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 Paysagiste Bayonne l'histoire des plantes, les mythes et lĂ©gendes les entourant mes passionne autant que leur utilisations...Mais les deux sont-elles dissociĂ©es ?

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Erysichthon-le-chene-Paysagiste-bayonne

 

 

S’il est un arbre qui aujourd’hui encore force le respect c’est bien le ChĂȘne.

Nombre de mythes, lĂ©gendes et autres comptes jalonne nos Ă©crits, sans qu’il soit toujours possible de connaĂźtre l’espĂšce prĂ©cise.

 

D'aprĂšs Ovide. Les MĂ©tamorphoses: Livre VIII 725-753

 

Erysichthon :

MalĂ©diction   d’Erysichthon.

  • (Mnestra) La fille d’Erysichthon, fils de Tropias, avait les mĂȘmes pouvoirs que ProtĂ©1, celui de se mĂ©tamorphoser successivement en plusieurs figures. TantĂŽt jeune homme, tantĂŽt lion ; un jours sanglier furieux, un autre serpent

  • Son pĂšre, Erysichthon, Ă©tait assez fou pour mĂ©priser la puissance des dieux et pour refuse de brĂ»ler des parfums sur leurs autels. On dit mĂȘme qu’il avait profanĂ© un temple de CĂ©res3, une hache Ă  la main, et portĂ© un fer sacrilĂšge sur ses antiques ombrages. La s’élevait un chĂȘne immense, au tronc sĂ©culaire, entourĂ© de bandelette, de tablettes commĂ©moratives et de guirlandes, tĂ©moignages de vƓux satisfaits. Souvent Ă  son ombre les Dryades 2 menĂšrent leurs dance joyeuses ; souvent aussi, les mains entrelacĂ©es, elles se rangĂšrent en cercle autour du tronc et il leurs fallait quinze brasses pour avoir la mesure de sa masse Ă©norme ; il dĂ©passait les autres arbres autant que les autres arbres dĂ©passaient l’herbe qui croissait sous leur ombre.
  • Mais rien ne put empĂ©cher le fils de Triopas d’y porter le fer ; il ordonne Ă  ses serviteurs de couper au pied ce chĂȘne sacrĂ© et, voyant qu’ils hĂ©sitent Ă  accomplir son ordre, le misĂ©rable arrache Ă  l’un d’eux sa cognĂ© e il s’écrie : « Quand il serait cher Ă  la dĂ©esse, ou mieux encore, quand il serait la dĂ©esse elle-mĂȘme, il va toucher terre de sa cime verdoyante. Â» Il dit et son arme balancĂ©e assĂšne Ă  l’arbre des coups obliques ; aussitĂŽt le chĂȘne de DĂ©o 3 tressaille et pousse un gĂ©missement ; en un instant ses feuilles et ses glands commencent Ă  pĂąlir et la mĂȘme pĂąleur envahit ses longues branches. A peine que la main sacrilĂšge a-t-elle fait une blessure dans le tronc que l’écorce fendue laisse Ă©chapper du sang ; ainsi, quand un Ă©norme taureau choisi pour victime s’est abattu devant les autels, le sang jaillit de son coup dĂ©chirĂ©.
  • Tous les assistants sont saisis de stupeur ; l’un deux ose mettre obstacle Ă  cet attentat et retenir la hache barbare. Le Thessalien jetant sur lui les yeux : « reçoit lui dit-il, la rĂ©compense de ta pitiĂ©. Â» A ces mots, il tourne son fer de l’arbre contre l’homme et lui tranche la tĂȘte ; puis il revient porter au chĂȘne de nouveaux coups ; alors du milieu du chĂȘne s’éleva une voie qui disait : « Je suis sous ce bois qui me cache, une nymphe trĂšs chĂšre Ă  CĂ©rĂšs ; je te prĂ©dis en mourant que le chĂątiment de tes forfaits approche et c’est ce qui me console de quitter la vie. Â» Erysichthon poursuit l’exĂ©cution de son crime ; enfin Ă©branlĂ© par des coups sans nombre et tirĂ© par des cordes, l’arbre s’abat, Ă©crasant sous son poids une grande partie des ombrages voisins.

 

 

La Faim8 :

  • Les Dryades sont consternĂ©es de cette perte qui les frappe en mĂȘme temps que la forĂȘt ; toutes, pleurant leur sƓur, vĂȘtues de noire, elles vont trouver CĂ©rĂšs et lui demande le chĂątiment d’Erysichthon. Celle-ci fait un signe d’assentiment et le mouvement de sa tĂȘte admirable Ă©branle les guĂ©rets4 chargĂ©s de lourdes moissons. Elle invente une sorte de chĂątiment qui eĂ»t excitĂ© la pitiĂ© en faveur du coupable, si ces crimes l’avaient rendu indigne de toute pitiĂ© ; livrer son corps aux tourments ravageurs de la faim. La dĂ©esse ne peut se rendre elle-mĂȘme au prĂ©s de ce monstre (car les destins ne permettent pas que CĂ©rĂšs et la Faim se rencontre) ; alors elle appelle une divinitĂ© des montagnes, une rustique OrĂ©ade5 et lui adresse ces paroles : « Il est, Ă  l’extrĂ©mitĂ© de, la Scythie6, un lieu glacial, un pays dĂ©solĂ©, une terre stĂ©rile, sans moissons, sans arbres ; lĂ  habitent le Froid qui engourdit, la pĂąleur, le Frisson et la Faim toujours Ă  jeun. Ordonne Ă  celle-ci de pĂ©nĂ©trer dans le sein criminel du sacrilĂšge ; quelle ne se laisse pas vaincre par l’abondance des aliments et quelle lutte avec moi jusqu’à ce quelle triomphe de ma puissance ; il ne faut pas non plus que la longueur du voyage t’effraie ; prend mon char, prend mes dragons, que tu gouverneras avec le frein dans les hauteurs du ciel. »  Elle les donne aussitĂŽt. La nymphe, montĂ©e sur le char que lui a donnĂ© CĂ©rĂšs, traverse les airs ; elle arrive en Scythie et lĂ , sur le sommet d’une montagne glacĂ©e (on l’appelle le Caucase), elle dĂ©barrasse du joug le cou des dragons ; elle cherche la Faim ; elle la voit dans un champ pierreux, qui arrachait aves ses ongles et avec ses dents quelques rare brin d’herbe. Elle avait les cheveux hĂ©rissĂ©s, les yeux caves, le visage pĂąle, les lĂšvres blanchies par une bave infecte, la gorge enrouĂ©e ; Ă  travers sa peau dure on aurait pu voir ses entrailles ; ses os dĂ©charnĂ©s perçaient sous la courbe de ses reins ; du ventre elle n’avait que la place ; sa poitrine semblait suspendue comme si elle ne tenait qu’à la claie de l’épine dorsale. La maigreur avait fait ressortir ses articulations, le tour de ses genoux Ă©tait enflĂ© et ses talons formaient au-dehors une Ă©norme saillie. DĂšs que la nymphe l’a aperçue de loin (car elle n’a pas osĂ© l’approcher), elle lui rapporte le message de la dĂ©esse. Elle ne s’arrĂȘte qu’un instant ; elle se tient Ă  distance et elle venait Ă  peine d’arriver, dĂ©jĂ  pourtant elle croit sentir les atteintes de la faim. Alors, ayant tournĂ© brides, au milieu des espaces cĂ©lestes, elle ramĂšne les dragons en HĂ©monie7.
  • La Faim, quoique toujours contraire Ă  l’Ɠuvre de CĂ©rĂšs, exĂ©cute ses ordres ; transportĂ©e par le vent Ă  travers les airs jusqu’à la demeure indiquĂ©e, elle entre sans tarder dans la chambre du sacrilĂšge, quelle trouve plongĂ© dans un profond sommeil (car il Ă©tait nuit) et elle l’étreint entre ses deux bras ; elle se communique Ă  lui par son haleine ; elle lui remplit de son souffle le gosier, la poitrine, la bouche et elle rĂ©pand dans les veines vides du dormeur le besoin de la nourriture. AprĂšs s’ĂȘtre acquittĂ©e de sa mission, elle abandonne ce monde fĂ©cond et retourne dans sa demeure misĂ©rable, dans les champs qui lui sont familiers.
  • Le doux sommeil caressait encore Erysichthon de ses ailes bienfaisantes ; le malheureux, sous l’empire d’un rĂȘve, cherche des aliments, il agite en vain ses mĂąchoires, fatigue ses dents sur ses dents, tourmente son gosier trompĂ© par une nourriture imaginaire et, au lieu d’un repas, dĂ©vore sans profit l’air impalpable. A peine a-t-il chassĂ© le sommeil qu’il est pris d’un besoin furieux de manger, qui tyrannise son gosier avide et ses entrailles sans fond. Sur le champ il demande qu’on lui apporte ce que produisent la mer, la terre et les airs ; devant sa table chargĂ©e de mets il se plaint qu’on le fait jeĂ»ner ; au milieu des plats qu’on lui sert il en cherche encore d’autres, ce qui pourrait suffire Ă  des villes, Ă  tout un peuple, ne suffit pas Ă  un seul homme ; plus son estomac englouti et plus augmente ses dĂ©sirs. Comme la mer reçoit dans son sein les fleuves de toutes la terre sans apaiser sa soif et absorbe les cours d’eau des contrĂ©es lointaines ; comme le feu dans sa violence, qu’aucun aliment ne rebute, consume d’innombrables piĂšces de bois, toujours plus avide Ă  mesure qu’on lui donne plus de matĂ©riaux, d’autant plus vorace qu’ils sont plus abondants ; ainsi la bouche de l’impie Erysichthon avale et rĂ©clame en mĂȘme temps tous les mets ; toute nourriture l’excite Ă  en vouloir davantage ; il fait sans cesse le vide en lui Ă  force de manger.

 

 

Mnestra9 :

  • DĂ©jĂ , pour satisfaire sa faim et pour remplir jusqu’au fond le gouffre de son ventre, il avait diminuĂ© son patrimoine ; mais il n’avait pas diminuĂ© sa faim cruelle ; la flamme de sa gloutonnerie insatiable subsistait aussi ardente. Enfin, quand il eut jetĂ© tout son bien dans ses entrailles, il lui restait une fille, digne d’un autre pĂšre. Dans sa dĂ©tresse il la vend aussi ; mais elle est trop fiĂšre pour accepter un maitre. Tendant ses mains au-dessus de la mer voisine : « Arrache-moi Ă  mon maitre, dit-elle, toi qui eut le privilĂšge de me ravir ma virginitĂ©. Â» C’était en effet Neptune qui avait eu ce privilĂšge. Il ne rejette pas s priĂšre ; son maĂźtre qui la suivait, venait encore de la voir devant lui, quand le dieu la revĂȘt d’une forme nouvelle ; il lui donne les traits d’un homme et le costume propre Ă  ce qui pĂȘchent le poisson. Son maĂźtre la regarde : « Ă” toi, dit-il, qui cache sous une petite amorce tes hameçons de bronze, toi qui manies adroitement le roseau, puisse tu trouver la mer toujours calme et sous les eaux le poisson toujours crĂ©dule ! Tout Ă  l’heure une femme vĂȘtue d’un habit grossier, les cheveux en dĂ©sordre, Ă©tait lĂ , debout, sur cette cĂŽte ; je l’y ai vue moi-mĂȘme ; dis-mois ou elle est ; car ces traces ne vont pas plus loin. Â» La jeune fille comprend que la protection du dieu a eu un heureux effet ; ravie qu’on lui demande Ă  elle-mĂȘme oĂč elle est, elle rĂ©pond Ă  la question en ces termes : « Qui que tu sois, pardonne-moi ; je n’ai pas dĂ©tournĂ© les yeux de ces eaux profondes et mon attention est restĂ©e fixĂ©e sur mon travail. Pour dissiper tes doutes, j’atteste le dieu des mers : puisse-t-il m’aider dans mon mĂ©tier comme il est vraie qu’exceptĂ© moi il n’a paru depuis longtemps sur ce rivage ni un homme, ni une femme ! Â» Son maĂźtre la croit ; il s’en retourne en foulant le sable sous ses pas et s’éloigne, victime de la ruse ; la jeune fille reprend sa forme premiĂšre.
  • Alors, voyant que la petite fille de Triopas10 avait le don de se mĂ©tamorphoser, son pĂšre la vend plusieurs fois Ă  des maĂźtres diffĂ©rents ; changĂ©e tantĂŽt en cavale, tantĂŽt en oiseau, un jour en bƓuf, un autre en cerfs, elle leur Ă©chappait et fournissait Ă  l’aviditĂ© paternelle des aliments acquis par la fraude. Mais quand l’excĂšs de la souffrance, ayant consumĂ© tout ce qui lui servait de matiĂšre, donna une pĂąture nouvelle Ă  son horrible maladie, Érysichthon se mit Ă  dĂ©chirer lui-mĂȘme ses propres membres Ă  coup de dents ; l’infortunĂ© nourrit son corps en le diminuant.

 

 

NOTES :

1 Dans la mythologie grecque, ProtĂ©e (en grec ancien ΠρωτΔύς / PrĂŽteĂșs, de l’égyptien Prouti) est une divinitĂ© marine, mentionnĂ©e en particulier par HomĂšre dans l’OdyssĂ©e comme « Vieillard de la Mer » et gardien des troupeaux de phoques de PosĂ©idon. Il est dotĂ© du don de prophĂ©tie et du pouvoir de se mĂ©tamorphoser. « Il reprĂ©sente Ă  la fois le feu magique domptĂ© et le magicien lui-mĂȘme. »

2 Les dryades sont, dans la mythologie grecque, trois nymphes, des dĂ©esses mineures liĂ©es aux chĂȘnes en particulier, et aux arbres en gĂ©nĂ©ral. Le nom de dryades fut plus tard utilisĂ© pour dĂ©signer les figures divines prĂ©sidant au culte des arbres et de la forĂȘt. Elles sont gĂ©nĂ©ralement considĂ©rĂ©es comme des crĂ©atures trĂšs timides qui se montrent rarement.

3 Déo est la forme dorienne (dialecte du grec ancien) du nom de la terre. Complété par le mot méter, la mére, il donne le nom de Déméter-CérÚs.

4 désignait des terres plusieurs fois labourées.

5 Dans la mythologie grecque, les orĂ©ades (en grec ancien áœˆÏÎ”ÎŹÎŽÎ”Ï‚, de áœ„ÏÎżÏ‚ / Ăłros, « montagne »), orestiades, ou encore orodemniades sont les nymphes des montagnes et des grottes. Parmi elles figure la plus connue : Écho.

6 Steppes Nordiques : Pour les Grecs et les Romains, le monde dans lequel Ă©voluent les tribus scythes est marquĂ© par le froid et la neige : HomĂšre parle d'une terre froide, HĂ©rodote du ciel neigeux ; Ovide d'un monde de glaces Ă©ternelles et de mer gelĂ©e.

Ce contact avec le climat continental déstabilise les auteurs méditerranéens, peu habitués aux vents. Lucien signale que les invocations des Scythes se font souvent « par le fer et par le vent ».

 

7 L’HĂ©monie est l’ancien nom de la Thessalie. partie septentrionale de la Thrace ; elle s’étendait entre le mont HĂ©mo ou Costignazzo, la Mariza, jusqu’au Pont-Euxin. Andrinople, AnchilaĂŒs & Nicopolis en Ă©taient les lieux principaux.

 

8 La Faim, divinitĂ©, est fille de la Nuit. Virgile la place aux portes des Enfers, et d'autres sur les bords du Cocyte. D'ordinaire, on la reprĂ©sente accroupie dans un champ aride, oĂč quelques arbres dĂ©pouillĂ©s de feuillage ne prĂ©sentent qu'un ombrage triste et rare ; elle arrache avec ses ongles quelques plantes infertiles.

 

9 Mestra ou Mnestra est un personnage de la mythologie grecque. Elle intervient dans la lĂ©gende de son pĂšre Érysichthon telle que la raconte Ovide.

Son pĂšre aprĂšs avoir offensĂ© la dĂ©esse DĂ©mĂ©ter est puni d'un appĂ©tit insatiable. AprĂšs avoir vendu tous ses biens pour s'acheter de la nourriture, il vendit sa fille, mais celle-ci implore PosĂ©idon de lui Ă©viter l'esclavage. En effet, le dieu lui est dĂ©vouĂ© pour lui avoir pris sa virginitĂ©. Il la transforme en homme et habillĂ©e en pĂȘcheur, elle s’échappe de chez son maĂźtre. Son pĂšre la vend de nouveau, et Ă  chaque fois elle se transforme (en jument, en vache, en oiseau, en cerf...) et son pĂšre peut continuer Ă  acheter de la nourriture.

 

10 Triopas est un demi-dieu, roi de Thessalie. Il est le fils de PosĂ©idon et de CanacĂ© la fille d'Éole de Phthie. Il est le pĂšre d'Érysichthon et d'IphimĂ©die.

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