne, pendant une longue suite de siècles, ne s’était aperçu du dommage ; (mais que ne dĂ©couvre pas l’amour ?) vous fĂ»tes les premiers Ă  la voir, jeunes amants ; elle servit de passage Ă  votre voix ; par-lĂ  vos tendres propos, tout doucement murmurĂ©s, arrivaient sans danger Ă  leur but ?
  • Souvent, tandis que ThisbĂ© se tenait d’un cĂ´tĂ©, Pyrame de l’autre, et qu’ils avaient tour Ă  tour Ă©piĂ© le souffle de leur bouche : « Mur jaloux, disaient-ils, pourquoi t’oppose-tu Ă  notre amour ? Que t’en coĂ»terait-il de permettre Ă  nos corps de s’unir tout entier, ou, si c’est trop demander, de t’ouvrir assez pour que nous Ă©changions du moins nos baiser ? Cependant nous ne sommes pas ingrats ; c’est grâce Ă  toi, nous te l’avouons, que nos paroles ont ou se frayer un passage jusqu’aux oreilles de l’être aimĂ©. Â» Après avoir sĂ©parĂ©ment exaltĂ© ces plaintes inutiles, Ă  l’approche de la nuit, ils se dirent adieu et chacun d’eux donna de son cĂ´tĂ© Ă  la muraille des baisers qui ne parvenaient point Ă  l’opposĂ©.
  • Quand l’aurore du lendemain eut chassĂ© les astres de la nuit et que le soleil eut sĂ©chĂ© de ses rayons les herbes couvertes de givres, ils revinrent Ă  leur rendez-vous. Alors, après de longues plaintes murmurĂ©es Ă  voix basse, ils dĂ©cident qu’à la faveur du silence de la nuit ils essaieront de tromper leurs gardiens et de franchir leurs portes ; une fois hors de leurs demeures, ils s’échapperont mĂŞme de la ville ; pour ne point s’égarer au loin dans leur course Ă  travers la campagne, ils se rĂ©uniront auprès du tombeau de Ninus et se cacheront sous l’arbre qui l’ombrage ? Cet arbre Ă©tait un mĂ»rier, chargĂ© de fruits blancs comme la neige, qui se dressait au bord d’une fraĂ®che fontaine. D’un commun accord, ils s’arrĂŞtent Ă  ce plan ; le jour, qui leur a semblĂ© fuir trop lentement, se plonge dans les flots et de ces flots monte la nuit.
  • Adroitement, au milieu des tĂ©nèbres, ThisbĂ© fait tourner la porte sur ses gonds ; elle sort, trompant la surveillance de sa famille ; le visage cachĂ© par un voile, elle parvient au tombeau et s’assied sous l’arbre dĂ©signĂ© ; l’amour lui donna de l’audace. VoilĂ  qu’une lionne, sa gueule Ă©cumante encore teinte du sang des bĹ“ufs qu’elle a rĂ©cemment Ă©gorgĂ©s, vient Ă©tancher sa soie dans l’onde de la fontaine voisine. De loin, aux rayons de la lune, ThisbĂ©, la vierge de Babylone, l’a aperçue ; d’un pas tremblant elle fuit  dans une antre obscur et en fuyant elle laisse tomber le voile qui couvrait ses Ă©paules.
  • Quand la lionne farouche s’est dĂ©saltĂ©rĂ©e Ă  long trait dans la source et tandis qu’elle retourne vers les forĂŞts, elle trouve par hasard ce voile lĂ©ger abandonnĂ© par la jeune fille et le dĂ©chire de sa gueule ensanglantĂ©e.
  • Sorti plus tard, Pyrame voit sur la poussière Ă©paisse les traces certaines de la bĂŞte et la pâleur couvre son visage ;  mais lorsqu’il trouve aussi le voile teint de sang : « La mĂŞme nuit, dit-il, verra pĂ©rir deux amants ; de nous deux c’était elle qui Ă©tait la plus digne d’une longue vie ; c’est moi qui t’ai perdue, infortunĂ©e, moi qui t’ai fait venir, la nuit dans ces lieux oĂą tout inspire l’effroi ; et je n’y suis pas venu le premier. Mettez mon corps en lambeaux, punissez-moi de mon forfait en dĂ©chirant mes entrailles par vos fĂ©roces morsures, Ă´ lions qui habitez ces rochers ! Mais le lâche seul se borne Ă  appeler la mort de ses vĹ“ux. Â»
  • Il prend le voile de ThisbĂ© et l’emporte avec lui sous l’ombrage de l’arbre convenu ; il couvre de ses larmes ce vĂŞtement bien connu, il le couvre de ses baisers : « Reçoit aussi s’écrie-t-il, mon sang, que ma main va rĂ©pandre. Â» Et, tirant le fer qu’il portait Ă  sa ceinture, il le plonge dans son sein ; aussitĂ´t après, dĂ©jĂ  mourant, il l’arrache de la plaie brĂ»lante ; de son corps tombĂ© Ă  la renverse le sang jaillit Ă  une grande hauteur ; ainsi le tube de plomb, quand il a subi  un dommage, se fend en lance en sifflant par une Ă©troite ouverture de long jet d’eau, dont la violence dĂ©chire l’air. Les fruits de l’arbre, sous cette rosĂ©e de mort, prennent un sombre aspect et sa racine, baignĂ©e de sang, donne la couleur de la pourpre aux mĂ»res qui pendent Ă  ses rameaux.
  • VoilĂ  que tremblante encore, mais ne voulant pas faire attendre son amant, ThisbĂ© revient ; ses yeux et son cĹ“ur cherchent le jeune homme ; elle brĂ»le de lui raconter les dangers auxquels elle a Ă©chappĂ© ; elle reconnait le lieu, elle reconnait la forme de l’arbre, mais la couleur de ses fruits la fait hĂ©siter ; elle se demande si c’est bien le mĂŞme. Tandis qu’elle hĂ©site, elle voit avec terreur le corps qui palpite sur la terre ensanglantĂ©e ; elle recule, plus pâle que le buis, et frĂ©mit comme la mer, quand sa surface frisonne, ridĂ©e par une brise lĂ©gère. Mais au bout d’un instant, elle a reconnu celui qu’elle aime ; alors elle frappe de coups retentissants ses bras innocents, elle s’arrache les cheveux, enlace le corps chĂ©ri, pleure sur sa blessure, mĂŞle un flot de larmes Ă  son sang et, imprimant des baisers sur son visage glacĂ© : « Pyrame, s’écrie-t-elle, quel cruel hasard t’a ravi Ă  moi ? Pyrame, rĂ©pond ; c’est ta bien aimĂ©e, ThisbĂ© qui t’appelle ; entend moi et redresse ta tĂŞte dĂ©faillante. Â» A ce non de ThisbĂ© Pyrame lève les yeux dĂ©jĂ  appesantis par la mort, il la voit et les refermes. Alors elle reconnaĂ®t le voile et aperçoit le fourreau d’ivoire, vide de son Ă©pĂ©e : « C’est ta propre main, dit-elle, et ton amour qui t’ont portĂ© le coup fatal, malheureux ! Moi aussi, j’ai une main assez vigoureuse, au moins pour un tel dessein, et j’ai au cĹ“ur un amour qui me donnera assez de force pour me frapper. Je te suivrai au-delĂ  de cette vie ; on dira que j’ai Ă©tĂ© la cause dĂ©plorable et la compagne de ton trĂ©pas ; la mort seule, hĂ©las ! pouvait t’arracher Ă  moi ; tu ne pourras plus m’être arrachĂ©, mĂŞme par la mort. Cependant nous vous adressons tous les deux cette prière, Ă´ mon malheureux père, et toi, malheureux père de mon ami : Que ceux qu’un amour fidèle et leur dernière heure ont unis l’un Ă  l’autre reposent dans le mĂŞme tombeau ; ne leur refusez pas cette grâce. Et toi, arbre, dont les rameaux n’abritent maintenant qu’un seul corps et bientĂ´t en abriteront deux, garde les marques de notre trĂ©pas, porte Ă  jamais des fruits sombres en signe de deuil, pour attester que deux amants t’arrosèrent de leur sang Â».
  • Elle dit et ayant fixĂ© la pointe de l’épĂ©e au-dessous de sa poitrine, elle se laisse tomber sur le fer encore tiède du sang de Pyrame.
  • Cependant sa prière toucha les dieux, elle toucha les deux pères ; car le fruit, parvenu Ă  sa maturitĂ©, prend une couleur noirâtre et ce qui reste de leurs bĂ»cher repose dans la mĂŞme urne

 

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Loic BANCE Paysagiste Conseil auprès des particuliers sur Pays Basque et Sud des Landes.